Actualités
06/2010 : Quatre églises néogothiques en bon état, à déconstruire
01/2010 : 16 édifices religieux protégés, au titre du PLU de Paris, grâce à l'OPR ( voir la liste )
11/12/2009 : Le Cardinal Paul POUPARD, Président émérite du Conseil Pontifical de la Culture, soutient l'action de l'OPR
05/12/2009 : Max GALLO, écrivain et historien, déclare qu'"Etre Français c'est d'abord aimer le paysage de la France", dans un article de La Vie concernant la question de l'Identité Nationale
02/12/2009 : L’INCIDENCE DE L’ARTICLE 52 DU PROJET DE LA LOI DE FINANCES 2010 SUR LE PATRIMOINE CULTUEL
26/11/2009 : Le sort des églises désaffectées au cœur des préoccupations du Vatican - Vatican - Agence I.MEDIA
10/11/2009 : Soutien de la Direction des Archives de France à l'action de l'OPR
26/10/2009 : Lettre de Monsieur Jean-Louis NEMBRINI, Directeur Général de l'enseignement scolaire au Ministère de l'Education Nationale, adressée aux Rectorats d'Académie, concernant le concours "Ma Pierre à l'édifice"
10/09/2009 : Protection, au titre du PLU de Paris, du Temple du Saint-Esprit (5 rue Roquépine 75008), sur proposition de l'OPR
03/09/2009 : Lettre de Monsieur Eric GARANDEAU, Conseiller technique Culture et Communication à la Présidence de la République, adressée à Madame de Andia, Présidente Fondatrice de l'OPR
Monsieur Eric GARANDEAU nous a adressé un courrier, en date du 31/07/2009, stipulant qu'il s'efforcerai de défendre la place centrale que mérite notre patrimoine culturel religieux dans les développements à venir du Grand Paris.
30/08/2009 : Chapelle de Massat : le préfet de l'Ariège donne tort au maire
Le préfet de l'Ariège, Jacques Billant, seul habilité à permettre la vente de cette chapelle, donne tort au maire communiste de Massat qui a mis en vente sur e-bay la chapelle en vue de trouver un acquéreur. Le préfet déclare notamment à propos de cette chapelle que l'évêché en disposait : "de manière perpétuelle pour exercer le culte tant que sa désaffectation n’était pas prononcée. Le préfet est compétent pour instruire cette demande seulement si l’évêché donnait son assentiment (...) Cette procédure n’a pas de sens dès lors que la désaffectation n’est pas prononcée. Le préfet est responsable de l’application des lois, il ne peut pas instruire favorablement ce dossier (...) Il n’est pas légal de mettre en vente quelque chose dont on n’a pas la jouissance".
Un lecteur nous informe par ailleurs qu'une messe sera célébrée dimanche 30 août à 11h15 à la chapelle de Massat (chapelle de l'Aisle). Le plus beau soutien pour l'évêque serait pour ceux qui le peuvent de venir y assister. Les environs sont propices aux ballades."
Philippe CARHON - LE SALON BEIGE - 30/08/2009
23/08/2009 : Rénover ou démolir l'église du village : un maire veut un référendum
Le maire de la commune de Plounérin (Côtes d'Armor) veut organiser un référendum auprès de ses administrés pour savoir si l'église du village, qui a besoin de coûteuses rénovations, doit être conservée ou carrément démolie, a-t-il indiqué vendredi à l'AFP.
"Faut-il rénover ou faut-il démolir? Cela dépasse le cadre de mon mandat, il est important de consulter la population", dit le maire Pascal Vieilleville, communiste, pour expliquer sa démarche.
La consultation des 750 habitants pourrait se tenir "fin de l'année ou début de l'année prochaine", a-t-il poursuivi.
Les rénovations du monument, érigé à la fin du XIXe et qui n'est plus utilisé depuis quatre ans, ont été évaluées à "3 millions d'euros", somme qui pourrait être financée à 50% par des subventions extérieures. Mais les 1,5 million d'euros restants "signifient un endettement sur 30 ou 50 ans" pour cette commune dotée d'un budget annuel d'environ 600.000 euros.
"Les problèmes de cette église sont apparus dès 1920, avec des erreurs dans la conception, et chaque conseil municipal a dû depuis cette époque se pencher sur le problème", a-t-il encore expliqué.
Depuis le début de son mandat, en 2001, 200.000 euros ont déjà été dépensés en travaux et en études pour cette église, qui n'est "ni classée, ni inscrite aux monuments historiques", précise-t-il.
Quant aux fidèles, ils utilisent depuis plusieurs années une autre chapelle dans le bourg, a-t-il encore précisé.
Si le maire n'a pas encore chiffré le montant d'une démolition, il sait qu'elle pourrait aussi "coûter cher", d'autant que l'église se trouve en plein milieu du cimetière.
DEPECHES AFP - 28/08/2009
23/08/2009 : Un maire met en vente une chapelle sur Internet
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2390374&rubId=25041
Le maire de Massat (Ariège) a mis en vente sur eBay une chapelle de sa commune, dont le conseil municipal a demandé en vain la désaffectation au préfet, puis à l’évêque de Pamiers
À qui appartient la chapelle de Massat ?
Construite au XVIe siècle – avant la loi de séparation Églises-État de 1905 –, la chapelle du Bon-Secours est propriété de la commune de Massat. Elle est en mauvais état, et sa restauration coûterait 250 000 €, « sans retour sur investissement », selon le maire communiste Léon-Pierre Galy-Gasparrou. Et de souligner que, chaque année, « 21 % du budget municipal est consacré à l’entretien des trois églises » alors que, selon lui, on n’a compté « que 67 fidèles » à Massat pour la messe de Pâques – soit tout de même 10 % de la population.
Quels sont les points de vue de la commune et du diocèse ?
Ces raisons, selon le maire, justifient la démarche entreprise auprès du préfet en décembre 2008 pour désaffecter la chapelle, avec le projet d’en faire un lieu d’expositions. Le préfet, après avoir consulté l’administrateur diocésain, a refusé. Mgr Philippe Mousset, arrivé comme nouvel évêque de Pamiers fin avril, a rappelé que « tout édifice religieux est réservé à l’usage du culte, mais peut être utilisé pour des activités culturelles compatibles avec sa vocation ». En juin, dans une lettre au maire, le vicaire général a confirmé cet avis négatif, craignant de « créer un précédent dans le département ».
Une commune peut-elle vendre un édifice religieux ?
Contestant les arguments de l’évêché, le maire a décidé le 16 août la mise en vente immédiate de la chapelle aux enchères sur le site eBay, pour la somme symbolique de 1 € (elle aurait été estimée à 660 000 € par un expert en avril). « Ce n’est pas un acte de vente du domaine public ; on recherche un acquéreur », prend soin de préciser le maire. « Légalement, on ne peut mettre en vente un bien dont on n’a pas la jouissance », rappelle le préfet. « Nous sommes prêts à dialoguer et à établir une charte entre partenaires qui se respectent », déclare Mgr Mousset, qui se félicite par ailleurs des bonnes relations avec les maires du département.Claire LESEGRETAIN - La Croix - 23/08/2009
20/08/2009 : Une chapelle du XVIIè siècle mise aux enchères sur eBay
L'annonce, qui émeut les milieux chrétiens, a déjà été lue par plus d'un millier d'internautes. Par cette provocation, le maire de Massat, en Ariège, espère faire pression sur l'épiscopat et récupérer l'usage de cet édifice.
La petite annonce évoque «un porche d'inspiration romane», «de grands volumes» et «des vitraux anciens». D'importantes réparations sont toutefois «à prévoir» sur ce bien construit au XVIIe siècle, précise le texte posté en début de semaine sur le site eBay. Bien entendu, les visites sont possibles sur rendez-vous. Prix de départ : 1 euro.
Inédite, la mise aux enchères sur Internet de la chapelle de l'Aisle, un petit édifice situé dans le village ariégeois de Massat, suscite réactions amusées ou embarras. Par ce pied de nez, le maire vient en effet de jeter sur la place publique son différend avec l'Église. L'annonce, qui émeut les milieux chrétiens, a déjà été lue par plus de 1000 internautes. «Il ne s'agit pas d'une vente réelle, mais d'un appel pour que le diocèse accepte enfin de libérer la chapelle», explique Léon-Pierre Galy-Gasparrou (DVG).
Massat, propriétaire du lieu de culte, aimerait en faire une salle de fêtes et d'expositions. Mais la chapelle doit d'abord, en vertu de la loi de 1905, avoir été désaffectée par le préfet avec l'accord de l'Église. C'est ce feu vert que le vicaire général de Pamiers refuse de donner, «par crainte de créer un précédent dans le diocèse». «La porte n'est pas fermée mais nous refusons de discuter sous la pression médiatique», indique Bruno Anel, le porte-parole diocésain.
À l'appui de sa demande, le maire met en avant la faible fréquentation du lieu de culte dans ce village reculé, où vivent de nombreux «néo-ruraux».
Massat, 587 habitants, compte aujourd'hui une église et deux chapelles. Aucun office religieux n'a encore été célébré cette année dans l'édifice mis aux enchères. Avec ses 450 m² au sol et sa centaine de places assises, la chapelle de l'Aisle sert aujourd'hui à l'organisation d'expositions, toujours conformes au caractère sacré de l'endroit. «À chaque fois, il faut l'accord du curé, peste le maire. En 2005, une manifestation sur le soixantième anniversaire des camps de concentration a ainsi été refusée.»
Alors que des travaux de réfection de la toiture, du sol et de l'électricité sont envisagés, pour un montant de 250 000 euros, le conseil municipal assure qu'il préservera ce patrimoine (estimé à 666 000 euros) à condition d'en récupérer une jouissance libre.
Le collectif laïc ariégeois prend, lui, ce désaccord «tout à fait au sérieux», puisque de nombreuses églises rurales sont concernées. Dans un communiqué, l'association précise qu'elle ne cautionne pas la tournure en dérision de l'affaire, que certains ramènent aux querelles de Don Camillo et Peppone .
Delphine CHAYET - LE FIGARO - 20/08/2009
27/04/2009 : L'église de St Chamond sauvée par un référendum
La consultation des habitants de Saint-Chamond (Loire) sur le sort de leur principale église a peu mobilisé dimanche, toutefois une majorité de votants (80,44%) s'est prononcée en faveur de la poursuite des travaux de réhabilitation, a annoncé la municipalité.
Seuls 28,34% des 23.813 électeurs inscrits se sont déplacés pour répondre à cette consultation, promesse de campagne de la nouvelle équipe municipale, mais qui n'a que valeur d'avis.
Les électeurs devaient répondre par "oui" ou "non" à cette question du maire de cette ville de 35.000 habitants, Philippe Kizirian (PS): "Etes-vous favorables à ce que la commune achève la restauration de l'église Notre-Dame ? "Nous tirerons toutes les conclusions de cette consultation et une délibération sera proposée au conseil municipal dans un mois", a déclaré à l'AFP Roger Beraud, directeur de cabinet du maire.
Des raisons budgétaires sont invoquées par l'édile, lequel avait réservé son avis personnel "afin de ne pas donner de consigne de vote", à propos de l'éventuelle démolition de cet édifice monumental bordant la place centrale de Saint-Chamond.
Construit à la fin du XIXème à l'aide d'une roche calcaire tendre et friable, ce lieu de culte, dont l'unique flèche culmine à 67 mètres du sol (l'autre a dû être démolie en 2004), a déjà coûté à la collectivité 4,3 millions d'euros en travaux de réhabilitation au cours des douze dernières années dans cette ville qui compte huit autres églises.

« Être Français, pour moi, c’est d’abord aimer le paysage de la France. J’entends tout ce qui est inscrit dans l’espace, aussi bien le paysage rural que le paysage urbain ou monumental : une église, un château fort, c’est un paysage. Nous sommes un pays qui a été façonné à la fois dans les sillons et dans les constructions par la main de l’homme depuis plus de deux millénaires. Être français c’est ensuite aimer la manière dont les hommes s’inscrivent dans ce paysage : comment ils le modèlent, le préservent, le prolongent. En d’autre termes, le patrimoine est un élément important du rapport à l’homme français avec le paysage de son pays. »
Proposé à l’instigation de François Fillon, Premier Ministre, et voté par le Sénat le 27 novembre, l’article 52 de la loi de finances 2010 autorise : « l’Etat ou les établissements publics à transférer aux collectivités locales qui en font la demande ou à leur groupement […] la propriété des immeubles classés ou inscrits au code du patrimoine, ainsi que la propriété des objets mobiliers qu’ils renferment appartenant à l’Etat ou à ses établissements publics. ».
Ce texte qui sera sans doute soumis à l’avis du Conseil Constitutionnel s’inscrit dans le cadre de la décentralisation et s’aligne sur les pratiques en vigueur en Allemagne, Italie, Espagne etc ...
Doctrine
L’article rompt avec la tradition séculaire jacobine qui, depuis l’Abbé Grégoire, sous la Révolution, Guizot et Mérimée, au milieu du 19ème siècle, et la loi de 1913 au 20ème siècle, considère que seul l’Etat peut protéger, ce qui, plus que tout autre, représente l'identité nationale de la France. Invoquant cette tradition, lors des discussions à l’Assemblée Nationale, Nicolas Perruchot, Rapporteur de la Commission des finances, a demandé une liste négative des biens inaliénables tels que l’Arc de Triomphe, Versailles, les Invalides, le Louvre, la Colonne Vendôme, etc … . La rupture avec la doctrine séculaire est une option grave, nombreux sont ceux qui ont réclamé un temps de réflexion, une discussion et une loi. Ils s’indignent qu’un simple amendement d’une Loi de Finances suffise à modifier une tradition séculaire.
En dépit de cette polémique, le Parlement est passé outre.
Dorénavant, le Pouvoir Central n’aura plus le monopole de la propriété et de la protection des monuments emblématiques français qui appartiennent à la Nation, et à la Société.
La loi de finances 2010 est donc l’aboutissement d’un processus engagé en 2003. Le rapport Rémond, qui proposait aux collectivités territoriales la cession de quelque 1.500 monuments, avait permis le transfert de propriété du Haut-Koenigsbourg à la région Alsace et du Château de Chaumont à la région Centre.
Modalités
« La demande des collectivités territoriales ou de leurs groupements (désirant devenir propriétaire d’un monument historique d’Etat) doit être adressée au représentant de l’Etat dans les régions. […] A l’appui de leur demande, les collectivités territoriales ou leurs groupements communiquent un projet précisant les conditions dans lesquelles elles assureront la conservation et la mise en valeur de l’immeuble »
« Après avis du Ministre chargé du domaine (que ce soit par exemple le Ministre de la Défense pour le transfert de propriété des chapelles des forts ou des casernes, ou le Ministre de l’Education Nationale pour le transfert des chapelles de lycées, ou encore du Ministre de la Santé pour le transfert des sanctuaires appartenant aux hôpitaux…), le Ministre chargé des Monuments Historiques (au terme d’un amendement du Président de la Commission des Affaires culturelles du Sénat, Jacques Legendre qui exclut le Préfet de Région précédemment chargé de cette approbation) désigne la collectivité ou le groupement de collectivités bénéficiaires du transfert en fonction du projet présenté » …
La cession ne peut s’effectuer qu’en totalité, et non par tranches, comme précédemment prévu. « Pendant un délai de vingt ans à compter du transfert de propriété, la collectivité ou le groupement de collectivités bénéficiaires doit, avant tout projet de cession de tout ou partie de l’immeuble à un tiers, en informer l’Etat qui peut s’opposer à la cession. » Cette disposition a pour objet d’écarter la revente à un spéculateur d’un bien considéré représentatif de l'identité nationale de la France.
Bâtiments concernés
L’article 52, en ce qui concerne les édifices cultuels inscrits ou classés appartenant à l’Etat, vise principalement :
Abbaye du Mont-St-Michel, achat par département de la Manche
Abbaye de Fontevraud, établissement public culturel touristique
Abbaye de Cluny
Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon
Grande Chartreuse à St Pierre de Chartreuse
Abbaye St Mathieu à la Pointe-St-Mathieu (en ruine)
Abbaye du Bec-Hellouin, affectée à une communauté et gérée par une association
Abbaye de Silvacane, affectée à une communauté et gérée par une association
Abbaye du Thoronet, affectée à une communauté et gérée par une association
Abbaye de Montmajour (ruines)
Abbaye de Jumièges (Arles)
Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue
Abbaye de la Sauve-Majeure (ruines)
Abbaye de Clairvaux (prison)
etc ...
Ste Chapelle de Paris
Ste Chapelle de Vincennes
Les chapelles des Châteaux de Fontainebleau et de Versailles
etc ...
Eglise de Brou à Bourg en Bresse
Eglise St Nazaire à Carcassonne
Eglise d’Ablain-St Nazaire dans le Nord
Eglise du Val-de-Grâce
etc ...
Basilique St-Denis
etc ...
La Cathédrale St-Louis des Invalides est une exception notable : sa qualité de cathédrale conférée par le Pape Jean-Paul II semble ne pas avoir été confirmée.
Une excepton, les cathédrales
Les cathédrales sont l’exception qui confirme la règle. Elles relèvent exclusivement de la loi de 1905 sur la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui les affectent à l’Etat, - Ministère de la Culture-. Le caractère fondamental et intouchable de cette loi a été confirmé récemment par le Président de la République, Nicolas Sarkozy. Il a permis d’écarter des propositions telles que celles de Jean-Jacques Aillagon en 2008.
Celui-ci avait alors suggéré devant le Conseil Economique et Social, de céder aux collectivités locales la propriété des cathédrales, laissant les édifices majeurs (Paris, Bourges, Reims, Amiens, Strasbourg) à l’Etat, et cédant les cathédrales plus modestes (Palmiers, Montauban, et Lille) aux collectivités locales.
Cette proposition ne fut pas retenue, le texte ne tenant pas compte du caractère patrimonial des cathédrales, qui ne sont pas jugées en fonction de leur valeur esthétique et/ou historique, mais de l’onction religieuse qui leur confère son caractère sacré, seul retenu. Les cathédrales de Paris, de Reims ont reçu la même consécration que celles de Palmiers et de Montauban. Impossible donc de leur accordé un statut juridique différent les unes des autres : toutes doivent recevoir la même protection, qu’elles fassent parties ou non du « cœur du patrimoine ».
Le patrimoine cultuel
La loi de 1905 confère une affectation inaliénable d’usage cultuel à tous bâtiments catholiques quel que soit le propriétaire (l’Etat ou la collectivité locale) et la nature de la protection (MH, ISMH)
L’article 52 de la Loi de Finances 2010 n’a donc aucune interférence sur les pratiques du culte, mais peut en avoir sur le maintien des bâtiments si ceux-ci ne bénéficient pas de conditions équivalentes à celles qu’assurent aujourd’hui la protection des Monuments Historiques pratiquée par l’Etat Central.
Heureusement qu’in fine, l’article 52 prévoit un rapport, « région par région, de l’évolution des moyens alloués par l’Etat en faveur de l’entretien et de la restauration des monuments classés ou inscrits au titre des Monuments Historiques, dont il n’est pas propriétaire, ainsi que des opérations réalisées et programmées. »
LES INSTITUTIONS NE VALENT QUE CE QUE VALENT LES HOMMES. Nous ne pouvons pas prévoir ce qu’il résultera de la décentralisation du patrimoine cultuel des monuments classés appartenant à l’Etat. Mais l’expérience nous prouve que les collectivités locales ont des sensibilités diverses et que si certains élus peuvent s’intéresser au patrimoine, leurs successeurs peuvent avoir des positions opposées : GOUVERNER C’EST PREVOIR.
Béatrice de Andia
Afin d’éviter la "solution extrême de la démolition", les évêques doivent tenter de donner à leurs édifices les plus détériorés une destination de nature "artistique, spirituelle, symbolique". C’est l’avis du président de la Commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise, Mgr Gianfranco Ravasi, qui intervenait le 26 novembre 2009 devant la presse à l’occasion du 20e anniversaire du début de l’activité de ce dicastère créé en 1988 par Jean-Paul II (1978-2005) avec la Constitution apostolique Pastor Bonus.
Le haut prélat, à la tête de cette commission du fait de son statut de président du Conseil pontifical de la culture, a essentiellement centré son intervention sur l’Amérique du Nord, où la "situation sociale, liée à la sécularisation", transforme les cathédrales en de simples monuments n’ayant plus une fonction liturgique. Cette situation concerne pourtant aussi les campagnes françaises, où la baisse de la fréquentation des fidèles et la crise des vocations vident les églises de village, qui représentent une lourde charge financière pour les municipalités.
Notant que, aux Etats-Unis et au Canada, ces "œuvres n’appartiennent pas tant à l’histoire de l’art qu’à l’histoire de la culture d’une nation", Mgr Ravasi n’a pas exclu, "dans des cas précis", la démolition, si l’édifice est très endommagé et demande des "interventions irréalisables".
Quoi qu’il en soit, a prévenu le chef de dicastère, cette initiative relève des conférences épiscopales, avec lesquelles "il convient de discuter sur les raisons de la ruine" de certains édifices "avant la solution extrême de la démolition". Les évêques peuvent donner une nouvelle destination à ces "temples", qui ait "une dimension artistique, spirituelle, symbolique" et ne soit pas "complètement éloignée de leur finalité". Et de citer, à titre de contre-exemple, le cas d’une église en Hongrie transformée en une discothèque "où des strip-teases sont exécutés sur l’autel".
Devant la presse, Mgr Ravasi a aussi souligné à quel point "le bien culturel est signe de la vitalité d’une communauté, en particulier une communauté croyante". C’est pourquoi, aux yeux du président du Conseil pontifical de la culture, les cathédrales ne doivent pas devenir des "coquilles vides" où l’on ne célèbre plus de liturgie, "mais où entrent seulement les appareils photos des touristes japonais, qui ne savent même pas à quoi sert un autel". CP
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Département de la politique archivistique et de la coordination interministérielle
L’Observatoire du Patrimoine Religieux est une association fondée en 2006 par Madame Béatrice de Andia en lien avec la Sauvegarde de l’Art Français. Cette structure a pour objet de réunir tous les éléments d’information sur le patrimoine religieux interconfessionnel, public ou privé, situé en France, et de le faire connaître pour contribuer à sa mise en valeur et à sa conservation. Il s’agit de recenser les édifices cultuels français de toutes confessions, en particulier ceux qui ne font pas l’objet d’une protection au titre de la législation sur les monuments historiques.
La principale réalisation de cette association est la constitution d’un centre de ressources sous forme d’une base de données interactive composée de fiches sur les édifices cultuels. Ces données, classées par départements et communes, sont recueillies par l’intermédiaire de bénévoles et validées par les collaborateurs spécialisés de l’Observatoire avant leur mise en ligne.
Cette démarche, qui ne se réfère pas aux normes de description mises en œuvre par les services de l’Inventaire général, n’a aucune volonté de concurrencer les travaux de long terme menés par les équipes régionales. Mais ce travail est complémentaire pour faire prendre conscience de l’importance et de la variété du patrimoine cultuel.
Les services publics d’archives peuvent être sollicités par l’Observatoire, notamment pour contribuer à l’enrichissement iconographique de la base par la mise à disposition d’images issues des collections de photographies ou de gravures. Il me paraît intéressant que les responsables de ces services prêtent attention à ces demandes et y répondent dans la mesure de leurs possibilités et de leurs moyens, dans le respect des politiques départementales.
Par ailleurs, l’Observatoire du Patrimoine Religieux met en place, en partenariat avec le ministère de l’Education Nationale, un concours intitulé « Ma pierre à l’édifice », destiné spécifiquement aux classes de 4e et de 5e. Il s’agit pour ces élèves de choisir un bâtiment cultuel de leur proche environnement, d’en découvrir l’histoire, d’en analyser sur le terrain les caractéristiques et de le modéliser en utilisant un logiciel de la société Dassault Systèmes, téléchargeable gratuitement. Cette démarche met en œuvre des compétences multiples, des mathématiques à l’histoire et à l’informatique en passant par la physique et l’histoire de l’art.
Il m’a paru intéressant de porter à votre connaissance les activités de l’Observatoire du Patrimoine Religieux, notamment sur le plan pédagogique. Le concours "Ma pierre à l’édifice" peut en effet retenir l’attention de vos services éducatifs.
Martine de BOISDEFFRE
Directrice des Archives de France