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Ces églises, fardeau et joyau des petites communes !

Depuis 1905, le patrimoine religieux est à la charge des communes. Au fil du temps, ces édifices se dégradent et les petites municipalités ont du mal à faire face. Faut-il raser ou rénover? C'est la motivation des habitants qui emporte la décision. Exemple dans les Côtes-d'Armor, à Laniscat et Plounérin.

Laniscat: une histoire qui se fini bien

Un beau patrimoine naturel et religieux

Point central de la Bretagne, cette commune rurale n'est pas avare en chapelles, calvaires, vieilles maisons paysannes, sépultures préhistoriques... Ce patrimoine donne son caractère à la commune de 814 habitants (en 2011).

La chapelle de Rosquelfen a récemment causé des soucis à la municipalité. Un jour de 2008, les riverains du hameau signalent au maire leur crainte de voir l'édifice s'écrouler. Un pignon se lézarde, le clocher devient ventru, le transept est en mauvais état.

"Je me suis demandé si cette chapelle intéressait vraiment les gens, dit Joël Chevalier. Pour moi, la réponse tenait en la création, ou non, d'une association de sauvegarde. [Celle-ci a été très vite mise au point]. J'ai donc compris qu'il y avait un engouement autour de cet édifice."

L'entretien de ces édifices coûte cher aux communes

L'entretien du patrimoine peut vite se révéler un gouffre pour les finances des petites communes. En Bretagne, trois cents monuments - pour moitié religieux - sont classés ou inscrits au patrimoine historique. Ceux-là peuvent bénéficier d'une aidedu ministère de la Culture pour leur entretien ou leur restauration. Mais il faut aussi compter les milliers d'autres édifices, qui n'ont rien d'assez remarquable pour en faire partie.

"La réfection de la chapelle a été estimée à 250 000€. On ne pouvait pas payer!", dit le maire. A la Direction des Affaires Culturelles (DRAC) de Rennes, Henry Masson, conservateur régional des monuments historiques, compatit: "Les communes sont souvent désemparées face à ce genre de situation. Heureusement, les associations servent d'aiguillon. C'est particulièrement vrai en Bretagne."

La bonne nouvelle pour Laniscat, c'est que la chapelle de Rosquelfen a toutes les chances d'être prochainement classée. Mais l'aide de l'Etat aurait été insuffisante. L'association de sauvegarde s'est donc mobilisée pour ce bâtiment du XVème siècle: demandes de subventions, adhésion à la Fondation du patrimoine, appel aux dons, distribution de tracts, animations... "Un succès", assure Roger Le Panse , adjoint au Patrimoine de la ville et président de l'association. Aujourd'hui, près de la moitié des travaux ont déjà été effectués, pris en charge à près de 80% par l'association. Le maire peut souffler...

Plounérin: décision du sort de l'église par référendum

Une autre commune dont les coûts de rénovation sont exhorbitants

Cette commune de 749 habitants (au dernier recensement), située à une heure de voiture de Laniscat, a vue ses ennuis commencer en 2003. Pascal Vieille-Ville, magistrat, est alors maire depuis deux ans.

Le clocher de l'église menace de tomber. On arrête de faire sonner les cloches pour éviter les vibrations. Quatre ans plus tard, une voûte est jugée dangereuse. Le sous-préfet ferme l'église en urgence. Après des chutes de pierres et d'ardoises,  le maire doit même prendre un arrêté pour limiter l'accès au cimetière entourant l'édifice.

Un architecte du patrimoine est appelé. Coût estimé de la rénovation: 2,5 millions d'euros! Alors que le budget annuel de la commune ne dépasse pas 600 000€... Et cette grande église du XIXème siècle, qui peut accueillir mille fidèles, d'une architecture courante, n'a aucune chance d'être classée.

Organisation d'un référendum pour la démolition de l'église

"Je suis communiste et croyant, sourit Pascal Vieille-Ville, qui n'a rien d'un Peppone. Je n'avais aucune envie de la faire démolir. Pourtant, avec la vente des pierres, cela ne nous aurait rien coûté... J'ai voulu que les gens se rendent compte de l'investissement. A ce prix-là,  il fallait doubler les impôts locaux d'un ménage de quatre personnes. Nous avons donc organisé un référendum".

Une jolie chapelle classée et rénovée - d'une taille suffisante (200 places) - dans le centre bourg, avait été mis à disposition des paroissiens. Mais difficile, qu'on soit croyant ou pas , d'imaginer la destruction de leur église. Le résultat du référendum est sans surprise, c'est non.

Ici aussi, une association de sauvegarde se met en place pour récolter des dons. Et Pascal Vieille-Ville prend son bâton de pélerin pour aller consulter une autre architecte comme il en a le droit: "Elle nous a redonné espoir!".

Pour 550 000€, elle estime possible une rénovation partielle qui permettrait de rouvrir l'église. Et comme il en va de la sécurité des personnes, l'Etat verse 150 000€. En ajoutant subventions et dons, les travaux ont été financés à 52%. "Aujourd'hui, je suis fier d'avoir réussi, sans trop de dommages, à respecter le voeu de la population".

L'église doit prochainement rouvrir.

 

Source: Ouest France