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Six mosquées en reconstruction à Roubaix (59)

Trop petites, mal adaptées, vétustes, les mosquées de Roubaix s’adaptent. Toutes ont des projets de (re)construction pour permettre aux fidèles de vivre leur religion dans les meilleures conditions mais aussi pour s’ouvrir aux autres. Encore faut-il récolter suffisamment de dons.

La mosquée Bilal : l’école à la fin de l’année

C’est le projet le plus avancé. La mosquée Bilal, rue de l’Épeule à Roubaix, a été inaugurée en août 2012 avec son immense dôme blanc. Mais les travaux sont loin d’être terminés : « On a fini le gros œuvre sur l’école, dévoile Abdelaziz El Khaily, président de l’association musulmane de l’Épeule, elle devrait ouvrir d’ici la fin de l’année ». Un retard d’une année à imputer à la méthode particulière de financement de la grande majorité des mosquées : une grande partie de l’argent vient des fidèles (voir ci-contre). À terme, l’école devrait accueillir huit classes de 20 personnes. Il manque également un minaret à la mosquée, ce devrait être chose faite dans les mois qui viennent. Le budget avoisine les trois millions d’euros, soit un de plus que ce qui était prévu. Enfin, un parking devrait être acheté d’ici la fin du mois, juste à côté de la mosquée, pour permettre aux fidèles et aux visiteurs de se garer.

La mosquée Abou Bakr : une inauguration en juillet

Le dôme argenté d’Abou Bakr verra bientôt ses premiers fidèles. Cachée derrière la Condition publique, les travaux battent leur plein pour une ouverture prévue en juillet. « On se concentre sur la salle de prière pour faire rentrer au plus vite les fidèles », explique Farid Gacem, à la tête de l’association cultuelle. Il manque encore 100 000 € pour achever complètement les travaux de la salle. Sans compter les autres parties encore à créer sur ce site de 5 500m² : une partie culturelle de 800 m², un bâtiment administratif, des cellules commerciales « qu’on louera pour nous permettre de financer le site ». Budget total : 2,6 millions d’euros. « On a obtenu 500 000 euros de dons pour le moment, uniquement des personnes du coin », précise Farid Gacem. La mosquée Abou Bakr passera encore quelques années dans les travaux.

La mosquée Dawa : un déménagement dans l’air

Omar Beghmam, responsable de la mosquée, a lui aussi en tête un projet de déménagement : « Nous sommes à l’étroit dans notre mosquée. Nous sommes en train de regarder les terrains disponibles. Le projet entier est à élaborer ». Un terrain situé rue de Tourcoing, près des locaux d’EDF a attiré son attention. « Mais on en est qu’au début ! »

La mosquée Al Rahma : on fait table rase

Plutôt que de trouver un nouveau terrain, la mosquée Al Rahma va reconstruire sur place, entre la rue d’Anzin et Sévigné. « On va faire les travaux en deux phases, détaille Mohamed Wahbi, président de l’association culturelle Mawazine, on détruit d’abord une partie non utilisée de la mosquée actuelle pour construire la salle de prière. Une fois celle-ci prête, on déménage et on détruit la partie restante pour finir le nouveau lieu de culte. Il y en a pour au moins quatre ans. » Le projet comprend un lieu de culte pour 2 000 personnes, une école d’apprentissage du Coran et un grand minaret de 21 mètres de haut.

La mosquée turque Eyup-Sultan : premiers coups de pioche en avril

Avec un budget prévu de cinq à dix millions d’euros, la mosquée turque de la rue du Caire doit remplacer la vieillissante mosquée rue Daubenton. « Au départ, on pensait prendre un terrain juste à côté mais cela aurait causé des problèmes de parking et de voisinage », explique Ibrahim Alci, président de l’association. Ils ont donc opté pour un grand terrain, rue du Caire, à la fois proche de Tourcoing et de Wattrelos « ce qui nous permettra de récupérer des fidèles de ces villes ». La mosquée, d’une capacité de 1 000 personnes, comportera aussi une partie culturelle, une crèche non-confessionnelle, un salon de thé et des cellules commerciales, comme pour Abou Bakr. Le coût élevé n’effraye pas Ibrahim Alci : « On a la chance d’avoir une communauté très soudée. Tous les vendredis, un groupe se charge de faire l’appel aux dons, en France, mais aussi en Belgique, en Allemagne, etc. » La construction doit débuter en avril.
Contactée, la mosquée Es-Sunna, qui a un projet en cours également, n’a pas répondu à nos sollicitations.

Comment se financent les mosquées?

En vertu de la loi 1905 de séparation de l’église et de l’État, les élus n’ont pas le droit de subventionner, directement et indirectement, la construction des édifices religieux. C’est pourquoi la plupart des mosquées, comme celles de Roubaix, se construisent uniquement grâce aux dons des fidèles de la mosquée mais aussi de celles avoisinantes. Voire à l’étranger comme pour la mosquée turque : « On doit être très professionnels, témoigne Ibrahim Alci, vice-président de l’association chargée de la mosquée turque, on doit présenter notre projet, prouver qu’il est réaliste. On doit savoir vendre notre projet ». De plus en plus, les associations musulmanes doivent se faire VRP pour convaincre les fidèles.

Les dons ne sont cependant pas les seuls moyens de financer les travaux. De plus en plus, les mosquées se dotent d’une partie culturelle pour faire venir davantage de monde dans leur enceinte et accueillir des expositions. Cela permet ainsi d’autoriser les mairies à verser des subventions ou à faire des baux emphytéotiques (un bail de longue durée peu cher) pour aider le projet. Il en va de même pour les mosquées construisant des locaux commerciaux ou des crèches qui peuvent bénéficier des aides classiques pour ces projets.

Enfin, l’aide peut venir de l’étranger. Si seule la mosquée turque est rattachée à un pays, la Turquie, à Roubaix, nombre de projets sont aidés par des pays musulmans : le Maroc, l’Arabie Saoudite, Dubaï ou le Qatar le font assez régulièrement. Ce qui n’est pas le cas des mosquées à Roubaix. Dans le cas de la mosquée turque, la Turquie n’a pas envoyé d’argent mais prend à sa charge les frais des imams et des professeurs.

 

A lire: "Les Musulmans ont besoins de vrais lieux de culte" 

 

Source: nordeclair.fr