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Rennes. Quel avenir pour l’église Saint-Aubin, place Sainte-Anne ?

Dans le cadre du réaménagement de la place Sainte-Anne pour accueillir la deuxième ligne de métro, le devenir de l’église Saint-Aubin est incertain. Faut-il la démolir ou la conserver, telle est la question posée aujourd'hui aux Rennais !

Impossible de la manquer quand on aborde la place Sainte-Anne. Avec son allure imposante, la basilique Saint-Aubin fait partie du paysage. Pourtant, elle est peu à peu tombée dans l’oubli. Les messes y sont rares, et d’autres lieux de culte existent à proximité.

Détruire l’église ?

Par ailleurs, cette église aux allures de cathédrale n’a jamais été achevée. Elle n’est pas protégée par les Monuments Historiques. Dans le cadre du vaste réaménagement de la place Sainte-Anne, certains verraient bien une nouvelle configuration urbaine, avec l’église en moins pour ouvrir la perspective sur une vaste esplanade.

Pour Frédéric Bourcier, adjoint délégué à l’urbanisme et à l’aménagement, il n’en est pas question. Pour l’instant. « Détruire l’église Saint-Aubin ? Dans la liste des options concernant cet ouvrage, ça serait vraiment la toute dernière, assure-t-il. Ce n’est vraiment pas à l’ordre du jour de la démolir. Notre premier réflexe est de respecter l’usage de ce bâtiment qui n’est pas arrivé là par hasard. »

C’est au diocèse de décider

« Cette église fait partie de l’histoire urbaine et sociale de Rennes et de la place Sainte-Anne en particulier, poursuit l’élu. D’ailleurs, la place n’aurait pas sa configuration actuelle sans elle. » Un sujet forcément très « sensible » sur lequel la municipalité ne veut pas laisser planer d’ambiguïté. « Cette église a toujours un usage cultuel et c’est d’abord au diocèse de prendre une décision. Là encore, on respectera ce choix. »

Et si justement le diocèse décidait de ne plus officier dans cette église ? « S’il n’y avait plus d’usage cultuel, on réfléchirait évidemment sur ce que l’on peut en faire notamment dans le réaménagement de la place Sainte-Anne. Une extension du futur centre des congrès des Jacobins ? Une réaffectation à un autre usage ? »

Du côté de l’opposition

Bruno Chavanat, chef de file de l’opposition municipale, ne veut pas non plus bousculer les choses. « La place Sainte-Anne, ce n’est pas la place Stanislas à Nancy. Sa richesse, ce sont les ajouts d’édifices et l’accumulation de styles au fil du temps, considère-t-il en observant cette partie du centre-ville historique. On ne peut raser l’église et mettre tout au carré sur cette place, ce serait un chantier à la Ceaucescu, faire comme si l’Histoire n’avait jamais existé. »

Toutefois, on pourrait imaginer de nouveaux usages pour cette église, dans un quartier en pleine évolution. « La décision appartient avant tout au diocèse, considère Bruno Chavanat. Pourquoi ne pas l’aménager, afin d’y accueillir des manifestations artistiques ? »

La place aux trois cultures

Mgr Pierre d’Ornellas, l’archevêque, a rencontré le maire, Daniel Delaveau, pour réfléchir à l’ensemble original que constituent le Centre des Congrès sur le site du couvent des Jacobins et la basilique Saint-Aubin. « Je pense à la place des trois cultures au centre de Mexico. Pourquoi Rennes n’aurait-il pas un lieu analogue ? La basilique et le Centre des Congrès ne sont-ils pas appelés à dialoguer, selon la riche histoire du dialogue entre foi chrétienne et raison ? »

La basilique est aussi le mémorial du Bienheureux Marcel Callo, jeune rennais mort à Mathausen, que les nazis ont arrêté en disant : « Monsieur est beaucoup trop catholique ». « C’est pour lui que l’on vient de plusieurs pays d’Europe à Saint-Aubin. Le culte est célébré habituellement dans la basilique, elle est remplie de fidèles à plusieurs occasions dans l’année. »

Source : Ouest France