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Chapelle de l’hôpital Laennec: des promesses et des incertitudes

 

Historique

Construit en 1634 par Christophe Gamard, l’Hospice des Incurables - devenu Hôpital Laënnec – a disposé, jusqu’en 2000, d’un lieu de culte qui rayonne sur toute la capitale. L’Hôpital Laënnec, qui appartenait à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, a été vendu, le 31 juillet 2002, à la société COGEDIM, associée alors à AGF (devenu ALLIANZ). Depuis cette dernière société en est devenue propriétaire, confiant la maitrise d’ouvrage à la Cogedim. Les services hospitaliers ont été transférés sur le site de l’Hôpital Européen Georges Pompidou.
Véritable pivot de l’hôpital, la chapelle, avec son accès sur la rue via la cour d’honneur, est un élément majeur du patrimoine parisien : elle abrite les sépultures de nombreuses personnalités dont celles du Cardinal de La Rochefoucauld, de l’évêque de Belley, Monseigneur Camus, et des membres de la famille Turgot, dont le Prévost des marchands et le célèbre Ministre.

 

Problématique

Classée monument historique, elle n’est pas désaffectée du culte. Le contrat devente précise que l’hôpital ne fait plus partie du domaine public mais omet de rappeler que la chapelle n’a « jamais été réduite à un usage profane » ainsi que le confirme l’archevêché de Paris (9 février 2011). Cette chapelle, fermée au public depuis dix ans, est aujourd’hui en mauvais état. Sa sacristie a été démolie « par erreur » en 2012, par le promoteur. A de nombreuses reprises, tant auprès des élus que des médias, les Parisiens ont formulé des demandes concernant l’accessibilité à la chapelle classée MH, en tant qu’élément du domaine public, aux sépultures des hommes célèbres qui y sont inhumés et à la cour d’honneur.

Le promoteur affirme qu’une fois les travaux finis ce lieu de culte sera fermé au public. Cette décision unilatérale contrevient :
• à sa dimension culturelle, sacrée et exclusive, ce lieu de culte n’étant pas désaffecté par l’autorité publique et l’archevêché ;
• à sa vocation funéraire, puisque les innombrables ayants droit des personnes inhumées dans la chapelle sont, selon le code civil, propriétaires indivis des sépultures auxquelles ils doivent avoir libre accès ;
• à l’identité même d’un lieu de mémoire qui pourrait avoir un rayonnement international (à l’instar de la tombe d’Adam Smith, émule de Turgot, qui accueille des milliers de visiteurs chaque année).
 

Les promesses

Le groupe PPR deviendra locataire de l’ensemble du site de Laennec (hors logements), soit 17 000 mètres carrés comprenant la majorité des bâtiments classés dont la chapelle, et ce à compter de la fin de l’année 2014.
Il souhaite ainsi porter un message fort autour de ce lieu emblématique qui deviendra un « campus » PPR, abritant également le siège et les showrooms de ses principales marques, dont Balenciaga. PPR se dit déterminé à ouvrir le plus possible le site au public, en particulier les jardins et la cour d’honneur, ainsi que la chapelle qui abritera à partir de 2015 des activités non professionnelles et non permanentes, valorisant le bâtiment, le groupe PPR et ses marques, en respectant son architecture et sa dimension sacrée.
La chapelle sera ainsi ouverte au public de façon régulière, y compris aux ayant-droit des personnes inhumées en son sein, « avec la plus grande flexibilité possible » !


L’OPR se satisfait de ces ambitions qu’il partage, tout en restant attentif à l’avenir de ce site essentiel du 7e arrondissement ainsi qu'à la mise en place du projet du groupe PPR pour la chapelle.


Il reste, cependant, quelques incertitudes à lever quant à l’importance et la qualité des restaurations menées sur la chapelle, son usage à partir de 2015, ses modalités d’ouverture aux différents publics ainsi que les éventuelles revendications de PPR.