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A vendre église ! bel édifice religieux à restaurer ! Affaire à saisir!!

La vente d’églises abandonnées par les diocèses est en passe de devenir un phénomène courant dans le monde des transactions immobilières, qui n’épargne même pas les édifices classés aux Monuments Historiques. Destinées à être transformées en logements ou en centres culturels, certaines églises et chapelles ne trouvent pas preneurs, le temps les transformant peu à peu en ruines, spectacle navrant pour bon nombre d’habitants ou pour les simples curieux côtoyant ce patrimoine oublié et menacé de disparaître.

C’est ce que l’on peut lire de plus en plus souvent sur des sites d’annonces immobilières ! Chaque année, entre 10 à 20 églises et chapelles seraient ainsi mises en vente.


L’Observatoire du Patrimoine Religieux a fait ses comptes : en France, il existe près de 100 000 monuments religieux (en moyenne 2,5 par commune), à 95% catholiques et dont environ 45 000 sont des églises paroissiales. Or, 5 à 10% de cet ensemble monumental pourraient être vendus, détruits ou abandonnés d'ici à 2030.


Un marché immobilier dans l’air du temps


Ce qui n’était d’abord qu’un épiphénomène est en train de se transformer en une nouvelle frange du marché immobilier. A la différence d’autres pays où ces transactions sont organisées depuis longtemps, en France, il n'y a que quelques années que les églises sont directement mises en vente par leur diocèse. En cause : le statut des églises encore massivement protégées par la loi de 1905 (loi qui concerne tous les édifices religieux à l'exception des biens appartenant à des particuliers ou des congrégations). Les églises françaises appartiennent en grande majorité aux collectivités (environ 40 000), la dernière part revenant à l’Eglise (environ 5 000). Les cathédrales sont quant à elles propriété de l’Etat, qui a l’obligation de les entretenir.


Patrice Besse dirige une agence immobilière spécialisée dans les demeures de caractère, est positionnée en leader sur le marché de la vente d’églises. La plupart de ces biens sont à vendre dans une fourchette de 100 000 à 300 000 €, en fonction de leur localisation et de leur état, qui nécessite le plus souvent de gros travaux de restauration, voire de transformation en logement habitable si tel est l’objectif de l’acquéreur. Quelques centaines de milliers d’euros sont alors à rajouter à la facture, ce qui explique en grande partie pourquoi les églises ne sont pas des biens facile à vendre. En dépit de cela, Patrice Bresse pronostique que «les diocèses céderont un quart voire la moitié de leurs églises d'ici à 20 ans». Par ailleurs, les églises construites au XXe siècle sont plus facilement vendables et transformables car elles sont moins marquées religieusement dans leur architecture extérieure et intérieure.

A qui se destine ce marché ?


Lorsque l’on se rend acquéreur d’une église, il est quasiment impossible de faire abstraction du rôle historique de tels monuments, et de ne pas le prendre en compte dans des projets de rénovation. Un poids de l'histoire dont se délestent malgré tout certains repreneurs, le cas le plus connu étant certainement celui de celui de l'église Saint-François-d'Assise, à Vandœuvre près de Nancy, convoitée un temps par la chaîne de fast-food KFC. A Nantes, l’ancienne église des Jésuites près de la rue du Calvaire a également été investie pendant près d’un an par plusieurs entreprises, avant d’être rachetée par un riche avocat souhaitant y aménager un loft hors du commun de 220 m², installé sur trois niveaux. Un étage a été créé pour l'occasion, et un ascenseur installé, ce que certains Nantais ont alors reproché, bien que l’architecte qui dirigea les travaux assure que rien ne fut cassé, conformément aux demandes des Bâtiments de France.


Lors de la vente d’un édifice religieux, élus, riverains et autorités ecclésiastiques s’accordent souvent à dire que sa transformation doit pouvoir lui conserver sa vocation de lieu de rassemblement, et être si possible respectueuse des intentions des bâtisseurs, même si l’endroit n’est plus sacré. Quand de telles solutions ne peuvent être trouvées ou si elles ne sont pas viables, les communes redoutent souvent d’annoncer la « vente » d’une église ou d’une chapelle. En effet, et en dépit de toute appartenance religieuse, le lieu est souvent symbolique ou bien un marqueur d’identité pour les habitants et les riverains, et la vente est vécue comme une mise à mort de leurs souvenirs et de ce patrimoine qu’ils avaient en partage.


C’est ce qui explique que les monuments religieux sont le plus souvent reconvertis en lieux culturels.

 Ainsi, l'ancienne église Saint-Pierre-des-Cuisines de Toulouse, classée Monument Historique depuis 1977, et la plus vieille église du sud-ouest de la France abrite aujourd’hui un auditorium de 400 places pour le Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse. Il en est de même pour la chapelle des Jésuites à Quimper également devenue un auditorium.

Depuis 2009, la nef de l'ancienne église Saint-Etienne de Dijon a été transformée en bibliothèque municipale. Le transept et le chœur sont occupés par le musée Rude.

C’est un cinéma indépendant classé « art et essai » qui a cette fois pris ses quartiers dans l’ancienne église Saint-Siméon de Bordeaux, devenu une référence pour les amateurs du 7e art.

En Seine-et-Marne, à Chelles, les deux églises accolées, Sainte-Croix et Saint-Georges, classées Monuments Historiques en 1984, ont été sauvées de la destruction et restaurées pour devenir un Centre d’art contemporain.

En mai 2015, l'église Sainte-Barbe de Crusnes en Meurthe-et-Moselle, classée MH en  1990, a été achetée par l’artiste et mannequin Léonore Scherrer, fille du couturier Jean-Louis Scherrer, qui compte y installer un studio d’enregistrement de musique.

Dans un autre registre, l’église Sainte Marie de Sarlat-la-Canéda (Dordogne) abrite désormais le marché couvert toute l’année.

La société française évolue, et il semble bien que l’utilisation des églises doive la suivre et l’accompagner. C’est sans doute le prix à payer pour conserver l’ossature de ce patrimoine religieux à défaut de le garder complétement intact.


Comment et pourquoi en arrive-t-on à vendre une église ?


Avant qu’une église ou une chapelle puisse être mise en vente, elle doit d’abord être désacralisée par l’évêque. Ce que l’on pourrait imaginer être un frein à la mise en vente de ce patrimoine n’en est absolument pas un en réalité. Les diocèses, tout comme les mairies d’ailleurs, sont souvent dans une situation financière critique, ce qui les incite à se décharger des lieux qu’ils ne peuvent plus entretenir.


Le cas de l’église Saint-Gérard de Wattrelos, dans le Nord, est à ce titre édifiant. Cette église construite aux XIXe et XXe siècles, est désaffectée et fermée depuis 2012, et son clocher est en très mauvais état. Il faudrait 600 000 € pour lui redonner son éclat, mais l’évêché refuse de payer une telle somme. L’église n’est pas en vente, mais elle risque la démolition pure et simple, au grand désespoir des habitants de Wattrelos qui ne peuvent que constater qu'elle est laissée à l’abandon.


Si cela fait peu de temps que le clergé lui-même vend ses lieux de culte, ce phénomène prendra de l’ampleur dans les années à venir, la priorité des diocèses se trouvant ailleurs que dans la sauvegarde de leurs propres édifices. La crise financière est souvent dénoncée comme la grande responsable de la mise en vente de ce patrimoine. Mais c'est surtout la diminution du nombre de fidèles qui impacte directement l’utilisation des églises dans notre pays. Les églises ne font plus régulièrement "salle comble", à l’exception des célébrations des grands moments de l'année liturgique et des sacrements. La pratique religieuse reculant, l’entretien des édifices devient plus aléatoire, voire optionnel dans certains cas.


Du bon entretien d’une église


En France, beaucoup d’édifices religieux, parfois même classés ou inscrits au titre des Monuments Historiques, meurent à petits feux. La dégradation est généralement lente, peu visible au premier abord. Au total, 20 à 30% des monuments religieux français devront être restaurés dans les 20 prochaines années. Faute de pouvoir les entretenir correctement, mairies et diocèses n'hésitent plus à vendre.


D’ordinaire, la maçonnerie et la toiture des bâtiments ainsi que l'électricité et le chauffage sont à reprendre tous les 20 à 30 ans. Des travaux auxquels s'ajoutent les nécessités de restauration des tableaux, fresques ou sculptures. Si ces traitements étaient faits de façon régulière, ce qui est rarement le cas, et si l'église est convenablement chauffée et fermée, cet entretien pourrait ne coûter que quelques milliers d'euros par an.


Des églises toujours en péril


Les édifices religieux restaurés ou sauvés ne doivent pas faire oublier ceux qui restent menacés ou laissés à l’abandon, et dont le nombre ne cesse d’augmenter en France.


Cas symptomatique : l’église Saint-Maclou de Bar-sur-Aube, classée Monument Historique en 1840, qui risque de s’écrouler. La municipalité refuse de financer une restauration qui devient urgente, mais elle dépense chaque année 30 000 € pour parer au plus pressé car aucuns travaux d’envergure n'ont été envisagés depuis le XVIIIe siècle. Pour l'évêché de Troyes, il est impossible de maintenir toutes les églises en fonctionnement dans le diocèse, alors il faut faire des choix. Cette église est tout de même fermée au public depuis 1954 !


L’église Saint-Pierre de Coutances dans la Manche, édifice du XVe siècle classé Monument Historique en 1901, a elle l’un de ses garde-corps qui menace de s’effondrer ! D’autres parties de l’église sont en mauvais état, notamment les vitraux.



 

A Cépet (Haute-Garonne), l’église Saint-Sauveur risque elle aussi tout simplement de s’effondrer. L’avenir de l’église est en jeu car il n’y a pas de projet de sauvegarde ni de restauration arrêté à l’heure actuelle.

 

Liste des églises et chapelles actuellement en vente


AUVERGNE

  • Le Couvent des Minimes, dit « Abbaye de Mirabeau », MH en Auvergne (à Beauregard L’Evêque, 63116) : bâtiment conventuel, réfectoire, bibliothèque, cloître, chapelle du XVIe siècle (gothique flamboyant), maison du XVIIe siècle, bâtiment agricole et jardin, 400 000 €


BRETAGNE

CENTRE

ILE-DE-FRANCE

LANGUEDOC-ROUSSILLON

NORMANDIE

 

NORD-PAS-DE-CALAIS

  • Dans le Nord, à Aulnoye-Aymeries, l'ancienne église Saint-Éloi a été mise en vente par son propriétaire, le diocèse de Cambrai : l’église va être réhabilitée en logements après que les vitraux soient démontés.

PAYS DE LA LOIRE

 

PICARDIE

PROVENCE-ALPES-COTES-D’AZUR