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Des églises transformées en mosquées ?

Le débat quant à la place des mosquées en France a récemment refait surface au sein des médias. Si 4 églises en France sont déjà devenues des mosquées, l'avenir le plus serein des églises française est de rester conforme à leur fonction d"origine.

Quels usages pour les églises à vendre ?

Dans notre société contemporaine, force est de constater deux tendances au sein de l’exercice des cultes en France : alors que le culte musulman est en large progression, le culte catholique est lui en reflux. Or, au sein de notre pays de tradition catholique, le nombre d’édifices chrétiens est désormais en sous-utilisation quant aux besoins liturgiques. En revanche, malgré un nombre croissant de constructions de mosquées en France, les personnes de confessions musulmanes se trouvent souvent confrontées à un manque de lieux de culte appropriés. Régulièrement, la possibilité de transformer des églises en mosquées est évoquée. L’OPR a souhaité apporter des éléments de réponses et de réflexions pour faire avancer le débat sur la transformation des églises en mosquées, les conditions de réalisation et la viabilité de ces projets.

La « pénurie » de mosquées touche essentiellement les petites et moyennes villes ainsi que leurs "banlieues". En effet, leurs visages, en termes de pratique religieuse, ont considérablement changé ces 30 dernières années. Les musulmans, en particulier, y sont désormais souvent nombreux et ne disposent pas toujours de lieux de culte adaptés à leurs besoins liturgiques, bien qu’ils soient une communauté très dynamique, construisant de nombreuses mosquées partout en France (environ 100 à 150 par an depuis 20 ans).

4 églises en France sont devenues des mosquées

Dans cette situation, la transformation d'une église en mosquée (ou autre centre religieux), est déjà une réalité. Plusieurs exemples peuvent être donnés. Ainsi, la chapelle Saint-Joseph de Clermont-Ferrand a été prêtée pendant plus de 30 ans à la communauté musulmane de la ville qui s’est contentée de camoufler les symboles chrétiens derrière de nouvelles décorations.

Un autre cas peut être cité : celui de la commune de Graulhet dans le Tarn. En 1981, une église désaffectée a été transformée en mosquée. Cette transformation a été rendue possible grâce au soutien de la municipalité et à la coopération entre les cultes. Un autre exemple pourrait être donné dans la même ville : en 1982, une autre église désaffectée a été transformée en temple protestant.

Cependant il convient de noter que de nombreuses contraintes conditionnent une telle transformation.

• En effet, si l’église appartient à la commune, il faut d’abord qu’elle fasse l’objet d’une opération de désaffectation, c’est-à-dire retirer à l’église son caractère public. Pour ce faire, il faut impérativement l’accord de l’évêque puis du Préfet. En revanche, une telle opération n’est pas nécessaire si elle appartient à un diocèse. En outre, la commune ne peut céder l’église pour un prix inférieur à sa valeur réelle, sous peine de porter atteinte au principe de non subvention des cultes.

• De plus, il faut prendre en compte le fait que bien souvent, les églises inusitées se situent en zone rurale où le culte musulman est peu présent, comme dans les petits villages. L’offre et la demande de lieux de culte auraient donc peu de chance de se rencontrer.

• Une des autres contraintes serait que l’édifice ne soit pas trop « marqué » par une architecture ou une « décoration » chrétienne. Difficile en effet d'imaginer une mosquée avec des vitraux représentant la Crucifixion ! De plus, l’intervention sur les décors au sein d’une église s’avère d’autant plus difficile lorsque cette dernière est classée au titre des monuments historiques (aujourd’hui près de 15 000 églises le sont). 

• Enfin, même si toutes ces conditions sont remplies, encore faut-il que la communauté locale soit suffisamment souple pour accepter une telle transformation.

De telles opérations ont également pu être réalisées dans de grandes villes telles que Lille (Chapelle des Sœurs Dominicaines) ou Nantes (Chapelle Saint-Christophe).

   Chapelle Saint-Christophe à Nantes            Chapelle des Soeurs Dominicaines à Lille

Cependant, la question de l’acceptation locale s’est récemment posée dans la ville de Vierzon en 2013 à propos de l’église Saint-Eloi. Cet édifice, construit dans les années 50, était propriété du diocèse de Bourges. Ce dernier souhaitait alors s’en séparer pour soulager ses finances. Parmi les personnes intéressées se trouvait une association représentant les musulmans de la ville. Cette dernière a révélé son intention de transformer l’église en mosquée. Cette annonce a provoqué de vives réactions de la part de la population locale, mais pas seulement. Le vendeur s’est donc par la suite tourné vers une autre solution. Cependant, pour éviter une polémique latente, la municipalité a décidé d’exercer son droit de préemption.

Ces exemples montrent bien que de tels projets sont réalisables. Mais ils prouvent aussi l’importance de l’acceptation de ce type de transformation par la communauté locale, et à quel point cette réaction peut contribuer au succès ou à l’échec d’une telle entreprise. Ainsi, les contraintes matérielles et juridiques bien qu’essentielles à prendre en compte ne sont peut-être pas les principales aujourd’hui.
Mais l’évolution de la société française au cours du XXIe siècle aura peut-être une incidence sur ces questions dont l’étude a posteriori sera passionnante.
 

Pour plus d'informations : Site du Huffington Post & Site de France TV