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Entretien : Arielle Courty, rédactrice en chef de la revue Chantiers du Cardinal

Quelques lignes sur l'action exemplaire des Chantiers du Cardinal, principal constructeur d'églises en Ile de France, fort de 80 ans d'action !

Arielle Courty est rédactrice en chef de la revue Chantiers du Cardinal


Arielle Courty bonjour, vous êtes rédactrice en chef de la très belle revue Chantiers du Cardinal. Pouvez-vous nous en résumer l’histoire et les missions ?
1.png« Bonjour, j’ai en effet la chance et la joie de collaborer à la belle œuvre des Chantiers du Cardinal, dont nous fêtons le 80e anniversaire. Les Chantiers ont été fondés par le cardinal Verdier en 1931, dans un contexte de grands bouleversements du département de la Seine, dont il avait la charge en tant qu’archevêque de Paris. L’œuvre trouve par ailleurs son origine dans cette époque si particulière que sont les années trente. La France subit alors les retombées de la grave crise de 1929. »
« Une forte pression démographique modifie considérablement le paysage de la région, qui s’urbanise massivement dans la petite couronne parisienne. Il s’agit alors de poursuivre une tradition millénaire de l’Eglise en construisant des lieux de culte dans ces nouveaux quartiers, pour répondre aux besoins de leurs nouveaux habitants. N’oublions pas, par ailleurs, que vingt-cinq plus tôt ont été votées les lois de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 ! »
« Le Cardinal évangélisait. Mais son intuition répondait également à la souffrance d’un peuple : Sur les murs des églises de Paris et de la banlieue parisienne, on pouvait lire alors : « Pour lutter contre le chômage, aidez votre cardinal à ouvrir des chantiers d’église… » ! 102 églises voient ainsi le jour entre 1931 et 1940. »

Mais sa mission va bien au-delà de la construction de lieux de culte, n’est-ce pas ?
2.png« En effet, depuis l’origine, les Chantiers du Cardinal rénovent les bâtiments existants, les embellissent et offrent des logements décents aux prêtres. »

Sainte-Marie Médiatrice, bâtie en 1954 par Henri Vidal dans le 19ème arrondissement de Paris

Ces travaux d’embellissement et de rénovation ont-ils aussi pour but « d’effacer » les traces des années soixante-dix, époque où l’église se « cachait » du public ?
« Absolument, l’église d’aujourd’hui se veut à la fois belle et visible. Revenue à la tradition en s’adaptant aux codes du présent, elle n’ignore pas l’architecture contemporaine, mais elle ne renie ni sa mission ni son histoire. Belle, mais sans luxe inutile, pour refléter la beauté du message de Dieu, et la paix intérieure qu’apporte l’Evangile. Visible, parce que les chrétiens d’aujourd’hui affirment leurs racines et leur foi. »
« C’est tout à fait le sens la démarche que nous menons avec le diocèse de Créteil pour le déploiement de la Cathédrale. Sans affirmer une grandeur inutile, ce bâtiment doit être un véritable signal, aisément identifiable par les fidèles qui doivent pouvoir y retrouver Dieu. Sa capacité sera ainsi doublée offrant 1000 places assises. »

Eglise Tous les Saints, de Bobigny, conçue en 1967 comme un bâtiment ordinaire dont « l’essentiel est à l’intérieur, comme une âme qu’il faut découvrir » (citation Chantier du Cardinal)

Chapelle Saint-Bernard de Montparnasse, conçue en 1969

Nous abordons ici la question de la place de l’église dans la société contemporaine ! Quel modèle défendent les Chantiers du Cardinal ?
« Comme notre tradition nous y encourage, nous souhaitons bâtir ou maintenir une église présente à tous les moments de la vie des croyants. Autrefois, on se rendait à l’église du village, c’était très simple. Aujourd’hui, surtout dans une immense métropole comme l’est devenue Paris, les gens sont très mobiles. Ils doivent pouvoir trouver Dieu aussi bien près de chez eux, qu’à proximité de leur travail ou de leurs loisirs, qu’il s’agisse de zones urbaines anciennes ou de périphéries nouvellement occupées. C’est pourquoi nous travaillons avec les 8 diocèses d’Île-de-France sur 8 grands projets de sanctuaires et centres diocésains, ouverts le plus largement possible en semaine avec des horaires adaptés à la vie moderne. »
« Un exemple, dans la ZAC Clichy-Batignolles sur les anciennes friches SNCF, nous soutenons la construction de la chapelle de la Maison Ozanam située au pied d’un immeuble d’habitation. Ce lieu de prière, de rencontre, de paix et d’amitié, participera au développement du quartier. »
« En d’autres termes, l’église s’intègre aux grands projets d’urbanisme : La Plaine-Saint-Denis (93), Val d’Europe (77), Plateau de Saclay (91)… Elle place son dynamisme au service de l’accueil et de l’ouverture, y compris vers de nouveaux croyants. »

A côté de ces projets de construction, vous êtes aussi, et c’est moins connu, un des principaux acteurs de la restauration des églises de la Région, n’est-ce pas le rôle des communes ?
« Il faut distinguer deux cas de figures. Le premier cas est celui des édifices construits après 1905, qui appartiennent aux diocèses, parmi lesquels de nombreux de bâtiments bâtis avec l’aide des Chantiers du Cardinal depuis 1931. Ils ont aujourd’hui besoin de travaux de rénovation et de reconstruction, en effet il s’agit parfois de les adapter aux nouvelles missions, aux nouvelles ambitions de l’Eglise. »

 

 

 

Intérieur de Notre-Dame du Raincy, terminée en 1923 par les frères Perret

 

 

« Le second cas, souvent méconnu, est celui des églises construites avant 1905. Elles appartiennent certes aux communes, mais nombre d’entre-elles n’ont pas les moyens de les restaurer, et se contentent – ce qui est déjà beaucoup – de travailler sur la structure : toiture et extérieur. Nous soutenons donc les diocèses qui ont à leur charge les travaux intérieurs en tant « qu’affectataire ». Nous intervenons aussi dans l’embellissement de ces monuments : mobilier liturgique, vitraux. Dans ce cadre, et c’est là encore une tradition séculaire de l’Eglise, nous faisons intervenir des artistes contemporains renommés, tels les frères Perret au Raincy ou encore Mario Botta, accompagné à Evry de Garouste et Bonetti pour le mobilier lithurgique. »

Pour conclure, quel avenir souhaitez-vous aux Chantiers du Cardinal ?
« De pouvoir répondre encore mieux aux besoins immenses des paroisses grâce à la générosité des donateurs. Nous sommes très confiants car ils sont de plus en plus nombreux ! 30 % de plus ont rejoint l’œuvre cette année. Pour accompagner cette dynamique les Chantiers du Cardinal fusionnent avec une association similaire : les Chantiers interdiocésains. Ils élargissent ainsi leur action aux 8 départements de l’Île-de-France. Elle était jusqu’à présent limitée aux quatre diocèses de la zone apostolique, à savoir Paris, Créteil, Saint-Denis et Nanterre. Désormais, elle agira également pour les diocèses de Versailles, Meaux, Pontoise et Evry. »

Propos recueillis par Maxime Cumunel