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Focus - Bretagne

1er mars 2013 - A l’occasion de la restauration de l’église Saint-Martin de Lamballe, l'Observatoire du Patrimoine Religieux vous propose une escapade bretonne, à la découverte de cette terre intimement liée à son patrimoine religieux.

Depuis quelques années, l’exceptionnel patrimoine cultuel de Bretagne, riches de plusieurs milliers d'édifices, est marqué par un déclin caractérisé par un abandon des élus et des populations, qui favorise non seulement sa ruine pure et simple, mais aussi les actes de vols et de vandalismes, sans parler des desructions ! Quelques beaux exemples cependant prouvent que le sauvetage est encore possible : amis bretons, reveillez vous !

Un patrimoine exceptionnel, des traditions séculaires

750px-bretagne_finistere_guimiliau1_tango7174.jpgTerre de légende, la bretagne est marquée depuis toujours par une foi et unmysticisme d'une rare ampleur, qui assure aujourd'hui encore le dynamisme de pélérinage tels que la Grande troménie, le Tro Breizh, parcours reliant en près de 600 kilomètres les 7 grands évéchés bretons, chacune marquée par un saint fondateur du christianisme breton. Chacunes de ces marches permet aux pélerin de découvrir un patrimoine exceptionnel, fait de chapelles granitiques et de majestueuses cathédrales, sculptées telles des joyaux de pierre. 

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Certaines contrées, telles le Léon, une des plus pieuse autrefois du royaume de France,sont encore riches de bâtiments religieux uniques en france : les enclos paroissiaux. Véritable "vitrine" de la paroisse, ces enclos matérialisaient le voisinage de la vie et de la mort, et donc la dimension ephemère de la vie humaine.

Le clos, fermé par arc d'entrée triomphal, abrite le cimetière et une cour jardinée donnant sur l'église.

8880000.jpgCelle-ci, accessible via un porche orné de statues et de bancs de pierre où se tenaient laréunion des fabriques (groupe paroissial en charge des finances de la paroisse), comprends également un baptistère et est orné de nombreux retables, d'une chaire et de vitraux, l'ensemble présentent souvent une remarquable polychromie et un travail de sculpture qui doit beaucoup au savoir-faire des charpentier et sculpteur de la marine.

Celui de Guimiliau (photos ci-dessus) est probablement le plus beau d'entre-eux, mais ceux de Pleyben, de Plagastel Daoulas ou de St-Thégonnec méritent de traverser les siècles.

Helas, si les plus connus de ces trésors sont entretenus par les communes qui les possèdent - leur notoriété et leur attractivité touristique y est pour beaucoup, nombreux sont les monuments religieux bretons, églises, chapelles et autres clavaires aujourd'hui en péril.

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Un patrimoine à l'abandon

L'ensemble du patrimoine religieux breton est aujourd'hui menacé, aussi bien le mobilier que l’immobilier, l’ancien que le récent, les grandes églises que les petites chapelles...

Chapelle Saint-Gilles de Vieux-Marché

Celles-ci, néanmoins, sont les premières victimes de "l'abandonite aigue" dont souffre les élus et leurs administrés, qui n'y voit que des reliques inutiles et ruineuses d'un passé qui n'évoque plus rien pour eux. On ne compte plus les maires recusant leurs droits de propriétés ni les agriculteurs ravis de voir la chapelle - qui orne leur terre depuis 7 siècles - séffondrer pour gagner 100 ares de blés...

Au coeur des villages, les églises paroissiales sont souvent abandonnées, en bretagne comme ailleurs, et soumise à une éventuelle destruction, comme ce fut le cas à Plounerin. Dans ce cas, heureusement, la population a voté la restauration, mais peu d'élus laissent ce choix à leurs adminiustrés, arguant d'une autorité absolue, née du suffrage universel.

Enfin, le patrimoine du clergé séculier est terrassé, et rares sont les projets mis en place pour assurer la sauvegarde et, plus largement, la valorisation de ce patrimoine qui fait la fierté des bretonnes et des bretons depuis mille ans.

La liste, de plus en plus longue, de chapelles, églises et couvents en phase terminale. On cite notamment, rien que dans la côtés d'Armo, les chapelles de Saint-Yves et Saint-Mathurin des Marais à Hillion (XIIème s.), du parc Charner à Pléneuf Val André (XIXème s.), Saint-Gilles du Vieux-Marché, sans parler des récents actes de vandalismes et de vols au sein des églises de Loctudy, Combrit et Huelgoa dans le Finistère. 

Pourtant, certaines réussites aussi récentes qu'exemplaires prouvent que la fatalité peut etre contournée.

Des réussites exemplaires

Seule une mobilisation de terrain et une action déterminées peuvent assurer la survie des bâtiments religieux. A l'instar des fabriques d'autrefois, de nombreuses associations défendent leur patrimoine religieux. Lorsqu'élus et citoyens travaillent main dans la main, le succès est toujours au rendez-vous.

Eglise Saint-Martin de Lamballe 

Ainsi, les « amis de Saint-Laurent » mène avec talent un projet de restauration de la petite chapelle du même nom à Lantic. Exemple encore plus remarquable, celui de l’église Saint-Martin, la plus ancienne de Lamballe, fermée pour des raisons de sécurité depuis 2004, qui va être rendue dans quelques jours au Lamballais.

Le chantier de restauration de cette superbe église du XIème siècle a duré trois ans et a été financé à hauteur de 40% par le plan de relance mise en place par le gouvernement. Il aura permis, outre l'assainissement de l'édifice religieux, de remettre en valeur bien des éléments caractéristiques du monument tels que le dallage en terre cuite, le superbe retable du XVIIIe siècle, les stalles, des décors peints sur les murs.

A Henvic, en Trégor, une fantastique association mène de nombreux projets de restauration, et d'autres bénévoles assurent la vie de ces trésors, notamment dans le cadre de l'Art dans les Chapelles ou de Breizh Santel. Souhaitons que le reste de la Bretagne s'inspire de ces exemple avant qu'il ne soit trop tard !

Eglise Saint-Maudez d'Henvic

L’Observatoire du Patrimoine Religieux (avec le concours précieux en Bretagne de Matthieu Venuat), tel une caisse de résonnance nationale de ces actions locales, soutien ces actions et oeuvre sans relache contre les destructeurs, qu'il s'agisse d'élus, de religieux ou de particulier, se souvenant de l'excellent mot de Victor Hugo : Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous. Donc, le détruire c’est dépasser son droit.

Pour en savoir plus :