Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Initiatives & Réussites Initiatives & Réussites
 

subscribe to the newsletter subscribe to the newsletter

 
Document Actions

L’architecture religieuse arménienne

Focus sur le patrimoine religieux arménien. Méconnu, il est représenté en France par quelques beaux édifices dont une cathédrale construite au début du XXème siècle en plein 8ème arrondissement de Paris.

En Arménie, le christianisme s’implante très tôt, puisque dès le début du IVe s (301 ap J-C), une grande majorité des Arméniens sont chrétiens ; l’Arménie est alors le premier Etat à reconnaître officiellement cette religion. Saint-Grégoire l’Illuminateur (257-331) fit détruire tous les temples et témoins du paganisme. Dès lors se développe une architecture chrétienne autonome s’inspirant à la fois des anciens cultes gréco-romains mais aussi des diverses influences culturelles de cette région de confluence (assyrienne, chaldéenne, sumérienne, puis byzantine par exemple).

Bases & grands principes d’une architecture millénaire

Aujourd’hui encore, 90% des Arméniens sont chrétiens apostoliques, et leur chef spirituel, le Catholicos est élu à vie par un collège de 450 électeurs mêlant laïc et religieux. De leurs côtés, archevêques et évêques sont élus par la communauté pour un mandat de 7 ans. Au sein du clergé, coexistent un clergé marié et un clergé faisant vœux de célibat, ce dernier étant le seul à pouvoir accéder aux instances décisionnelles du clergé.armenie3.jpg

L’origine des édifices religieux arméniens se trouve naturellement dans l’architecture du temple antique: orienté est-ouest, son plan évolue au fil du temps : d’abord basilical au IVème et Vème siècle ; il est abandonné ensuite dès le IXème au profit des constructions de types « rayonnants ».

Le plan centré en croix grecque encerclé est également très répandu, par exemple à la Basilique Sainte-Sophie de Constantinople ou à l’église de Bagaran, en Arménie. Le monastère d’Aghatamar en est un exemple parfait, doté d’un dôme flanqué d’absides. Son entrée témoigne enfin d’une belle monumentalité héritée de l’architecture antique. La particularité de ces édifices réside dans leurs prouesses à la fois architecturales et esthétiques : au chevet, l’édifice semble ramassé, alors qu’en façade, il semble élancé et qu’en son flanc, il paraît massif et allongé. De plus, vues du ciel, les absides polygonales apparaissent clairement, alors que rien ne permet de les déceler depuis l’intérieur de l’édifice, puisqu’elles sont dessinées en plein cintre.

Le dôme central, supporté par des piliers, définit un espace carré, cœur de l’église, autour duquel prennent places les processions. Le dôme est ainsi un marqueur important de l’architecture religieuse arménienne, d’autant qu’il permet à l’église, par ses ouvertures, d’être inondée d’une lumière « divine ».

Le monastère de Khor Virap, avec son architecture fortifiée

Enfin, l’Arménie étant soumise à des séismes important et à des températures extrêmes, les édifices sont construits en conséquence, à l’aide de matériaux tels que le granit, le basalte et le tuf (roches volcaniques), ainsi que le marbre et l’argile, travaillés en pierre de taille à joint vif.
Impressionnants par l’équilibre et l’harmonie des volumes, et d’une grande stabilité, ces trésors de la mémoire arménienne ont su traverser les intempéries et le temps.

Un décor caractéristique

Outre un décor extérieur sculpté d’entrelacs et feuillages orientaux, l’intérieur s’orne généralement de fresques et mosaïques monumentales représentant des icones ou du Pantocrator, « père créateur » ; il préside en général à proximité de l’autel.
L’intérieur des édifices arméniens évolue au gré des moments religieux dearmenie5.jpg l’année. Ainsi, le cœur, tantôt ouvert, tantôt fermé par un rideau, est décoré de tableaux changés au fil des saisons, des fêtes ou des jours, selon un calendrier inchangé depuis le début de la chrétienté.

Intérieur de l’église arménienne de Paris, rue Jean Goujon

L’église arménienne de Paris : un monument pour une communauté soudée

A la fin du XIXème siècle, le patriarche de Constantinople missionna le père Kiarbeyendian à Paris. Une première chapelle, louée pour deux ans, accueille les Arméniens de Paris au 130 boulevard Montparnasse.
L’achat d’un terrain rue Jean Goujon, permet par la suite d’édifier une église financée en 1902 par Alexandre Mantacheff, riche magnat du pétrole. Impressionné par la toute récente église Notre-Dame-de-la-Consolation, également rue Jean Goujon, il décide de confier la construction de sa cathédrale au même architecte, Albert Guibert. Il lui demande alors de donner à l’édifice une architecture arménienne inspirée de la cathédrale d'Etchmiadzine. La première église arménienne de Paris est finalement consacrée en 1904 et n’a pas changé d’affectation depuis.
Elle reste le centre spirituel des Arméniens de Paris, considérée comme gardienne de la langue, de la culture et de l’identité arméniennes. Aujourd’hui, la France compte 27 églises arméniennes (dont 5 en Ile de France), pour une communauté de 450 000 personnes.

Pour en savoir plus :
  • Eglise Apostolique Arménienne, L’Eglise-cathédrale de Paris Saint-Jean-Baptiste, Ed. Ader, Paris, 1994
  • Vagharshapat, Documents of Armenian Architecture, Ed. Oemme, Venise, 1998