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La Chartreuse du Liget se refait une jeunesse

La Chartreuse du Liget se refait une petite santé, avec des travaux d’entretien indispensables pour conserver ce site religieux âgé de plus de 800 ans.

 

Restauration de la Chartreuse

Dans les allées de la Chartreuse, ce qui étonne le visiteur, c'est ce calme monacal, bien qu'aucun moine n'y réside depuis la Révolution française. La beauté des lieux, les vestiges d'une vie religieuse intense, perpétuent l'ambiance de recueillement qui y a régné pendant cinq siècles.

Cette quiétude est quelque peu troublée par les travaux d'entretien qui y sont engagés. Ils viennent de débuter par la mise hors d'eau et les premiers soins apportés au magnifique portail du XVIIIe siècle qui orne l'entrée. L'humidité et le gel sont sans pitié pour la pierre du tuffeau. Les représentations de saint Bruno (sur le tympan nord) et de saint Jean-Baptiste (tympan sud) s'abîmaient à cause des infiltrations d'eau.

« Nous avons fait tomber les parties le plus fragiles, explique Étienne Arnould, fils des propriétaires de lieux. Les flammes de chaque côté vont être refaites ». Cette étape de sécurisation précède une restauration prévue dans quelques années. « Il y a déjà eu une restauration du monastère, sauf de l'église, mais elle date de 1787 ». A la Révolution française, les moines ont quitté les lieux, la Chartreuse du Liget est devenue un bien national (lire ci-dessous). « En 1790, elle a été rachetée pour en faire une carrière, pour vendre les pierres. Tout a été démoli », raconte Étienne Arnould.

Le site n'en reste pas moins impressionnant. Récemment, le haut des murs de l'enceinte de l'ancien cloître où vivaient les Chartreux a été consolidé et mis hors d'eau. Dans le vestige de l'entrée du cloître, le plafond attend d'être restauré, une clef de voûte étant tombée. Ces travaux sont programmés pour cette année 2013, après ceux du portail. Ensuite, seront entrepris les travaux dans la chapelle, qui, une fois les murs sécurisés, sera ouverte à la déambulation du public.

Les propriétaires vont procéder ainsi par étape, étalant les travaux sur trois ans. S'ils disposent d'une aide de 30 % de l'État au titre des Monuments historiques, ils financent ces chantiers sur fond privé.

Repères

  •  En 1178, Henri II Plantagenêt permet aux moines chartreux de s'installer au Liget. En 1223, à 800 mètres de la Chartreuse, ils fondent leur corroierie. Le domaine s'étendait sur un total de 880 hectares en terres, prés, pâturages, jardins et vignes, plus 526 hectares de forêts et 43 hectares d'étangs.
  • En 1681, le domaine du Liget s'étend alors sur 582 hectares de terres arables, 434 hectares de forêts et 27 hectares d'étangs. L'ermitage accumule les objets d'art abandonnés par de généreux donateurs, comme Hippolyte de Béthune, comte de Selles, neveu du grand Sully, qui laissa vers 1650 deux Caravage découverts très récemment dans l'église Saint-Antoine de Loches.
  • En 1789, l'Assemblée nationale décide que tous les biens ecclésiastiques sont mis à la disposition de la nation. Lors d'un premier inventaire, 6.900 volumes sont dénombrés dans la bibliothèque. La Chartreuse est achetée comme bien national en 1791 par Louis-Ours-Victor-Philippe Potier, juge au tribunal de Loches, et Jean Ondet, marchand de cette même ville. Les bâtiments sont transformés en carrière. La Corroierie est vendue la même année. Le départ des Chartreux semble dater du mois de février 1791.
  • En 1837, Côme-Edmond de Marsay, ancien maire de Loches, achète une partie de la Chartreuse : le cloître, la chambre des vendanges et la chapelle. Ses deux fils, Édouard et Arthur, se partagent ce bien en 1862. En 1864, Paul-Théodore Bataillard, qui possédait le reste de la Chartreuse, cède son bien à Arthur de Marsay. Quelque temps après, Édouard revend sa part à son frère. Désormais seul propriétaire, Arthur de Marsay, officier aux Guides de la Garde impériale, va entreprendre les premiers travaux de conservation du site. Depuis, cette famille poursuit son œuvre. Aujourd'hui, une grande partie de la Chartreuse appartient à Mme Élie-Benoît Arnould, née Anne-Marie de Marsay. L'autre grande partie, comprenant la Corroierie, est occupée par la comtesse Guy Boula de Mareüil, née Germaine de Marsay.

Source : La Nouvelle République