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La Via Francigena: « Tous les chemins mènent à Rome »

Rome ! C'est précisément le but de la Via Francigena, le « chemin des Francs », qui au Moyen Age reliait le nord de l'Europe à la Cité éternelle. Avec celui de Jérusalem et de Saint-Jacques de Compostelle, la Via Francigena est l’un des trois grands pèlerinages chrétiens dont la finalité était de se rendre au tombeau de saint Pierre dans la basilique de la cité Vaticane. Particularité de la Via Francigena : il n'y avait pas d'itinéraire unique pour se rendre à Rome.

La « Voie des Français », est un réseau de routes et chemins empruntés par les pèlerins venant de « France » pour se rendre à Rome. Importante voie de pèlerinage tout au long du Moyen Age, la Via Francigena est différente de Compostelle par son histoire qui se déroule sur deux millénaires ; elle a eu au fil du temps des fonctions militaires, religieuses et commerciales.

 

La Via Francigena a récemment fait l'objet d'études, d'un balisage et d'une reconnaissance en 2004 par le Conseil de l'Europe comme « Grand itinéraire culturel du Conseil de l'Europe ». L'un des objectifs poursuivi par diverses associations, dont celle pour la Renaissance de la Voie Francigena, est de faire reconnaître ce grand itinéraire culturel européen par l'UNESCO.

 

Aux origines…


Cet ensemble de chemins qui constituent désormais la Via Francigena, reprenait notamment la trame des voies romaines de l’Antiquité. En effet, elles remonteraient à 58 avant J.-C., lorsque Jules César ouvre une route à travers la France, appelée alors « Route de Rome » ou « Via Francisca ». Cette route va par la suite s’enrichir d’un grand nombre de variantes qui traversaient les territoires actuels de la France, de la Suisse et de l’Italie, du Piémont au Latium.

 

Pèlerins en route vers Rome sur la Via Francigena (haut-relief sculpté sur la cathédrale de Fidenza à la fin du XIIe siècle).


La voie fut appelée Iter Francorum à partir de 725, et figure déjà dans l’Itinerarium de saint Willibald (Evêque d'Eischstätt, 787), premier pèlerin anglais connu à faire le récit de son voyage jusqu’en Terre Sainte. Mais ce n’est qu’un siècle plus tard qu’un parchemin toscan, l’Actum clusio, datant de 876 et provenant de l’abbaye Saint-Sauveur du Mont Amiata, fait pour la première fois référence au terme "Via Francigena".

 

La voie de Sigéric


A ce jour, le plus ancien texte qui décrive avec précision le trajet d’un pèlerin sur la « voie des Francs » est celui d’un clerc anglais. En 990, Sigéric, à peine élu archevêque de Canterbury, se rendit à Rome pour recevoir le pallium (ornement sacerdotal symbole de sa charge) des mains du pape Jean XV. Il tient le journal de son voyage de retour, de Rome à Canterbury, attestant de l’existence de ce chemin avant même les premières descriptions des routes vers Compostelle. Sigéric décrit dans son manuscrit 79 étapes dans son voyage retour: 48 en Italie, 7 en Suisse, et 24 en France.

 


 

Les étapes de la « route des Francs »


Cet itinéraire, qui s'étend de Canterbury à Rome, passe en France par Calais, Arras, Reims, Chalons-en-Champagne, Bar-sur-Aube, Langres, Besançon et Pontarlier entre autres… En suivant la Via Francigena, vous traverserez donc les départements du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Aisne, de la Marne, de la Haute-Marne, de la Haute-Saône et du Doubs, et effectuerez un trajet d’environ 1 700 km depuis l’Angleterre jusqu’à la ville Eternelle.


►Carte de la Via Francigena en France

                      (*Note : D’Embrum à Montgenèvre, il ne s’agit pas de la voie directe).

 

À peine élu archevêque de Canterbury, Sigéric se rendit en 990 à Rome. Il partit de Canterbury au printemps et arriva dans la cité du Latium en juillet.

Cathédrale de Canterbury

 

Château-fort de Douvres

 

L’église Notre-Dame se trouve sur le chemin de pèlerinage de la Via Francigena. Elle est souvent considérée comme le départ de la voie en France.

Eglise Notre-Dame de Calais

 

Avant de s'enfoncer dans les terres, Sigéric longea la côte jusqu'à Wissant. Au cœur de la Côte d'Opale, La Terre des Deux Caps présente un environnement exceptionnel.

Côte au large de Wissant

 

La ville est une cité particulièrement ancienne de par sa position stratégique, aux pieds des collines du Boulonnais.

Vue sur la ville et le clocher de Guînes

 

Abbaye Notre-Dame de Licques

 

L'abbaye Notre-Dame de Wisques a été fondée en 1889, première filiale de l’Abbaye Sainte-Cécile de Solesmes. Depuis plus de cent ans, sur la colline de Wisques, les moniales bénédictines assurent leur office de louanges en chant grégorien. C'est aussi un relais pour les pèlerins, sur la Via Francigena.

Abbaye Notre-Dame de Wisques

 

Au Xe siècle, de très nombreux pèlerins avaient coutume d'y faire une halte lorsqu'ils suivaient les pas de Sigéric. Cette voie romaine empruntée par les humbles comme les empereurs, favorisa les échanges intellectuels à travers toute l'Europe.

Vue aérienne de Thérouanne

 

L'étape qui concerne Arras est Ablain-Saint Nazaire/Arras. Le tracé sur Arras se superpose à un chemin de randonnée déjà existant à partir de Sainte-Catherine (au Nord d'Arras), puis les rues Baudimont, Saint Aubert, Ernestale, Gambetta jusqu'à la gare, puis par l'avenue Lobbedez direction Bapaume.

Ruines de l'église d'Ablain-Saint-Nazaire, détuite pendant la Première guerre mondiale

 

A l'origine Bapaume était une bourgade située sur la voie romaine. Il y a peu de patrimoine dans cette région où la guerre eut un effet dévastateur.

Eglise Saint-Nicolas de Bapaume

 

La porte de Bretagne (XVIIe siècle) comme les tours du château témoignent encore de son histoire de place forte. Sigéric ne cite pas Péronne mais le petit village de Doingt, célèbre autrefois pour ses nombreux moulins.

Porte de Bretagne, Péronne

 

La ville devient au Moyen Age un centre religieux et intellectuel renommé. Au XIe siècle, l'Ecole de Laon fleurit sous les auspices d'évêques puissants, tel Gauthier de Mortagne qui fait édifier la cathédrale Notre-Dame au XIIe siècle, une des premières cathédrales gothiques en France.

Cathédrale de Laon et les remparts de la ville

 

Une plaque identifiant la Via Francigena existe sous le pont de Fléchambault, là où passe le GR 654 déjà porteur de la signalisation vers Compostelle. Ce pont se trouve près de la Basilique Saint-Rémi, construit autour de l'an 1000.

Basilique Saint-Rémi de Reims: le choeur

 

Au Moyen Age, les marchands drapiers et les tanneurs animaient la cité. A quelques kilomètres de Châlons, au milieu de la plaine champenoise, la basilique Notre-Dame-de-l'Epine apparaît comme un mirage. Haut lieu de pèlerinage depuis le XVe siècle, elle devrait bénéficier du renouveau de la Via Francigena.

Basilique Notre-Dame-de-l'Epine, Châlons-en-Champagne

 

Brienne-le-Château, et plus particulièrement Brienne-la-Vieille est une des étapes en Champagne-Ardenne. Cette ville met à disposition de tous les pèlerins un hébergement gratuit pour une nuit.

Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul de Brienne-le-Château

 

Le Pays de Bar-sur-Aube s’étend autour de la ville médiévale et prend de multiples visages : coteaux de vignes, plateaux et sommets boisés, grandes étendues herbagées ou cultivées participent à sa diversité. A Spoy passe une ancienne voie romaine où vous pouvez rejoindre la Via Francigena.

Le pont de l'ancienne voie romaine à Spoy

 

Cette abbaye cistercienne, fondée au XIIe siècle par saint Bernard, reste un chef-d’œuvre français de l'architecture monacale. Elle fut transformée en prison par Napoléon. L'abbaye est située sur une ancienne voie romaine qui est à ce jour le passage de la Via Francigena.
L’abbaye de Clairvaux présente d’ailleurs en ce moment l’exposition de peintures Renaissance de la Via Francigena retraçant et suivant les étapes, les paysages et le patrimoine visible tout au long de la « route des Francs ».

Bâtiment des convers, abbaye de Clairvaux

 

Cette bourgade située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Chaumont vous séduira par son caractère médiéval. La ville est un lieu de passage très fréquenté par les pèlerins de la Via Francigena.

Eglise Notre-Dame-en-son-Assomption, Châteauvillain

 

L'abbaye de Mormant est une ancienne commanderie située entre les communes de Richebourg et de Leffonds, dans l'actuel département de la Haute-Marne. Plus qu'une abbaye, Mormant se place dans la lignée des hôpitaux-hôtellerie de chemin que comptait la France du Moyen Age.

Hôtellerie de l'abbaye de Mormant

 

Langres est une étape incontournable sur la "voie des Francs". C'est une ville haute perchée et magnifique avec sa cathédrale gothique et ses remparts médiévaux.

Plateau de Langres

 

Eglise Saint-Christophe de Champlitte

 

Après avoir acquis un siège épiscopal dès le IIIe siècle, les églises et les abbayes se multiplient pendant la période du Haut Moyen Age. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, la citadelle de Besançon est un lieu incontournable du tourisme dans la ville et en Franche-Comté.

Vue aérienne de Besançon

 

La ville d'Ornans vibre au souvenir de Gustave Courbet. Vous passerez devant sa maison natale et pourrez voir des reproductions de ses tableaux en chaque lieu où il s'est installé pour les peindre. La vallée de la Loue sera votre fil conducteur pour suivre la Via Francigena.

La Loue traversant le village d'Ornans

 

La Loue, en cascade, gronde en contrebas où vous pourrez admirer ses eaux bouillonnantes. Au Chalet de la Loue vous pourrez vous restaurer avec un Morbiflon, c'est-à-dire du pain tartiné de Morbier, de jambon, et de saucisse de Morteau... Après cet instant de restauration, vous reprendrez votre route en montant vers Ouhans.

Source de la Loue

Ancienne cité gallo-romaine, Pontarlier doit son développement à sa situation stratégique sur la route permettant de relier l'Europe du Nord à l'Italie via Besançon, les montagnes du Jura.

Porte de l'ancienne chapelle des Annonciades, Pontarlier

 

C’est le dernier village en France sur la Via Francigena.

Vue sur le village et l'église-de-l'Assomption des Fourgs

 

Cathédrale Notre-Dame de Lausanne

 

Au cœur de l’ancienne cité archiépiscopale, la cathédrale Notre-Dame du Réal domine la ville d’Embrun perchée sur son roc. Cet édifice emblématique des Hautes-Alpes, construit fin XIIe-début XIIIe siècle, témoigne du passage de l’art roman à l’art gothique.

Cathédrale Notre-Dame-du-Réal sur le rocher d'Embrun

 

Camp romain transformé en évêché au cours du Ve siècle, Gap a traversé les vicissitudes de l’Histoire.

Vue sur la ville de Gap

 

La vieille ville de Briançon, classée ville d’Art et d’Histoire pour la richesse de ses vestiges et son passé historique, ne manque pas d’attraits.

Collégiale Notre-Dame-et-Saint-Nicolas dans la vieille ville de Briançon

 

Village de Montgenèvre, entre le Val de Suse et la vallée de la Clarée

 

D'ordinaire, les pélerins faisaient halte à la Sacra di San Michele, dans la vallée de Suse, à quelques kilomètres de Turin.

L'abbaye de la Sacra di San Michele (Saint-Michel-de-la-Cluse) sur le mont Pirchiriano

 

Le château d'Yverdon-les-Bains

 

Château de Chillon sur le lac Léman, près de Montreux

 

Après des milliers de pèlerins, de marchands, de soldats, de voyageurs, c'est vous qui aujourd'hui franchissez les portes de ce site historique.

Col du Grand Saint-Bernard, vue sur le poste frontière et la partie italienne

 

Ivrea (Ivrée) traversée par la Doire baltée

 

Piazza Cavour, Vercelli (Verceil)

 

Cathédrale San Donnino, Fidenza

 

Eglise San Francisco, Sarzana

 

La ville de Lucques est une étape indispensable pour découvrir la Toscane. Ses remparts des XVIe et XVIIe siècles sont aménagés de jardins et sont devenus un lieu de promenade. Son centre historique médiéval magnifiquement conservé est à voir absolument. La ville compte également de très beaux édifices religieux. Elle était traversée par la Via Francigena.

Le Duomo di San Martino, cathédrale de Lucques

 

La Voie Francigena coupe non seulement le territoire siennois de nord en sud, mais pénètre aussi la ville du « Palio » (course de cavaliers en costumes médiévaux), en passant dans le Terzo di Città (« Tiers de Ville ») et dans le Terzo di San Martino (« Tiers de Saint Martin »).

Le centre historique de Sienne dominé par la Torre del Mangia, le Duomo...

 

Le Palais des papes et le campanile du Dôme Saint-Laurent, Viterbe

 

A pied ou en voiture, l'arrivée n'est pas simple. Il n'y a plus de balisages depuis longtemps. La Via Trionfale débouche sur un carrefour et la Piazza Medaglie d'Oro. Un peu plus bas, le Parco Mellini, et au bout d'une allée, un chemin en balcon sur la colline d'où l'on découvre Rome, et en son centre la Coupole de la Basilique Saint-Pierre... La finale doit se faire à pied. La descente est laborieuse, par la route sans bas-côté, on arrive à l'entrée de la ville Eternelle, la Via Leone IV conduit à la Piazza Risorgimento, et là à droite la Via Porta Angelica longe le mur d'enceinte de la cité du Vatican, jusqu'à la Porte Sainte-Anne, entrée de la Garde Suisse.

Basilique Saint-Pierre, Cité du Vatican

 


Routes et balisage


Encore peu fréquentée, la Via Francigena garde l’authenticité des chemins au temps de leur renouveau. Elle n'est pas identifiable par un symbole aussi connu que la coquille de Saint-Jacques-de-Compostelle. En l'absence de signalétique officielle, le balisage peut revêtir diverses formes selon les pays mais intègre habituellement la figure d'un pèlerin.


L’itinéraire aujourd'hui proposé suit les préconisations de l’AIVF (Association Internationale Via Francigena), créée pour faire revivre cette voie de pèlerinage vers le tombeau de saint Pierre. L'association publie également des guides, effectue des études et soutient la mise en place d'un balisage et de structures d'accueil sur l'ensemble du parcours. Ce chemin, qui se fait traditionnellement à pied, est également un itinéraire cyclable EuroVelo (EV 5 - Via Romea Francigena) sur un parcours différent.


A ne pas manquer en ce moment !
Exposition à Clairvaux : Renaissance de la Via Francigena

Des chemins vers Rome à l'itinéraire culturel européen

Exposition du 1er juin au 20 octobre 2014
L’hostellerie des Dames abrite une exposition de peintures représentant des sites traversés par les pèlerins qui suivaient jadis « la voie des Français » vers Rome et évoque la magie des légendes, esquisse la silhouette intemporelle du cheminant. Elle éclaire la part singulière de ce patrimoine dans la formation des terroirs et d'une culture commune aux européens.


Des peintures des plus grands (Courbet, Utrillo) aux plus modestes nous montrent la richesse et la beauté de nos paysages et de notre patrimoine sur divers lieux emblématiques du Chemin vers Rome.


En rendant compte de l'évolution du pèlerinage et de la revitalisation actuelle de ces lieux de mémoire, elle souligne la modernité de cet itinéraire culturel européen et suggère à chacun de renouer avec l'esprit de l'itinérance, la curiosité et le sens de la découverte.


Une invitation à approfondir ses connaissances ou se mettre en chemin...
Lien Abbaye de Clairvaux

 

 

Bibliographie

Liens utiles