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Les églises parisiennes au XIXe siècle, ou l'apparition d’un nouveau style, « l’éclectisme ».

De nombreuses églises sont construites à Paris à la fin du XIXe siècle ; le Baron Haussmann, préfet de Paris restructure complètement le paysage Parisien et annexe en 1858 tous les villages situés à l’intérieur des fortifications construites par Louis-Philippe.
De nouveaux quartiers émergent avec des nouvelles constructions pour la population : mairies, écoles, casernes, églises. En ce qui concerne les églises, contrairement aux siècles antérieurs où le style était affirmé, style roman ou gothique pour le moyen-âge, baroque pour l’époque moderne, néo-classique au XVIIIe siècle, apparait un mélange de composition, appelé « l’éclectisme ».

Qu’est-ce que l’Eclectisme ?

L’Eclectisme est une tendance en architecture qui consiste à mêler des éléments empruntés à différents styles ou époques de l’histoire de l’art ou architecture. Il se manifeste en Occident, notamment en France entre les années 1860 et les années 1920. Ce mouvement va à contresens du néo-classicisme, qui consiste à concevoir des bâtiments homogènes d’inspiration unique.

L’un des édifices civils les plus représentatifs de ce courant éclectique est l’Opéra Garnier à Paris. Cet Opéra construit de 1861 à 1875 englobe différents styles, tel le baroque, le renaissance ou le neo-clacissime. Il va être le symbole de ce nouveau style éclectique appelé également style Second-Empire ou Napoléon III qui devient le décor préféré de la bourgeoisie de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1920.

L’édifice religieux le plus emblématique de ce mouvement est l’église Saint-Augustin située près de la gare Saint-Lazare.

L’église Saint-Augustin et son style éclectique

L’église a été construite entre 1860 et 1871 dans le quartier de la  « petite Pologne », actuellement place Saint-Augustin dans le 8e arrondissement de Paris. Au cours du Second Empire, ce quartier s’agrandit, se rénove et une nouvelle population bourgeoise s’installe dans des immeubles luxueux.

Ces habitants réclament une nouvelle église, et Victor Baltard (1805-1874), reçoit la commande de cet édifice en 1860, qui trouve son originalité dans sa structure d'une part, puisque toute son enveloppe est en pierre tandis que son ossature est entièrement métallique, et dans son style éclectique d'autre part.

L’architecture de l’église est en effet typique du courant éclectique du Second Empire, puisqu'elle mêle différents éléments issus de plusieurs styles architecturaux.

Inspiration romane pour la nef avec l'emploi de l'arc en plein cintre pour les grandes arcades, la tribune et les fenêtres hautes.

Inspirations byzantine pour le chœur avec sa coupole ressemblant à celle de Saint-Sophie à Constantinople, mais aussi antique pour le baldaquin qui rappelle celui de Saint-Pierre de Rome.

Inspiration italienne enfin, tant renaissance que baroque, classique ou néo-gothique pour l’extérieur de l'édifice qui rappelle à la fois Santa Maria dell’ Fiore à Florence pour la façade et le dôme, que Santa Maria della Salute à Venise pour l'organisation générale.

Santa Maria del Fiore (dôme de 1436 et façade de la fin du XIXe siècle), Florence.

Santa Maria della Salute (1630-1682), Venise

Si ce mélange d’époques et de styles architecturaux au sein d’un même édifice religieux a d’abord profondément choqué, il a finalement été adopté par l’ensemble des Parisiens.

Cette église, aujourd’hui en très mauvais état, demeure l’une des plus belles du Paris impérial et représente un modèle pour certaines églises russes.