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L'Extase et le Sacré par les yeux de Marie-Agnès Périgault

Un autre regard sur l'Abbaye Saint-Pierre de Jumièges...

Sobre et élégant. L'Extase et le Sacré, préfacé par Anne Biroleau-Lemagny, nous invite à partager la sensibilité de Marie-Agnès Périgault, dont les photographies sont l'empreinte d'un parcours, d'une méditation et d'une aspiration. Si sa « carrière médicale en chirurgie a ouvert [son] regard sur le corps des autres et [lui] a redonné corps », son livre incarne une aventure photographique, profondément humaine. Dès la première page, une citation : « L'existence est chant ». Cet aphorisme du poète allemand Rainer Maria Rilke, celui dont les poèmes ont su susurrer le mystère sacré de l'existence humaine, nous invite à penser cet ouvrage comme un chant, le chant d'une photographe qui tente « d'écouter battre le cœur des choses et des êtres et d'en toucher l'aspect mystérieux et fascinant du sacré ».


L'Extase et le Sacré, c'est le recueil d'une quête, une poésie toute entière faite d'images. A la gymnastique lexicale de la versification se substitue une esthétique du flou et du noir et blanc. Les photographies se confrontent dans le face à face des pages dépouillées de toute forme de texte. Ainsi, nous immisçons-nous silencieusement dans leur dialogue, ponctué seulement par les titres des séries. Ceux-ci fonctionnent d'ailleurs à la manière d'un choeur tragique, lequel guide le lecteur dans cette ascension métaphysique, « De l'élévation au Sacré », « De la naissance à la vieillesse », « De l'inconnu à la mort ».


C'est au spectateur de renouer le sens de ce récit ou bien de se le figurer. Réunies dans un frisson, celui du flou et du dégradé de gris, ces photographies semblent vouloir nous révéler quelque secret. Dans la stature d'une cathédrale photographiée en contre plongée face à un corps nu en mouvement levant les bras au ciel. Dans les rides d'un ventre flétri par l'âge face au visage crispé d'un nourrisson. Dans le contact lascif d'une main sur la peau face à l'étreinte sauvage d'un couple. Dans la silhouette esseulée d'un homme sur une route obscure face au visage évanescent d'un vieillard. C'est dans cet intervalle que résonnent les concepts de Roland Barthes, chers à l'auteur : « un présent-passé », « un caché-révélé », « le vivant-mort ».


Parallèlement, L'extase et le Sacré met en scène un autre dialogue, celui de la photographie et de la littérature. Scindé par un texte de l'écrivain Marcel Moreau, Mon corps écrivant et son corps voyant, ce livre offre plusieurs voies d'immersion. De brèves citations accompagnent parfois certaines images. Elles imprègnent le travail de Marie-Agnès Périgault d'une subjectivité charnelle et extérieure comme elles en éclairent la sensualité.

 

En refermant ce livre, reste une impression de complicité, renforcée par les confidences de la photographe en dernière page ; reste le vertige d'avoir reconnu l'autre à l'intérieur de soi; reste l'ivresse de l'insaisissable. Maintes fois exploitée, la réflexion existentielle que propose la photographe confirme l'idée d'un quête obsessionnelle chez l'homme. Faisant écho à l'oeuvre de Diana Michener, l'esthétique de Marie-Agnès Périgault et l'importance de « l'instant décisif » dans son travail, souligné par Anne Biroleau-Lemagny, confère à la photographie un rôle majeur dans l'expression de cette quête.

 

 

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