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Valeurs des temples protestants en France

Le protestantisme regroupe l'ensemble des courants religieux chrétiens nés de l'opposition aux orientations prises par le catholicisme romain durant le Moyen Âge (et qui ont été définitivement affirmées par Rome au concile de Trente). Cette rupture est connue comme Réforme et a été menée sous l'impulsion de théologiens tels que Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli parmi tant d'autres.

La place des temples en France

L’architecture protestante en France détient une place largement inférieure à celle de l’Eglise catholique. Si 45 000 églises catholiques existent aujourd’hui en France, seuls 3 000 lieux de culte sont affectés à la religion protestante : 1 200 lieux de culte abritent l’Eglise réformée et 1 800 sanctuaires sont destinés à la mouvance évangéliste.

En autorisant les réformés à construire des lieux de culte, l’édit de Nantes de 1598 pose un jalon de l’architecture protestante. Toutefois, l’étape essentielle est franchie avec le décret impérial du 5 mai 1806 qui autorise les protestants à disposer de lieux de culte en France.

Un retour aux sources du christianisme

Ils s’inspirent du « temple » de Jérusalem bâti par les Juifs au Xe siècle avant J.-C. sous le règne de Salomon et détruit par Nabuchodonosor en 586 av. J.-C.                            

Dans l’Ancien Testament, le temple de Jérusalem apparaît comme la demeure de Dieu. Le pasteur Fleinert-Jensen de l’Eglise Réformée de Versailles remarque en effet que le temple de Jérusalem est le lieu où le nom de Dieu est invoqué. Les réformés ont alors utilisé cette référence biblique pour affirmer que le temple est le centre de la prédication de la Parole de Dieu.

 
 
 
 
 
 
Construction du Temple de Jérusalem
Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques, enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475
Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 247, fol. 163 (Livre VIII)
 

 

 

Le temple protestant s’organise donc autour de la chaire, tribune où le pasteur transmet aux fidèles la parole de Dieu.

La Réforme s’inscrit en effet dans un retour aux sources du christianisme et l’architecture protestante s’inscrit elle-même dans la continuité de l’architecture chrétienne primitive. Les architectes réformés emploient de fait largement le plan centré qui exprime la fonction symbolique du culte protestant, le rassemblement de la communauté.

 

 

 

Grand Temple des Brotteaux de Lyon

Ainsi, l’architecte Gaspar André (1840-1896), auteur du Temple des Brotteaux de Lyon, construit entre 1879 et 1884, utilise le plan centré et des motifs inspirés des monuments chrétiens de l’Eglise primitive.

Les temples protestants du XVIIe au XIXe siècle

Après avoir adapté des églises catholiques au culte protestant, les réformés prennent l’initiative de construire dès le XVIIe siècle de nouveaux édifices. Seuls quelques temples échappent aux destructions dues à la révocation de l’édit de Nantes en 1685 qui interdit le culte protestant. Le plus ancien temple de France qui subsiste est le temple de Collèt-de-Dèze (Lozère) construit en 1646. Parmi la majorité des temples anciens qui existent toujours comptent des édifices affectés au culte protestant par le Concordat.

A titre d’exemple, le temple d’Orthez ouvert en 1790 , très simple dans sa conception mais de larges dimensions, est restauré entre 1879 et 1884. Classé en 2012 monument historique, des subventions permettent d’assurer sa sauvegarde. Témoigne aussi des anciens lieux de culte protestants le temple de l’Oratoire du Louvre, ancienne église des oratoriens à Paris mise à disposition des protestants par Napoléon en 1809. Le 24 juillet 1889, la statue de l’amiral de Coligny est dressée au chevet de l’édifice ; le symbole de la religion qui figure à sa droite rappelle son assassinat lors du massacre de la Saint Barthélémy le 24 août 1572.                                     

  

 Le temple d'Orthez

La sobriété de l’architecture protestante

En cohérence avec la lutte des réformés contre le culte des images, la sobriété de l’architecture caractérise l’esthétique du temple. L’architecture protestante se distingue aussi par l’emploi de symboles. Dans le temple réformé Cap Espérance d’Ermont Taverny construit en 2008, l’architecte utilise le langage des signes. La façade donnant sur le parvis est en forme d’oreille ; sa présence rappelle que le fidèle vient au temple pour écouter la parole de Dieu. Si la célébration du culte réformé impose une sobriété, l’architecture protestante exprime de manière symbolique une foi nouvelle.

Quelques beaux temples en images