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Sauver son église, c'est possible !

« Guerre aux démolisseurs ! », Victor Hugo, 1825

 Ancienne église de Dreuil Hamel — Airaines (Somme) — 2 254 habitants

Vue extérieur, 2010

Récit des faits

Le hameau de Dreuil-Hamel est maintenant rattaché à la ville d’Airaines. L’église construite pour l’essentiel au XVe siècle, est miraculeusement rescapée des dramatiques combats de mai 1940. La commune d’Airaines a refusé pendant plus de dix ans d’entretenir cet édifice et sa ruine complète était proche.

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Vue intérieur, état 2010

Saisi par l’Observatoire du Patrimoine Religieux, le maire a accepté que l’église soit cédée, pour un euro symbolique, à l’Association de Sauvegarde, présidée par Albert Noblesse. Depuis 2010, l’association a sauvé l’église de la ruine : les murs ont été remontés et consolidés ; un chaînage en béton a solidarisé les maçonneries, la charpente a été entièrement restaurée, le clocher a été déposé et restauré. La couverture de la nef est en cours. Les travaux ont été réalisés par les bénévoles de la paroisse et les travaux techniques par l’entreprise Lapostolle.

État en 2013

Le projet consiste, en cet ancien lieu de culte rénové, à créer un lieu de culture et de spectacle, mais aussi d’amitié et de rencontres, tout en préservant un espace de recueillement.

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Plan, François Vasselle

Notre analyse

  

Les travaux : dépose, restauration et repose du clocher

Cet exemple nous montre clairement qu’un édifice n’est jamais irrécupérable et qu’il existe de multiples possibilités pour le sauver. Dès lors qu’une association même petite arrive à regrouper les fonds nécessaires pour le sauvetage d’une église, une municipalité ne peut se réfugier derrière l’argument du défaut de moyens. Le financement d’une restauration représente un coût non-négligeable, certes, mais pas impossible à atteindre, puisque un rond-pond ou un parking à voiture coûtent aussi cher ; il faut donc financer intelligemment en distinguant le gros œuvre de la décoration, les urgences, et savoir miser sur le bénévolat et le mécénat. En la matière, l’outil associatif est une excellente réponse aux besoins des sauveteurs du patrimoine.

Ce projet, outre l’importance relative des sommes engagés, prouve que le patrimoine religieux est un précieux atout de revitalisation des communes, et en particulier des communes rurales.

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Intérieur de l'église après restauration

Budget

Budget total : 104 500 €

  • Fondation VMF : 27 500 €
  • Fonds propre de l’association : 21 000 €
  • Subvention Fondation du Patrimoine : 15 000 €
  • Prix Pèlerin : 15 000 €
  • Dons recueillis par la Fondation du Patrimoine : 11 767 €
  • Autres dons : 9 233 €
  • Sauvegarde de l’Art Français : 5 000 €

Nota : Les travaux réalisés par les bénévoles sont estimés à 65 000 €.

Bénédiction du coq

© photos : François Rouillard

 

Église Notre Dame de l'Assomption de Dargoire — Dargoire (Loire) — 421 habitants

État novembre 2012

Récit des faits

Plan et coupe, Georges Gagnal

La commune avait pris la décision de détruire l’église du XVe siècle, qui présentait de graves problèmes de fondation. L’«association de sauvegarde Dalgorie» s’est élevée contre cette décision. Une étude détaillée a permis à l’architecte Georges Gagnal de démontrer que la restauration de l’église serait plus respectueuse du patrimoine et ne coûterait pas plus cher que sa reconstruction. Actuellement, la reprise en sous- œuvre des murs périphériques est achevée, les parois sont solidarisées par des pinces métalliques et les charpentes et couvertures sont en cours.

Travaux en cours

Notre analyse

Avant de s’offusquer du prix des travaux d’urgence d’une église, les élus doivent comparer le coût d’une restauration et celui d’une démolition/reconstruction, toujours plus onéreuse. En effet, au-delà de la mauvaise foi ou de l’inexpérience de certains maires parfois abusés par des « experts », il faut rappeler qu’une restauration s’échelonne dans le temps et repose sur une cascade de subventions, accordées notamment par les différentes collectivités, tant et si bien qu’une commune ne débourse rarement plus de 50% du coût des travaux, et parfois jusqu’à moins de 5% pour des édifices classés !

Enfin, un entretien rigoureux et régulier reste le meilleur remède contre la disparition du patrimoine religieux !

Travaux en cours fin 2012

Budget

Financement des travaux

Travaux d’urgence Total : 434 595 €

  • Conseil général : 131 858 € (30,34 %)
  • État: 102 737 € (23,64 %)
  • Saint-Etienne Métropole : 100 000 € (23 %)
  • Commune 100 000 € (23 %)

Tranche conditionnelle (Chauffage, électricité, vitraux)

Total : 159 414 €

  • Diocèse : 50 000 € (31,36 %)
  • Conseil Général : 48 142 € (30,20 %)
  • État: 42 938 € (26,93 %)
  • Solde à financer : 18 334 € (11,50 %)

Nota : Montants hors tva

© photos : Guy Dubreuil

Église Saint-Sulpice — Lumbres (Pas-de-Calais) — 3 741 habitants

L'église avant les travaux, destinée à la destruction

Récit des faits

Construite de 1853 à 1863, sous la direction de l’architecte Alexandre Grigny, cette église appartient à l’évêché d’Arras qui avait décidé de la détruire au début des années 2000. Le dynamisme de l’association de sauvegarde, menée par Daniel Prudhomme et Francis Dellerie, a réussi à persuader le propriétaire de conserver et restaurer 1’église. L’édifice est concédé à l’association de sauvegarde pour sept ans.

Actuellement, les travaux de reconstruction des piliers porteurs, de la couverture et du clocher sont en voie d’achèvement. Le chantier a duré deux ans et a été dirigé par l’architecte Angélique Thomas. Il a fait appel aux bénévoles de la paroisse et à des personnes en cours d’insertion.
L’évêché d’Arras doit, maintenant, restaurer le très beau presbytère néo-gothique, construit en même temps que l’église, tandis que l’association doit impérativement trouver 200 000 euros sur les 1 200 000 nécessaires à la restauration de cette église.

Ce sauvetage est exemplaire par la générosité des donateurs locaux – très mobilisés – qui l’ont financé. Ni la commune ni l’évêché d’Arras n’ont ainsi donné le moindre euro pour la restauration de cette église qui a pourtant été menée en moins de cinq ans, pour la plus grande fierté des donateurs qui ont participé à la notoriété de la commune qui, grâce à cette restauration, a obtenu de nombreux articles dans toute la presse.

Première messe célébrée après la fin des travaux

Notre analyse

L’église de Lumbres, comme tant d’autres, est le parfait exemple d’une déresponsabilisation de nombres d’élus et de responsables religieux. Chaque patrimoine a de la valeur et mérite considération, car il incarne un repère collectif.

Restitution des colonnes

Le cas de Lumbres prouve que la détermination des habitants l’emporte sur l’immobilisme des élus et des institutions qui oublient trop souvent qu’une église restaurée vaut plus, le jour des élections, qu’une église abandonnée ou détruite !

Budget

Budget total : 1 200 000 €

  • Donations particuliers :712 000 € (59,34%)
  • Conseil général : 200 000 € (16,67%)
  • Emprunt : 200 000 € (16,67%)
  • Fondation du Patrimoine : 80 000 € (6,66%)
  • Prix Pélerin : 8 000 € (0,66%)

Travaux

© photos : François Wavrant

Sauvons nos églises

Depuis plusieurs années, l’Observatoire du Patrimoine Religieux (OPR) agit, en concert avec de nombreuses associations, pour sauvegarder des églises promises à la démolition par leurs propriétaires (communes, diocèse...). Même si certains édifices concernés sont encore fréquentés par les fidèles, nous pouvons d’ores et déjà parler d’abandon du lieu, car un manque d’entretien induit, très souvent, une volonté de démolition à moyen ou long terme !

Dans le cas présent, il ne s’agit pas d’églises à l’abandon, mais d’édifices dont la démolition volontaire était décidée… Des campagnes de presse, des actions dynamiques auprès des élus, avec l’aide des habitants, ont permis de sauver ces églises ; leur restauration en cours démontre l'utilité et l'efficacité de l'engagement de notre association dans la protection du patrimoine religieux. La restauration des églises de Dreuil-Hamel, Dargoire, Lumbres, prouve que le dynamisme et la générosité des habitants permettent des actions qui paraissaient inaccessibles. L’argent nécessaire aux restaurations existe. Son utilisation est un choix politique. Il appartient aux citoyens d’agir efficacement, sans attendre que les décisions soient prises à leur place. La question de l’utilisation des édifices religieux doit également être posée, en liaison avec le clergé : une église est avant tout un édifice cultuel, mais quel peut être son rôle, au-delà, y compris quand le culte n’y est plus célébré ?

La preuve est faite : dans toutes les communes, il est possible d’entretenir les bâtiments communaux, école, mairie, église, à condition de les entretenir régulièrement, de prévoir des travaux raisonnables et d’accepter de les répartir sur plusieurs exercices en profitant de toutes les aides disponibles. La décentralisation a transféré la responsabilité du patrimoine non protégé aux collectivités locales et beaucoup n’ont pas su assurer cette mission. 

 

 

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