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Beuvry (Pas-de-Calais) : Claude Jouet restaure la chapelle Gosses de Gorre à la force du poignet

Depuis deux mois, Claude Jouet, Violainois, est sorti de sa retraite pour un travail minutieux de restauration de la chapelle Gosses de Gorre à Beuvry. Une mission qu'il réalise bénévolement pour « redonner une autre vie à ce monument historique ».

Tailleur de pierres à la retraite, Claude Jouet n'a pourtant pas perdu la main. Depuis le mois de mai, il travaille chaque jour à la rénovation de la chapelle Gosses de Gorre. L'idée lui est venue à force de passer devant ce monument historique en perdition. « J'ai travaillé toute ma vie à la restauration de bâtiments historiques, et le fait de voir cette chapelle dans cet état m'attristait », souligne celui qui a envie de rendre à cet édifice ses lettres de noblesses. Ce constat date d'il y a plus de deux ans. « J'ai proposé mon assistance à la mairie de Beuvry pour la restauration de ce monument. Je le fais de façon bénévole. La ville paye simplement les nouvelles pierres », commente-t-il.

Pour lui, la pierre est quelque chose de sacré, quelque chose de vivant que l'on ne peut pas laisser mourir de cette façon.

Claude est tailleur de pierres depuis 1968. Pour redonner un nouvel éclat à cette chapelle de Gorre, le Violainois s'appuie sur des documents anciens qu'il garde toujours à proximité de son établi. « Cela permet de savoir où on va et à quoi cela ressemblait avant », précise-t-il. Car quand il a débuté les travaux, la chapelle était en piteux état. « J'ai passé quinze jours juste pour déblayer ce qu'il y avait à l'intérieur du monument, car il n'y avait plus de toit et il avait été vandalisé à plusieurs reprises. » Pierre après pierre, bloc après bloc, Claude Jouet met en place ce qu'il aime appeler un puzzle. Au pied du monument, les pierres sont alignées selon leur apparence, mais aussi selon leur destination finale.

Partant d'un édifice en mauvais état, il a établi à un an la durée des travaux pour restaurer la chapelle. Claude Jouet n'est pas au bout de ses peines.

Mais pour lui, c'est tout sauf une peine de travailler la pierre et de restaurer le bâti. « C'est un peu une fierté de montrer que l'on peut redonner vie à un tel monument », lance celui qui est à la retraite depuis six ans.

Ce qui est encore plus surprenant, c'est que Claude Jouet a décidé de restaurer à l'ancienne. Sans aucun moyen électrique, « pour faire comme les bâtisseurs de ce monument au début du XIXe siècle ». La seule fois où il compte faire appel à un peu de modernisme - un chariot élévateur -, c'est lorsqu'il va devoir placer en haut de la chapelle trois blocs de plus de 300 kilos chacun. Sinon, la restauration ne se fera qu'à coups de marteaux, rabots, ciseaux et autres instruments du tailleur de pierres. Une question d'authenticité pour cet amoureux du travail de restauration à l'ancienne.

Si ce chantier est le premier qu'il réalise seul et de façon bénévole depuis sa retraite, l'homme est un habitué des restaurations, « principalement dans la région, sur des monuments dans le Vieux-Lille ». Alors ces pierres Saint-Maximin, il les bichonne, leur redonne un certain éclat. « Il faut que cela reste quand même une restauration. Il ne faut que cela fasse trop neuf ! »

Ce métier de tailleur de pierres, il l'a appris sur le tas. Il voudrait bien aussi transmettre son savoir, donner l'envie à quelques jeunes de se lancer dans le métier. « J'aurais bien aimé qu'un jeune de la commune travaille avec moi sur ce chantier, comme dans une sorte d'atelier, comme je le faisais en fin de carrière. Mais cela n'a pas été possible. » Peut-être que le bénévolat n'a plus le même aura pour la nouvelle génération !

Homme au grand coeur, Claude Jouet est aussi un sculpteur hors pair. « Je voudrais mettre en place un atelier de modelage, puis de taille de pierres, à Violaines, pour transmettre ce que je sais faire, car nous ne sommes pas éternels et il faut préparer l'avenir. » Pour devenir un bon tailleur de pierres, il faut entre 25 et 30 ans de métier.

Source : lavenirdelartois.fr