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Bilan du mois de juillet 2013 : actualités des édifices du culte en France

En juillet 2013, 131 articles ont traité de l'actualité d'autant d'édifices religieux situés en France. Découvrez le bilan du mois de juillet !

En juillet 2013, 131 articles ont traité de l’actualité d’autant d’édifices religieux situés en France. Bien que sensiblement différents, les chiffres du mois de juillet restent stables par rapport au mois de juin 2013.

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1. Statistiques du mois

          Part des édifices concernés

Sans surprise, près de 90% des édifices concernés sont de confession catholique, cependant la part de chaque édifice catholique concerné a nettement évolué part rapport au mois de juin. Si plus de la moitié reste des églises, ce chiffre est en nette baisse et passe de 77% à 58%. A l’inverse, les chapelles arrivent en seconde place : elles représentent en effet 18% du corpus. De la même manière, 6% des édifices concernés sont des cathédrales, contre 11% au mois de juin, et 6% sont des abbayes, contre 3% précédemment.

Les mosquées restent en troisième place avec une part de 8%, chiffre stable et important dans la mesure où elles ne représentent que 1,5% du patrimoine religieux français.

Enfin, l’autre évolution significative du mois de juillet concerne la part des temples qui passe de 0% à 3%.

 

          Répartition par actualité

Les statistiques du mois de juillet prennent en compte trois nouveaux types d’actualité : Autres cultes, Abandon et A Vendre/Vendu. Le dernier plus particulièrement inquiète l’OPR dans la mesure où ce chiffre est appelé à augmenter. En effet, ces ventes concernent essentiellement le culte catholique et sont depuis le début des années 2000 en hausse, certains articles révélant que l’Eglise, en mal de deniers, prévoie de vendre 10% de son patrimoine bâti d’ici 2030.

Plus de deux tiers (73%) des actualités recensées sur les édifices du culte en France concernent une campagne de restauration, celle-ci étant prévue, en cours ou achevée.

La part des constructions de mosquée reste la même. Par exemple, la mosquée de Marseille reste au point mort après plus de trois ans de bataille judiciaire et malgré la pose de la première pierre en grande pompe en 2010. Selon le sociologue Mohammed Tehline, auteur de L’Islam et les musulmans en France. Une histoire de mosquées, le projet marseillais suit un « parcours typique » puisqu’en France, « il faut attendre 20 ans entre le dépôt du permis de construire et le début des travaux », délais en partie dû aux problèmes internes de l’association qui porte le projet et une opposition des riverains et du Front National.

Outre les 7 constructions de mosquée recensées au mois de juillet, on compte la construction d’une nouvelle église à Saint-Aubin-du-Pavoil, en lieu et place de l’ancienne détruite en janvier 2013. On recense également l’inauguration de deux temples bouddhistes à Souffelweyersheim près de Strasbourg et à Bussy-Saint-Georges en Seine-et-Marne. Ce dernier fait figure d’exception. Il est en effet à ce jour le plus grand temple bouddhiste existant en Europe mais s’inscrit également dans le projet d’ « Esplanade des religions » qui prévoie de regrouper sur une même aire deux temples bouddhistes, une mosquée et une synagogue.

On remarque enfin une augmentation des instances de classement : 4 édifices sont concernés par cette actualité :

  • Les églises Sainte-Thérèse-Sainte-Jeanne-d’Arc de Poitiers et Sainte-Croix de Migné-Auxances pour les peintures de Marie Baranger, artiste poitevine prolifique, qu’elles abritent. Les dossiers sont en cours.
  • Le rocher sur lequel repose la chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe, déjà classée M.H mais dont le socle est menacé d’érosion. Les élus ont entrepris les démarches pour l’inscrire au patrimoine mondial de l’UNESCO, cependant une reconnaissance nationale étant d’abord exigée le projet est dans un premier temps de l’inscrire en tant que « Paysage et site remarquable ».
  • La synagogue de Cavaillon, déjà classée M.H pour laquelle les démarches ont été entreprises pour figurer sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

2. A la Une

Parmi les nombreuses actualités concernant les édifices du culte, certaines ont plus particulièrement retenu l’attention de l’OPR :

 

          Eglise Notre-Dame de Gesté

L’OPR suit depuis le début les événements concernant cet édifice dont la destruction, entamée, se trouve aujourd’hui suspendue car au cœur d’une bataille judiciaire. Dernièrement, le Tribunal Administratif de Nantes a refusé de suspendre les travaux de démolition, le juge ayant conclu que ces derniers, étant déjà engagés, sont irréversibles et que l’urgence est désormais de les finir et non de les arrêter. Une brèche juridique importante dans la protection des églises en péril que condamne l’association Mémoire vivante du patrimoine gestois, qui envisage de se pourvoir en cassation, dernier recours pour sauver l’église, mais aussi l’OPR.

 

          Mont-Saint-Michel

Le Mont-Saint-Michel, l’un des sites touristiques les plus fréquentés de France, fait l’objet de nouveaux projets, malgré une grève de plusieurs jours. Des travaux de désensablement et de préservation de la faune et de la flore sont prévus, représentant un investissement de près de 210,6 millions d’euros et pour lesquels Bruxelles déboursera 10 millions d’euros.

 

          Sécurité

De plus en plus d’articles traitent de ce sujet et dénoncent la recrudescence des dégradations, vols et occupations des édifices religieux, principalement catholiques. Actuellement les diocèses envisagent la possibilité d’installer des caméras de surveillance dans nos églises françaises.

 

          Orages

Les orages du week-end du 27 juillet 2013 ont été particulièrement violents et l’on relève un peu partout en France plusieurs édifices religieux victimes des caprices du temps.

 

3. Budgets et financements

Nous avons pu obtenir les budgets alloués à 60 édifices du culte sur les 131 parus dans les actualités recueillies ce mois-ci. Le budget total calculé s’élève à 263 417 312 €. Ce chiffre comprend cependant le montant des frais d’aménagement du Mont-Saint-Michel qui s’élèvent à 210 600 000 € et qui font figure d’exception. Si ce montant n’est pas pris en compte, le budget total calculé s’élève à 52 817 312 €. Un budget supérieur de 5 925 670 € à celui du mois de juin.

Dans les budgets observés lors d’une rénovation totale d’église, la moyenne s’élève à 1 128 000 €. La part des subventions accordées par l’Etat d’un projet à un autre reste hétérogène, comme déjà mentionné au mois de juin, allant de 0% à 100%. Elles sont apportées soit par la DRAC, soit par le Conseil Régional, soit par le Conseil Général ou issue de la réserve parlementaire. Quelques exemples :

  • A Fontenay-le-Fleury, dans les Yvelines, la restauration totale de l’église Saint-Germain a coûté 750 000 €, dont 182 000 € (24%) apportés par le Conseil Général.
  • La restauration de l’église Saint-Médard de Thouars dans les Deux-Sèvres, d’un montant total de 849 160 €, a été subventionnée à hauteur de 248 500 € par l’Etat, 106 500 € par la Région et 177 000 € par le Conseil Général. Restent 317 160 € pour la commune.
  • Les subventions accordées par la communauté de communes des Sablons et par le Conseil Général ont permis de couvrir 100% du coût de rénovation de l’église Saint-Germain de Fresneaux-Montchevreuil dans l’Oise qui s’élevait à 977 000 €.
  • Grâce aux subventions, la commune de Mirepoix dans l’Ariège a participé à hauteur de 79 891,63 € sur le coût total de rénovation de la cathédrale Saint-Maurice s’élevant à 2 412 880 €.

Certains projets obtiennent des financements auprès de pays étrangers. C’est le cas par exemple de la campagne de restauration de la cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas de Nice entièrement financée par Moscou à hauteur de 20 millions de dollar (soit 15,6 millions d’euros), ou encore nombre de mosquées en construction sur le territoire français financées par des pays tels que l’Arabie Saoudite, le Maroc, l’Algérie ou encore le Qatar. C’est le cas par exemple de la Grande Mosquée de Marseille dont certains dons proviennent de l’Arabie Saoudite, du Qatar et du Koweït.

Enfin, il apparait important de mentionner la part du bénévolat. En effet, sur 131 actualités, dont 96 concernent des campagnes de restauration, 12 concernent des chantiers menés par des bénévoles (soit environ 10% des restaurations). Ces derniers correspondent à :

  • Des initiatives personnelles,
  • Des associations locales,
  • Des chantiers écoles,
  • Des chantiers internationaux.

Outre une expérience humaine que chaque participant souligne inévitablement, le bénévolat présente un avantage financier qui permet aux communes de nettement baisser le coût d’une intervention sur un édifice cultuel voire de n’avoir aucun frais à assumer.

 

Pour conclure, bien que ce dernier point ne concerne pas le patrimoine religieux français, l’OPR tient à signaler qu’en Syrie la guerre civile met en péril un patrimoine culturel mondial. A ce jour au moins 1500 mosquées endommagées ou détruites y ont été recensées parmi le reste des décombres. Une perte qui reste pourtant bien illusoire face au nombre de vies perdues.