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Bordeaux : des trésors redécouverts à l'aune de la restauration de la Cathédrale Saint-André

Les travaux de restauration engagés par l'Etat dans la chapelle Saint-Joseph de la Cathédrale Saint-André de Bordeaux font ressurgir de magnifiques peintures murales et un décor réalisé avec des feuilles d’aluminium.

Les premières dorures à la feuille d’aluminium ont-elles été réalisées en 1860 au sein de la cathédrale Saint-André ? La question est clairement posée et passionne les experts de la Direction des affaires culturelles régionales d’Aquitaine (Drac). Cette décoration (photo ci-contre) n’était connue de personne. Elle a été découverte à l’occasion des travaux de rénovation de la chapelle Saint-Joseph. L’une des deux plus grandes chapelles qui entourent le chœur de la cathédrale, la seconde étant celle du Mont Carmel.

Noircis par la fumée

Avant que les restaurateurs de l’Atelier 32 attaquent les travaux, on ne voyait strictement rien ici. Noircis par la fumée des cierges et garnis de poussière, les murs ne laissaient apparaître que quelques peintures ici ou là. Des peintures murales que l’on savait toutefois importantes puisque réalisées en 1860 par Alexandre Duenelle et Savinien Petit.

Alexandre Duenelle a décoré les voûtes, les murs et les piliers avec des couleurs surprenantes. Du rouge, du vert, du bleu, du jaune… Savinien Petit, quant à lui, a réalisé le décor principal au-dessus de l’autel. La vie de Joseph en trois parties : la fuite en Égypte, la mort de Joseph et Jésus initié au travail de charpentier. Une sorte de fresque sur toute la largeur de la chapelle et coiffée par deux anges géants tout aussi colorés.

Ces peintures ont souffert au fil des ans. De la fumée mais pas seulement. Défaillante, la toiture a laissé passer l’eau et celle-ci est venue gonfler les joints et écailler les peintures.

La tâche des membres de l’Atelier 32 a donc été longue et difficile (1). Une fois lavées, les peintures ont dû être totalement reconstituées. À l’aide de seringues pour boucher les trous avec de la résine acrylique, de scalpels pour gratter juste ce qu’il faut, de fers à repasser pour faire adhérer les éléments défaillants et de pinceaux pour tout reprendre.

« Pas loin de huit mois de travail », confie Elsa Anttila, l’une des restauratrices. C’est à cette occasion que les fameuses dorures à l’aluminium sont apparues. Sur le mur droit de la chapelle. Ici, un fond rouge. Sur ce fond, des quadrilobes, sortes de fleurs à quatre pétales.

Des expertises engagées

Une fois nettoyées, ces fleurs ont retrouvé leur brillance. « Une découverte tout à fait exceptionnelle », souligne Patrick Lemaître, ingénieur du patrimoine, chargé de la cathédrale. En 1860, lorsque la chapelle a été décorée, l’aluminium était juste connu.

En France, il est apparu lors de l’exposition universelle de Paris en 1853 et le premier lingot a été coulé en 1855. « C’est donc probablement la première fois en France que des feuilles d’aluminium ont été utilisées », indique Patrick Lemaître. Aussi, la Drac a-t-elle fait appel à des experts pour se pencher sur ces quadrilobes, notamment ceux de Lamoa Expertise, le laboratoire d’analyse des matériaux et objets d’art.

Les premiers relevés confirmeraient l’importance de la découverte. Ces fleurs auraient été réalisées en même temps que les peintures. Dans l’alu recueilli, on retrouverait des composants de la peinture du décor de base. Si les feuilles d’alu avaient été déposées bien plus tard, ce ne serait pas le cas.

(1) Ces travaux sont réalisés et financés par l’État, comme tous ceux qui sont engagés à la cathédrale.

Source : Sud-Ouest