Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Presse Presse
 

subscribe to the newsletter subscribe to the newsletter

 
Document Actions

Cellefrouin (Charente) : une église révélée après des fouilles

La campagne de fouilles menée par Sylvie Ternet et une dizaine de bénévoles a permis de découvrir les vestiges d'une église romane. Enfouis dans un jardin.

Maurice, un retraité, devant l'un des piliers révélés par les fouilles.

Deux piliers, des colonnes, des fondations. Les vestiges d'une église romane du XIIe siècle avec son transept. C'est ce que révèlent les fouilles effectuées à Cellefrouin par Sylvie Ternet et son équipe de bénévoles. On savait qu'il existait une chapelle, la chapelle Saint-Martin, enfouie sous un jardin, à l'écart du bourg. Mais on n'imaginait pas l'ampleur de l'édifice.

"Ce n'est pas une simple petite chapelle, mais un grand prieuré démantelé et réduit à l'état de carrière après la Révolution. Les habitants venaient se servir en pierres taillées. C'était très économique", commente l'enseignante. Missionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) qui lui a octroyé 1 000 € de subventions, l'ancienne archéologue sort de cette campagne d'une quinzaine de jours, satisfaite. Les villageois se sont mobilisés autour d'anciens professionnels. Ils ont permis de mettre au jour "un mur qui fermait l'église au nord, l'arrondi de l'absidiole. On a pu compléter le plan du bras sud du transept. L'an prochain, on vérifiera s'il reste quelque chose de l'abside", indique Sylvie Ternet, en délaissant un instant ses pinceaux. Pendant ce temps, Maurice, agriculteur retraité, et ses amis, Jean-François et Hugues, continuent leur quête. Balayettes, pelles et truelles à la main.

Sylvie Ternet et une partie de son équipe, Maurice, Jean-François et Hugues, sont à pied d'oeuvre sur le chantier de fouilles. Un jardin particulier dans lequel l'équipe de bénévoles a retrouvé les traces d'une église romane.

 

En lien avec une fontaine miraculeuse

"Il a fallu nettoyer les murs, effectuer des sondages", poursuit la chercheuse en montrant les limites du monument. Des fondations en pierres de deux mètres d'épaisseur ou de simples tranchées creusées par les habitants pour déterrer les pierres. Le déblayage à la pelle mécanique, effectué par James Colvill, un entrepreneur de Parzac, a permis de retrouver un ancien mur de la croisée, à 80 centimètres de profondeur. L'équipe n'a pas encore détecté de traces de la façade mais l'entrée devait se situer à proximité de la fontaine Saint-Martin. Une fontaine réputée pour guérir les maladies de peau. La construction du prieuré pourrait être liée à la présence antérieure de cette source. "Il a fallu christianiser un lieu et une pratique païenne." Une hypothèse.

Des écrits rapportent que le monument "ruiné au XVIe siècle par les guerres de religion" dépendait alors de l'abbatiale. "Mais ce ne sont que des sources de seconde main, il faut fouiller pour comprendre. Chaque campagne apporte des explications", poursuit la spécialiste plongée dans son "travail de détective du passé". Un travail "prenant" qu'elle partage avec la population. La meilleure façon de la sensibiliser à la conservation du patrimoine.

Source : CharenteLibre.fr