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Croix : l'église Saint-Martin à choeur ouvert pendant encore un an et demi

Ce serait le plus gros chantier de rénovation d’église au nord de Paris. Fermée depuis trois ans, l’église Saint-Martin est en passe de retrouver la santé. Une opération à cœur ouvert, voilà ce que subit actuellement l’église Saint-Martin. Il en allait de son salut. Le 25 février 2010, une partie de la voûte s’était effondrée, laissant craindre le pire quant à sa survie. Cent soixante-deux ans après sa naissance, Saint-Martin était à l’agonie.

Un diagnostic approfondi a mis en évidence l’attaque d’un champignon alimenté par les infiltrations d’eau et des fluctuations trop importantes de la température. « L’église n’a pas été entretenue pendant des décennies, voire pendant 50 ans », regrette le maire, Régis Cauche. Fallait-il la faire tomber ? Impossible, elle est classée. Réparer uniquement les éléments jugés dangereux ? Le conseil municipal a préféré aller plus loin, quitte à investir plus de 5 millions d’euros dans des travaux colossaux : « On a pris la décision de la remettre au top, pour longtemps. »

Des ossements sous la nef

Quand le maire dit au top, c’est au top. Tout ou presque a ou va être rénové. À l’extérieur, le lifting de Saint-Pierre est déjà visible mais c’est à l’intérieur que se cache la partie la plus intéressante du chantier. Notamment parce qu’à l’injonction du service régional d’archéologie, la commune procède actuellement à des fouilles à l’endroit où le chauffage au sol va être installé. Ce chantier retarde les travaux à proprement parler mais il va permettre aux Croisiens de mieux connaître leur passé en remontant le temps à mesure que la terre est grattée.
Des tombes et des ossements ont déjà été mis à jour à l’endroit de ce qui était le cimetière entourant une église antérieure à Saint-Martin. Ils dateraient des 17e et 18e siècles, du temps où Croix ne comptait pas plus de 200 foyers. « Un travail anthropologique va permettre de comprendre la façon dont étaient enterrés les gens, quelles étaient leurs maladies, leur âge. On a déjà découvert les ossements d’une vingtaine d’individus », explique Richard Jonvel, responsable des opérations pour l’université de Picardie Jules-Vernes.

La campagne de fouilles doit encore durer une dizaine de jours avant que ne reprenne la rénovation. Tout ou presque a ou va être refait, disions nous. À commencer par l’isolation et le chauffage qui doivent permettre à Saint-Martin d’éviter de prendre froid et de voir ses charpentes se dégrader à nouveau. Grâce au chauffage au sol, la température ne descendra plus en dessous de 4 ou 5ºC. Et pendant les offices, de l’air chaud pulsé arrivera, par le sol également.

Le pape en direct ?

Du côté des peintures, la rénovation est totale également. Avec un parti pris : la reconstruction des motifs originaux. Fini le blanc cassé le long de la nef, ce sont des motifs polychromes qui orneront les murs. Ces motifs ont été redécouverts par le service régional d’archéologie lors des fouilles préparatoires. En grattant la peinture, les archéologues ont découvert des fleurs stylisées. « Nous n’étions pas forcément pour, c’est un peu chargé, mais le service du patrimoine du diocèse a su nous convaincre », remarque Régis Cauche. Le maire précise que toutes les décisions ont été prises par le comité de pilotage en concertation avec les représentants des usagers.

Une partie importante du chantier de rénovation concerne aussi les vitraux. Ils passeront bientôt entre les mains expertes de la maison Brouard, basée à Ronchin et réputée à l’international pour la qualité de ses travaux et de son savoir-faire ancestral. Celui-ci côtoiera alors les plus récentes technologies avec l’intégration des réseaux dans les structures de l’église. Pour le maire, qui souhaite faire de Saint-Martin un lieu à vocation cultuelle mais aussi culturelle, il semblait important de pouvoir accueillir les musiciens, les chanteurs, les conférenciers et les artistes dans les meilleures conditions. « On peut aussi imaginer une retransmission en directe d’une intervention du pape », ajoute Régis Cauche, très fier de voir Saint-Martin entrer de plain-pied dans le 21e siècle. « S’il y a une empreinte que je souhaite laisser de mon passage à Croix, c’est d’avoir remis au top cet édifice. »

Les travaux de l’église pourraient être accessibles au public lors des journées du patrimoine en septembre prochain, à condition que les conditions de sécurité soient remplies. En tout état de cause, Saint-Martin rouvrira partiellement à la fin de cette année (le chœur restera fermé) et la réouverture totale devrait intervenir en fin d’année 2014.

Source : nordeclair.fr