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Des caméras dans les travées des églises ?

La vidéosurveillance peut-elle apporter une réponse aux églises soucieuses de leur sécurité ? Un peu partout, face à la recrudescence des vols, vandalismes et démonstrations déplacées, les églises se parent de caméras de vidéosurveillance.

La vidéosurveillance peut-elle apporter une réponse aux églises soucieuses de leur sécurité ? La République du Centre explique, lundi 8 juillet, que "des mesures de sécurité inédites sont sur le point d'être prises entre les murs de la cathédrale [d'Orléans]". Le Centre de sécurité orléanais va en effet surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre les travées de la cathédrale Sainte-Croix à l'aide de quatre caméras, "dont une placée dans la sacristie". Ces quatre appareils viennent s'ajouter à 140 caméras de vidéoprotection déjà disséminées dans la ville, explique La République du Centre.

Cette surveillance renforcée fait suite à l'action menée par neuf personnes en mai, qui avaient réussi à grimper en haut des tours de l'édifice religieux pour déployer des banderoles dénonçant leurs problèmes de garde d'enfants. Un acte spectaculaire et très médiatisé, qui a relancé les interrogations sur la sécurité de l'église. Ces dernières années, la cathédrale d'Orléans a déjà eu à faire face à un exhibitionniste et à un vol de tableau.

Claude Girault, le recteur de la cathédrale Sainte-Croix, semble se résigner à cette intrusion des caméras. "Des gens peuvent se mettre à hurler subitement (…), détaille-t-il au quotidien régional. Vous savez, la frontière entre foi et folie peut parfois être infime ! Il peut aussi y avoir des incivilités, du vandalisme, ou de petits larcins… [Il] y a plus agréable, mais il faut bien y passer, je crois."

Des diagnostics de sécurité en Essonne

D'autres églises sont confrontées au même dilemme. A Berck-sur-mer, des caméras pourraient être installées dans deux édifices de la ville, l'église Saint-Jean-Baptiste et l'église Notre-Dame-des-Sables (lire notre article à ce propos). La demande a été faite auprès de la sous-préfecture par l'association Saint-Jean-des-Sables, qui gère les deux lieux de culte, après les cambriolages ces derniers mois de deux églises voisines, à Ecuires et à Regnauville. Tout y passe : des objets de culte – comme des calices, des vases, des chandeliers –, des objets d'art ou encore l'argent des fidèles… Pour les voleurs, il n'y a pas de petits larcins.

Ici ou là, on voit donc fleurir des caméras de vidéosurveillance dans les lieux de culte, parfois même sans que la préfecture ou le diocèse en soient avertis. Ailleurs, les préfectures de police sont sollicitées pour effectuer des diagnostics de sécurité. En Essonne, par exemple, plus d'une vingtaine d'églises ont été examinées à la demande de l'évêque d'Evry en 2008 et 2009. L'installation de caméras n'a pas été préconisée et les principales mesures proposées ont été la mise en place de systèmes d'alarme, la pose de serrures plus sécurisées et la pose de barres antieffraction.

Si la vidéosurveillance choque les fidèles attachés à la notion de refuge de l'église, elle ne semble toutefois pas contrevenir au Code de droit canon, qui reste suffisamment évasif sur le sujet pour l'autoriser. "Tous ceux que cela concerne veilleront à assurer dans les églises la propreté et la beauté qui conviennent à la maison de Dieu et à en écarter tout ce qui ne convient pas à la sainteté du lieu, est-il précisé au canon 1 220. Pour protéger les objets sacrés et précieux, il faut recourir au soin ordinaire de conservation et aux moyens appropriés de sécurité."

Source : bigbrowser.blog.lemonde.fr