Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Presse Presse
 

subscribe to the newsletter subscribe to the newsletter

 
Document Actions

La restauration intérieure de Notre-Dame de l'Assomption (Paris)

Élevée au XVIIe siècle, cette église est aujourd'hui le principal foyer religieux de la communauté polonaise. En 2013, elle bénéficie d'un vaste plan de restauration intérieure. Visite en vidéo de ce chantier pas comme les autres...

Située dans le 1e arrondissement, en plein "quartier chic" de la capitale, l'église Notre-Dame de l'Assomption est actuellement occupée par un large échafaudage intérieur, de 34 mètres de haut. Particulièrement impressionnant, mais caché des visiteurs et fidèles de l'église par de grandes bâches blanches, il permet aux restaurateurs de travailleur sans gêner la vie des paroissiens. Au coeur de leur attention : la restauration de la coupole, dont le décor original de Charles de la Fosse a déjà subi de nombreuses interventions de restaurations (sous le second Empire, en 1933 et en 1971).

Un échafaudage sur mesure
Afin que l’église puisse rester en activité pendant toute la durée des travaux, le chantier a été conçu en deux phases, autour de deux échafaudages successifs :
Phase 1 (Septembre 2012 – été 2013) : Un échafaudage spectaculaire épouse la forme circulaire de l’édifice jusqu’au sommet situé à 34 m du sol. Sa partie centrale, suspendue au-dessus de la nef, permet la restauration de la coupole. Durant cette période, l’espace de l’église reste disponible et isolé de l’échafaudage par une immense bâche formant un chapiteau.
Phase 2 (Septembre 2013 - Début 2014) : Un deuxième échafaudage sera placé autour du maître-autel pour finaliser la restauration de la décoration intérieure.

Un "peeling" pour l'église
La pierre de Saint-Leu utilisée pour la construction de Notre-Dame de l’Assomption est de nature poreuse. Afin d’éviter tout apport d’eau dans les parements et les parties sculptées, la technique de nettoyage utilisée a consisté à appliquer une pâte en fine couche dans laquelle sont incorporés des agents nettoyants. Après séchage, environ vingt-quatre heures après application, la pâte verte crée un film pelable qui emporte les impuretés.

La restauration en vidéo


Une fresque de 65 m2 restaurée par mairiedeparis

 

Historique
Imaginez un peu le quartier de la rue de Saint-Honoré au 17e siècle, sous le règne de Louis XIV : l'emplacement de l'église Notre-Dame de l'Assomption (à l'angle actuel des rues Saint-Honoré et Cambon, à deux pas de la place de la Concorde) est occupé par des champs, qui s'étendent alors au-delà du jardin des Tuileries.

C'est à cette époque qu'il est décidé de construire un couvent, le Couvent des Soeurs de l'Assomption, jusqu'alors installées rue de la Mortellerie : cours et bâtiments se développent alors sur un large périmètre, la Chapelle (actuelle église) étant construite en dernier. L’église Notre-Dame de l’Assomption est ainsi élevée à partir de 1670 selon les plans de l’architecte Charles Errard (1606-1689) alors directeur de l’Académie de France à Rome. De plan centré, ce qui est assez rare à Paris, elle est à l'époque dotée d'un choeur de religieuses. Elle reste aujourd'hui le seul bâtiment de ce vaste ensemble, le couvent étant aujourd'hui entièrement détruit.

L’édifice et son décor intérieur sont achevés en 1676, le peintre Charles de La Fosse (1636-1716) réalisant la même année la fresque qui orne le sommet de la coupole intérieure. Cette technique particulière de peinture murale, que Charles de la Fosse apprit lors de son séjour de formation en Italie (1659-1664), nécessite une grande habilité. Elle s'opère sur un enduit frais d’où le terme « fresque » qui vient de l'italien a fresco signifiant « dans le frais ».

Représentant l’Assomption de la Vierge, cette fresque est aujourd'hui aussi rare à Paris que méconnue.

Le grand dôme à caissons qui couronne l’édifice est le meilleur exemple à Paris d’une architecture directement inspirée du Panthéon de Rome.

La décoration intérieure
Comme tous les lieux de culte érigés sous l’Ancien régime, l’église a souffert des évènements révolutionnaires.

Les tableaux qui décoraient les murs du tambour ont été dispersés et vendus. La fresque a été par chance conservée alors même que le bâtiment était entresolé et utilisé comme magasin de décors de théâtre. Certaines transformations faites au XIXe siècle ont modifié partiellement le décor intérieur. L’arcade sud qui ouvrait sur le chœur des religieuses a été clôturée en raison de la destruction d’une partie de l’édifice et de la construction de la Cour des Comptes.

Le mobilier liturgique présent dans l’édifice est postérieur à la Révolution mais permet d’apprécier aujourd’hui le renouveau des arts décoratifs observé au début du XIXe siècle.

En 1844, à la suite de l’insurrection varsovienne de 1830-1832 écrasée par les armées du Tsar et du courant d’émigration polonaise vers la France, l’église de l’Assomption a été mise à la disposition des polonais réfugiés dans la capitale par l’archevêque de Paris. Elle est aujourd’hui le principal foyer religieux de cette communauté et le siège de la Mission polonaise en France.

L’église Notre-Dame de l’Assomption a été classée Monument historique par arrêté du 20 décembre 1907.

Au fil du temps...
1632 : Construction du cloître du couvent de l’Assomption par Clément II Métezeau (1581-1652).
1670-1676 : Construction de l’église d’après les dessins de Charles Errard (1606-1689), directeur de l’Académie de France à Rome.
1676 : Charles de la Fosse réalise la fresque de l’Assomption de la Vierge au sommet de la coupole.
1790 : La Révolution supprime les ordres religieux. L’église est utilisée comme magasin de décors de théâtre.
1802 : A la suite du Concordat (1801), l’église est rendue au culte et devient paroisse du premier arrondissement sous le vocable de la Madeleine.
1841 : L’église devient chapelle des catéchismes de la nouvelle église de la Madeleine et reprend son ancien vocable de l’Assomption.
1844 : Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, attribue l’église à la Mission Polonaise fondée en 1836 et installée au 263bis rue Saint Honoré.
1856-1857 : Première grande campagne de rénovation intérieure de l’Assomption
1898 : Destruction des restes de bâtiments conventuels pour l’édification de la Cour des Comptes.
20 décembre 1907 : L’église est classée au titre des Monuments Historiques.
1933 : Deuxième grande campagne de restauration intérieure de l’église.
1969-1971 : Troisième grande campagne de restauration intérieure de l’église.
2007 : Etude préalable pour la présente restauration intérieure de l’église
Septembre 2012 : Début du chantier de rénovation intérieure de Notre-Dame de l’Assomption.

Travaux et financement

Fin des travaux : 1e trimestre 2014 (durée totale des travaux : 14 mois)

Maîtrise d’oeuvre
Alain-Charles Perrot - Architecte en Chef des Monuments Historiques
Société d’Architecture A.C. Perrot & F.Richard
60, rue Saint-André-des-Arts - 75006 Paris

Financement et Mécénat
Financée par la Ville de Paris pour un budget total de 1 200 000 euros TTC (valeur de sept. 2013), la restauration intérieure de l’église Notre-Dame de l’Assomption a bénéficié du mécénat de la Fondation Sisley et de la Fondation du Patrimoine.
Elle a également reçu le soutien financier de la Direction Régionale des Affaires Culturelles en raison du classement de l’église au titre des Monuments Historiques.

Nature des travaux
Lot 01 : Nettoyage par application de compresses des parements pierre non décorés ; ragréages, raccords et bouchages des fissures ; création d’une ventilation en partie haute / Entreprise Pierre Noël
Lot 02 : Nettoyage de l’ensemble des moulures, cadres dorés et faux-marbres ; remise en valeur des caissons de la coupole peints en trompe l’œil / Atelier Meriguet-Carrere
Lot 03 : Restauration de la fresque de Charles de La Fosse et des tableaux (Suvée, Van Loo, Vien et Van Hagen) / Groupement Alina Moskalik-Detalle
Lot 04 : Restauration du retable du maître-autel (menuiserie d’art, ornements en carton-pierre ; polychromies et dorures) / Olivier Beringer SARL
Lot 05 : Restauration des 8 baies vitrées et révision de leur serrurerie / SARL Vitrail
Lot 06 : Mise en conformité des installations électriques ; éclairage de la coupole et restauration de la lustrerie ancienne / SEGPP

Eglise Notre-Dame de l'Assomption
Place Maurice-Barrès (angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Cambon)
75001 Paris

Source : paris.fr