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Les diocèses songent à installer des caméras dans les églises

Les responsables religieux cherchent des solutions contre la recrudescence des dégradations, vols, et occupations.

Le parvis de Notre-Dame de Paris après le suicide de l'essayiste Dominique Venner le 21 mai 2013.

À Lille, l'intendant de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille ne dort plus que d'un œil. Le 16 juillet dernier, son édifice a été victime de dégradations à coups de masse en plein cœur de la crypte. Pour éviter toute récidive, un système de sécurité a été installé en urgence. Sans en dévoiler tous les contours, l'intendant de la cathédrale ajoute que la pose de caméras de surveillance pourrait être « une solution future plus que probable ».

L'idée n'est plus tout à fait nouvelle, elle commence à circuler dans les couloirs des diocèses. À Orléans, plusieurs pères de famille qui voulaient protester contre la justice et les conditions de leur divorce ont grimpé sur le toit de la cathédrale. L'événement a constitué un déclic pour le recteur de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, qui a pris conscience de l'absence de sécurisation de son lieu de culte. À la préfecture du Loiret, le sous-préfet, Yann Drouet, affirme avoir été sollicité par le diocèse d'Orléans pour évaluer la possibilité d'un système de vidéosurveillance dans l'édifice. « C'est avant tout une réflexion de l'évêque, qui a mandaté le recteur de la cathédrale pour faire une expertise », explique-t-il. Mais, après le suicide d'une personne en plein cœur de Notre-Dame de Paris et en raison de la multiplication des vols d'objets précieux dans les lieux de culte, le sous-préfet souhaite effectivement que les édifices religieux se dotent de caméras de vidéosurveillance. « Ce sont aussi des lieux touristiques et, sur la sécurité, il y reste encore une grande marge de progression… Ils doivent pouvoir utiliser les mêmes sys­tèmes de sécurité Vigipirate que les autres monuments historiques », explique-t-il.

Ces problèmes de sécurité touchent également le diocèse d'Arras, et la commune de Berck, dans le Nord-Pas-de-Calais, qui a également demandé à la préfecture d'évaluer la possibilité d'équiper d'un système de caméras de surveillance les deux édifices de la ville, Saint-Jean-Baptiste et l'église Notre-Dame-des-Sables. « À Noël, cinq des personnages de la crèche avaient perdu leur tête. Et fréquemment, on se retrouve confronté à des vols de statues et de chandeliers », témoigne un ecclésiastique du diocèse. À l'autre bout de la France, à Perpignan, rien n'a été engagé après le pillage de 2007, durant lequel près de 80 % des objets de l'édifice avaient disparu. « C'était un véritable pillage du trésor liturgique historique et artistique de la cathédrale », se rappelle un bénévole de la paroisse perpignanaise, qui plaide ardemment pour l'installation de nouveaux systèmes de sécurité.

Toutefois, installer des caméras dans les édifices religieux de France pose la question du statut de ces monuments. Les terrains, qui appartiennent à l'État, sont concédés au Diocèse. Problème, « il y a souvent débat pour savoir qui paye… On aimerait bien que ce soit l'État », avance le fidèle du diocèse perpignanais. Le droit canonique, qui régit l'ensemble des lois et des règlements adoptés ou acceptés par les autorités catholiques pour le gouvernement de l'Église et de ses fidèles, semble toutefois charger l'Église de cette mission de protection. Au paragraphe 2 de l'article 1220, il est écrit: « Pour protéger les objets sacrés et précieux, il faut recourir au soin ordinaire de conservation et aux moyens appropriés de sécurité. »

Source : LeFigaro.fr

Consultez notre article du 9 juillet dernier sur ce sujet !