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Les jours sont comptés pour la grande mosquée (Bouches-du-Rhône)

Les responsables de l'association "la grande mosquée de Marseille" doivent impérativement démarrer les travaux s'ils veulent éviter que le bail avec la Ville soit caduc.

Tic-tac. Si le temps est une valeur relative, les cinq ans qui séparent la signature du bail emphytéotique entre la Ville et l'association Grande mosquée de Marseille arrivent à échéance à la fin du mois. Or, une clause du bail prévoit que les travaux doivent impérativement démarrer avant ce délai. Le temps est donc compté. Les responsables de l'association ont besoin d'un acte fondateur, ancré dans le concret, en lieu et place de la première pierre posée en 2010 et oubliée depuis. Ce sera le 27 juin prochain avec l'installation sur site d'un prototype de façade du bâtiment. "On a également besoin de prouver aux futurs investisseurs que le projet est réel. Pour cela, nous devons faire un premier geste qui lance les travaux", confirme Fatima Orsatelli-Jaldou, trésorière de l'association.

Pour les responsables du bureau, il s'agit de dissiper les mauvaises rumeurs qui hantent une mosquée toujours virtuelle. Une conférence de presse devrait donc être organisée pour donner plus de corps à la pose du prototype. "On y annoncera de bonnes nouvelles", reprend Fatima Orsatelli, qui ne souhaite pas en dire plus.

Du côté du président, on se fait plus disert. Sans doute parce qu'Abderrahmane Ghoul est régulièrement dans la visée des critiques. Ses détracteurs lui prêtent tous les défauts. Un récent article de La Provence faisait même état d'une enquête de la brigade financière qui viserait les comptes de l'association. L'imam Ghoul reconnaît l'existence des investigations : "Bien entendu qu'il y a une enquête, explique-t-il. Le procureur a reçu près de 50 lettres anonymes. Il est obligé de déclencher une enquête. Mais je suis tranquille. Nous n'avons rien à cacher ni sur les dons, ni sur les comptes". A mots couverts, il met en cause certains membres du bureau, proches de l'ancien président, Nourredine Cheikh, écarté en 2010, quelques mois après la pose de la première pierre.

"Ils préparent un fiasco"

L'intéressé refuse d'ajouter le moindre mot comme il l'a toujours fait depuis son éviction, se contentant de lâcher que "de toute façon, ils [ses successeurs, ndlr] préparent un fiasco". En défense, Abderrahmane Ghoul défend une ligne proche de la méthode Coué. "Je suis très, très optimiste. J'ai des contacts au plus haut niveau en Arabie saoudite et au Qatar. Cette fois-ci, il ne s'agit pas du consul ou de son adjoint. Ce sont des gens très haut placés. Comme on me l'a dit là-bas : face au prince, il ne reste plus que toi et ton ambassade". Ce n'est pas la première fois que l'on entend parler de ces deux pays comme de possibles financeurs. Auparavant, il a été question du Maroc et de l'Algérie sans que ces pistes ne se concrétisent durablement.

À la faveur du mois de ramadan, en juillet, l'imam de la rue de l'Académie prépare une nouvelle descente dans les pays du Golfe. Là encore, cette tournée d'été n'est pas une première. "Mais cette fois-ci, il s'agit de liens directs. Cela n'a rien à voir". A l'unisson de son alliée au bureau de l'association, l'imam Ghoul prend date pour un prochain rendez-vous. Sans doute à la fin du mois. "On a besoin de faire un coup médiatique", prévient-il. Là encore, le Qatar réapparaît dans la boucle de mots. Même si ce mot magique dans le foot comme dans le business ne suffit plus. La règle des 20% maximum attribué à chaque pays investisseur limite le recours à un bienfaiteur unique. "Cette règle, c'est nous qui l'avons voulue", rappelle Ghoul.

En attendant, le temps presse. Dans les bureaux de l'hôtel de ville, les langues se délient à l'envie et elles ne distillent pas que du miel. On y reparle comme au temps de la disgrâce de Soheib Bencheikh d'un "grand programme des petites mosquées" avec les projets du Plan d'Aou et de la Busserine. Surtout qu'une mosquée inachevée n'est pas bonne à mettre à un bilan politique ni dans la colonne débit, ni dans celle du crédit.

De son côté, l'architecte du projet, Maxime Repaux avance coûte que coûte après le temps perdu en recours : "Après l'installation du prototype sur site, nous lancerons le dossier de consultation des entreprises. Il faut à peu près cinq mois d'études. Dès que le dossier de consultation est achevé, l'entreprise désignée, on est susceptible de démarrer les travaux". Une date? L'architecte n'est pas optimiste à ce point-là : "Avec les gens de l'association, on s'est mis d'accord pour être sur les mêmes règles que dans la promotion immobilière. On ne démarre pas les travaux si on n'a pas 70% du financement".

Source : marsactu.fr