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Nouveaux vitraux en l'église Saint-Martin à Saint-Amand-les-Eaux (Nord)

C’est le plus grand chantier de création de vitraux confié à un seul artiste en Europe occidentale ces vingt dernières années. Les 680 m2 de verrières de l’église Saint-Martin de Saint-Amand-les-Eaux seront inaugurées ce vendredi (18 h) par Mgr François Garnier, l’archevêque de Cambrai. Rencontre avec le maître de lumière Luc-Benoît Brouard, qui y a consacré cinq années.

Eglise Saint-Martin de Saint-Amand-les-Eaux dans l'inventaire de l'OPR

De Luc-Benoît Brouard, Alain Bocquet avait lu cette maxime : « Semer du beau pour récolter du beau. » L’élu de Saint-Amand avait pour le maître verrier un grand projet : « Il m’a confié cette vieille dame. Ce lieu où il voulait faire se rencontrer le cultuel et le culturel, en plaçant l’humain au milieu. Après la restauration de la Tour, il y avait un grand besoin de création. »

« Je n’avais pas grand chose à prouver, ayant eu la chance de travailler aux quatre coins du monde. » Il n’empêche, le « gars du Nord » s’est senti investi d’une mission : « C’était une grande preuve de confiance, mais aussi un poids psychologique. » Raison pour laquelle, avant de se lancer, il a voulu écouter les gens, « prendre l’âme de chacun des Amandinois ». Et si les artistes sont souvent « individualistes ou paranos », lui s’est mis en demeure de faire une œuvre collective.

Le chantier devait durer trois ans. Mais création, maquettes, cartons ont déjà pris deux ans. Et trois se sont ajoutés pour la réalisation sur place. Soit 46 000 heures de travail, achevé par la protection des vitraux, prémunis du jaunissement. Les 14 verrières basses, avec l’alpha et l’oméga, ont été réalisées d’après les thèmes théologiques écrits par la commission diocésaine d’art sacré. Les verrières hautes devaient être blanches avec un simple liseret. C’est là que sont intervenus les élèves de l’école d’art : « Le thème théologique était trop compliqué pour eux. Je leur ai proposé de m’accompagner sur les verrières hautes. Ce serait leur œuvre. Nous avons travaillé sur le rectus et l’inversus. Les verrières s’ouvrent comme la Torah. C’est un rouleau de lumière que l’on déroule, sans début ni fin. » Cette création est restée à sa charge : « J’ai la chance de travailler par ailleurs pour des gens immensément riches, alors... »

« C’était mon atelier. On vivait dans le lieu. » Luc-Benoît Brouard y est revenu hier, habité d’un sentiment bizarre : « L’artiste s’efface, c’est comme une séparation. Au début j’avais besoin d’avoir envie de venir, mais maintenant j’ai un vrai besoin de revenir. » Nul besoin d’en dire plus : on devine que le « grand voyageur » restera marqué par son escale amandinoise.

Source : La Voix du Nord, 17/10/2013