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Radars et scanners au chevet de l'église de Villar-en-Val

Un architecte du patrimoine s’est penché sur l’état de santé de la petite église de Villar-en-Val. Avec le nec plus ultra des moyens techniques actuels, il a établi un diagnostic moins inquiétant que redouté.

Mais de quoi souffre donc l’église de Villar-en-Val ? Quelles sont les causes de ces fissures qui s’ouvrent un peu plus chaque mois sur la façade ouest et la font courir à sa ruine et ont conduit la commune à la fermer au public depuis un an et demi ? L’année dernière, le conseil municipal a décidé de financer une étude coûteuse (15 000 €, pris en charge à 40 % par la Drac) mais nécessaire à un architecte du patrimoine pour établir un diagnostic précis de l’état sanitaire de l’édifice. «Plutôt que de rafistoler un peu ici, colmater un peu là, nous avons voulu qu’un travail sérieux soit fait sur les pathologies de l’église», rappelle Magali Arnaud, maire du Villar.

Depuis un an, Frédéric Martorello a donc étudié la petite église sous toutes ses coutures, en surface et en sous-sol. Avec des moyens inédits. «Des techniques d’investigation dernier cri», explique l’architecte du patrimoine. Des relevés au scanner pour en savoir plus sur la densité. Des investigations au radar dont l’écho du signal envoyé permet de déduire si les murs sont pleins ou vides, si les mortiers sont entiers ou s’il n’en reste que du sable. Le sol a également été passé au scanner. Bref, de cette batterie de relevés et d’analyses il ressort un diagnostic et des préconisations, ainsi que de formidables enseignements sur l’histoire de ce monument inscrit au patrimoine.

Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que l’édifice est très déformé mais que ses faiblesses sont très localisées. Construite sur une sorte de crête recouverte d’une plateforme en argile tassée, la superstructure de l’édifice a été érigée au XIe siècle. La manière dont la façade ouest s’ouvre littéralement résulte donc de la courbure de ce sous-sol que même un remblai de 70 cm n’a pas empêché d’exercer une pression sur les murs.

Construite sur un sol bombé
Outre les désordres de l’édifice créés par l’hétérogénéité du sol, on sait aussi avec certitude que l’église était plus longue de 4,5 mètres, du côté de la petite route d’accès. Elle a donc été raccourcie. Elle possédait par ailleurs deux travées, et un puits sous la partie démolie.

Alors que faire ? Frédéric Martorello écarte l’hypothèse de gros travaux de maçonnerie. «L’église ne supporterait pas la pression du béton armé», argumente l’architecte. Il s’agirait donc de «contre-buter» le mur ouest, c’est-à-dire le renforcer à sa base par un contrefort. Et d’injecter entre les pierres disjointes un coulis de chaux. Comme un coup de Botox.

Au fond, estime Frédéric Martorello, «l’édifice continuera à bouger mais c’est sans grande gravité». Le coût des travaux pourrait s’élever à plus de 100 000 €. Une souscription a d’ores et déjà été ouverte, et Magali Arnaud souhaite faire appel à la Fondation du patrimoine ainsi qu’à des mécènes pour réaliser ce chantier que seule, la petite commune ne pourra pas assumer.

Une église «assez croustillante»
Selon les propres termes de l’architecte du patrimoine, l’église de Villar-en-Val est «assez croustillante». Depuis les XIe et XIIe siècle, époque de sa construction, l’histoire s’y est stratifiée de façon hétéroclite. Et pas seulement en raison d’une reconstruction au XVIIe ou au XVIIIe siècle. Ainsi l’intérieur, qui nécessiterait davantage de travaux de remise en beauté que l’édifice, selon Frédéric Martorello, se singularise par exemple par des fenêtres de maison devant lesquelles trônent des statues, un badigeon blanc, des plinthes peintes, des sols en terre cuite. Sans parler de son autel adossé au mur (le prêtre disait jadis la messe dos à l’assistance) en marbre et imitation marbre. «Il ne faut surtout pas toucher à cet intérieur singulier et mettre le paquet sur sa rénovation», pense l’architecte qui doit rendre sa copie - chiffrage et programmation de travaux (sans doute trois ans) - à la Drac et à la commune de Villar en juillet.

Source : ladepeche.fr