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Reims, la «cathédrale-martyre»

La cathédrale du sacre des rois de France est toujours en cours de restauration : les travaux sur la façade principale et sa grande rose centrale, très abîmée durant la Grande Guerre, ont commencé.

Notre Dame de Reims et les cicatrices de la Grande Guerre

Le 19 septembre 1914, des obus ont provoqué un incendie. Le foyer se trouvait dans des échafaudages en bois posés sur la tour nord, relayé par les bottes de paille entreposées dans la nef alors transformée en hôpital. Le feu fit éclater nombre de pierres et statues, exploser les vitraux de la grande rose centrale (12,50 mètres de diamètre), effondrer la charpente de bois, tandis que le plomb de la toiture en fusion s’échappa par les gargouilles…

Plus de 300 obus percèrent encore la voûte, et la « Cathédrale-martyre », dans une ville détruite à 85 %, deviendra symbole des ruines de la Grande Guerre.

Reconstruction et rénovation

Au lendemain de la guerre, l’État, aux côtés d’une société des « Amis de la cathédrale », et de fondations américaines (Rockefeller notamment) entreprend sa reconstruction.

Henri Denaux, architecte en chef des monuments historiques, consacra une partie de sa vie à faire renaître la cathédrale, et reconstruisit une charpente faite de lamelles de béton reliées de tenons en bois, selon une technique nouvelle pour l’époque.

Pour la façade, les maîtres-verriers rémois avaient pu récupérer une partie des précieux éclats de vitraux du XIIIe siècle (30 à 40 % de l’ensemble) et reconstituer ainsi la rose centrale, en la complétant de vitraux modernes. Certaines statues furent réparées et consolidées, notamment le célèbre et magnifique « ange au sourire » du XIIIe siècle, devenu l’emblème de Reims.

Mais jusqu’à aujourd’hui, aucun travail d’ensemble n’avait été effectué et la façade était restée en l’état : on y voit encore les traces du feu, rosées ou noires, les blocs de pierre éclatés, les statues manquantes, et les vitraux plus ou moins encrassés selon leur époque.

La dernière étape d’une restauration complète reste à faire.

Sous la responsabilité de la DRAC, l’association des « Amis de la Cathédrale », active depuis 1917, soutenue par la Fondation du Patrimoine, grâce au mécénat de la CGPA (société de réassurance professionnelle), a coopéré pour réunir les fonds (1 million disponible aujourd’hui, pour environ 3,5 millions d’euros à prévoir) et permettre de commencer la restauration.

Depuis le début de l’année 2014, un gigantesque échafaudage haut de 40 mètres a donc été installé, masquant la vue de la cathédrale. Derrière, et dans les ateliers de sculpture adjacents, les travaux s’échelonneront durant trois ans : une première tranche concernera les statues monumentales, notamment un ensemble David et Goliath, la Reine de Saba, un arbre de Jessé, les deux grands pèlerins d’Emmaüs, ainsi que le cordon des voussures… viendra ensuite la restauration de la rosace. Le choix a été fait de conserver certaines traces de la Grande Guerre.

Et, lorsque les délicates sculptures du XIIIe siècle ont disparu, de prendre pour modèle, dans la reconstitution des statues, les restaurations effectuées en 1906, afin de favoriser l’homogénéité de l’ensemble. Tous les éléments sculptés – visages et décors géométriques – seront numérisés en trois dimensions, ce qui est une première.

 

Source http://www.la-croix.com/Culture/Actualite/Reims-la-cathedrale-martyre-2014-04-17-1137590