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Une église détruite contre la volonté de la justice (Maine-et-Loire)

La Mairie de Gesté, en Anjou, a envoyé ses bulldozers en dépit de plaintes déposées par des administrés.

Les 2 600 habitants de Gesté (Maine-et-Loire) en ont les bras qui tombent. Des pelleteuses sont arrivées mardi en Anjou pour démolir leur église, immense édifice néogothique du XIXe siècle, situé au cœur de la ville. La population est d'autant plus sous le choc que la municipalité (PS), qui a voté la démolition en 2007 pour reconstruire une église moderne de taille plus modeste, s'est vu refuser le permis de démolir par les autorités administratives. L'Association Mémoire vivante du patrimoine gestois (AMVPG), constituée de 40 familles locales opposées au projet, avait en effet obtenu l'annulation du permis par la cour d'appel du tribunal administratif de Nantes, en février 2012. Décision confortée par le Conseil d'État qui, en décembre 2012, avait rejeté le pourvoi en cassation de la municipalité.

«Détruire le patrimoine est déjà scandaleux, mais des élus qui passent par-dessus les lois pour le faire, où est-on?», s'indigne Jean Woznica, secrétaire général de l'AMVPG. «Une destruction en toute illégalité» qui fait bondir l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR), qui recense cinq églises démolies en France depuis janvier, contre «cinq à dix pour toute l'année 2012», s'inquiète Maxime Cumunel, porte-parole de l'OPR.

Pour la municipalité, l'entretien et la restauration de l'église seraient un gouffre (3 millions d'euros) comparés à la démolition et à la reconstruction, estimées à 1,350 million d'euros. «Pour tuer son chien, on dit qu'il a la rage, témoigne un habitant. Ils ont surévalué les coûts, ignoré les subventions dans leurs calculs.»

Aujourd'hui, la Mairie explique qu'elle n'a «juridiquement pas besoin d'autorisation», même si le maire l'avait signée en 2007. «Dans le Code de l'urbanisme, une municipalité n'en a pas besoin, sauf si elle est imposée par une délibération du conseil, ce qui ne semble pas avoir été le cas, concède l'avocat de l'association en colère, Me Jean-Philippe Meschin. Reste que des juges ont tranché de manière définitive que l'église présentait assez d'intérêt pour ne pas être détruite. Le maire se fiche du monde, c'est un bras d'honneur au tribunal administratif, au Conseil d'État et aux habitants.» Quoique entérinée le 6 mai dans une délibération du conseil municipal, la non-nécessité du permis de démolir aurait dû être soumise au délai de deux mois exigé pour le «contrôle de légalité» par le préfet. «Le maire savait bien que je ne comptais pas m'y opposer, minimise François Burdeyron, préfet de Maine-et-Loire. Surtout, il y a un caractère d'urgence du fait du danger de l'édifice, conclu par le rapport d'un expert en octobre 2012.» Un référé de suspension est en cours pour stopper les pelleteuses et un appel à manifester jeudi devant leurs mâchoires a été lancé sur les réseaux sociaux par plusieurs associations, auxquelles se joindrait le Printemps français.

Source : lefigaro.fr

Fiche de l'OPR sur l'église de Gesté : ici