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Vallée des fresques : le trésor bien caché de Jouhet (Vienne)

Dans l’ombre de l’abbaye de Saint-Savin, une petite chapelle d’aspect austère, à Jouhet, dissimule un remarquable concentré de fresques médiévales.

Aurore Mollé, responsable de l'action culturelle de l'EPCC Abbaye de Saint-Savin-Vallée des Fresques, présente cet édifice discret mais pourtant exceptionnel.
 

La chapelle funéraire Sainte-Catherine fut édifiée en 1476 par le curé Pierre du Boschage. Dédiée à la Vierge, à sainte Catherine et à tous les saints, elle fut probablement construite afin de remplacer une construction plus ancienne. D'une architecture très simple, elle est constituée d'une salle rectangulaire couverte d'une voûte en berceau brisé, et éclairée par deux étroites fenêtres percées à l'est. La voûte est ornée de peintures datant de la fin du XVe siècle. Elles auraient été commandées, selon des études récentes, par Pierre du Boschage, et non Jean de Moussy comme indiqué dans de nombreuses publications. La chapelle était entièrement dédiée aux cérémonies religieuses funéraires. Classée monument historique en 1906, elle a été achetée par la Société des Antiquaires de l'Ouest en 1922 qui l'a cédée pour le franc symbolique à la commune en 1990.

Des peintures remarquables

Dès l'entrée, le visiteur est frappé par l'extrême beauté des peintures de la voûte et du chevet. Il faut souligner le sens du détail dans ces représentations et des différences de facture : il y avait probablement deux artistes. Au nord, des scènes de l'Ancien Testament : la Genèse, Adam et Eve, la Tentation. A l'opposé, le Nouveau Testament : Annonciation, Annonce aux Bergers, Nativité.

Une réflexion sur la condition humaine dans le prisme de la foi

Une des fresque représente des squelettes. C'est le « Dit des trois morts et des trois vifs » : trois jeunes et riches chevaliers partent à la chasse avec meute et faucon, faisant un tel tumulte qu'ils réveillent trois morts. Les squelettes sortent de leur tombe et s'adressent aux vivants : « Ce que vous êtes, nous l'avons été ; ce que nous sommes, vous le serez ». C'est une réflexion sur la brièveté de la vie, une mise en garde contre les vanités de l'existence terrestre. Elle suscite la crainte du Jugement Dernier représenté à l'opposé. Les thèmes de la voûte nord évoquent le mal et la mort. Ils trouvent leur antidote au versant sud. Le registre du chevet, à l'Est, assure la continuité : la Vierge Marie, les Saints, et au dessus le Christ en majesté, entouré des symboles des quatre évangélistes.

Parmi ces fresques, on retrouve également le portrait du curé commanditaire, aux côtés de Sainte-Catherine d'Alexandire, représentée avec la roue dentée de son supplice, accompagnant les Rois Mages venus adorer l'enfant Jésus.

Le curé à l'origine de la chapelle et des fresques s'est fait représenter avec Sainte-Catherine et les Rois Mages.

Des peintures récemment restaurées pour plus d'éclat

Les peintures ont été réalisées selon la technique de la détrempe consistant à appliquer les pigments sur un support sec, procédé réputé moins durable que celui dit « a fresco » (sur enduit humide) de la fresque classique. Les peintures étaient très encrassées et les petits détails devenus invisibles. La restauration a été menée en 2005 dans le cadre d'un programme de sauvegarde sur l'ensemble de la Vallée des Fresques : elle a consisté à faire ressortir les lacunes « a trateggio », une technique de la retouche en hachure.

Edifice à  rapidement découvrir, toute l'année !

Source : LaNouvelleRépublique.fr