À Marseille, une chapelle intégrée dans un corps de ferme est en grand danger ! Halte à la démolition ! — Observatoire du patrimoine religieux

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À Marseille, une chapelle intégrée dans un corps de ferme est en grand danger ! Halte à la démolition !

4 avril 2018

À Marseille, dans le XIIème arrondissement, une vaste opération immobilière risque de détruire un ensemble rare: une ancienne ferme bastidaire et sa chapelle attenante, datant du XVIIIème siècle.
En France, l'avidité des promoteurs immobiliers doit-elle passer avant la protection d'un patrimoine témoin de la vie rurale grignoté par nos grandes villes? L'OPR soutient les défenseurs de la chapelle et de la ferme de Bois-Luzy.

À Marseille, une chapelle intégrée dans un corps de ferme est en grand danger ! Halte à la démolition !

Chapelle de Bois-Luzy@Catherine L.

Dans le XIIème arrondissement de Marseille, à quelques encablures de la Canebière, 28 boulevard Louis Mazelier, une ancienne ferme bastidaire vendue à Kauffman&Braud risque de disparaître pour faire place à un immeuble de trois étages et de 52 logements.

 

La Chapelle de Bois-Luzy du XVIIIème siècle va t-elle subir le même sort que celui de la Capelette?

bois-luzy.jpgIl s'agit ici d'un terrain de 1000m² sur lequel est implantée une ancienne ferme bastidaire dont le dernier propriétairte est décédé il y a quelques années. À cette ferme est accolée une chapelle, fait assez rare, de plan allongé, avec façade en pignon, corniche et génoise. L'intérieur renferme de belles dalles, que l'on retrouve dans le corps de ferme, ce qui laisse penser que l'on est peut-être en présence d'un ancien prieuré. Sur le terrain poussent encore des mûriers, sans doute rescapés de la propriété de la belle bastide voisine de Gaillard. C'est la famille Elléon - d'anciens laitiers - qui avait récupéré ces terres sur lesquelles ont poussé des vignes produisant le vin des galères de Louis XIV, appartenant à Joachim de Gaillard, un des premiers maires marseillais.

Et tout ce patrimoine, témoignage de la vie paysanne aux abords de Marseille pendant des siècles, devrait disparaitre?

La chapelle de la Capelette a déjà été rasée, ne continuons pas sur cette lancée!

Les archives et sources sont nombreuses, comme un un plan de 1791 qui décrit un « ensemble avec remise, cellier, chapelle avec trois allées de mûrier ».

 

Ne laissons pas les promotteurs détruire les témoins de notre passé dans l'indiférence générale!

Un permis de construire affiché de façon très "discrète", voire cachée, n'a pas permis aux riverains d'engager des recours.

Un courrier envoyé à la mairie de Marseille et à celle de secteur est resté sans réponse.

Le Comité du Vieux Marseille, déjà submergé par des dossiers "compliqués", tel celui de la récupération d'une partie de la pinède de Luminy, pourtant classée, pour un agrandissement de l'école de commerce Kedge, n'a pu saisir ce dossier à bras le corps.

Une prise de conscience salutaire

Heureusement une habitante du quartier, Catherine L., enseignante en histoire et philosophie, passionnée par le patrimoine marseillais, qu'il soit architectural ou emblématique de la vie du terroir local, a lancé une pétition, déjà signée par près de 6300 personnes!

Monsieur Bévérini, de l'Académie de Marseille, a contacté personnellement le maire de Marseille pour une prise de conscience.

L'historien Georges Raynaud l'a signée et déplore la manœuvre, la députée Alexandra Louis prend le sujet à cœur, Anne Daflon la présidente du CIQ de Bois-Luzy s'en émeut aussi, déplorant la grande erreur de ne pas l’avoir repérée sur le PLU.

L'OPR soutient les personnes qui veulent défendre ces bâtiments religieux et fermiers, intimement liés.

Une réunion avec la DRAC n'a pu se réaliser jusqu'à présent, jugeant le bâtiment trop simple, mais une prochaine réunion devrait avoir lieu, avec les promoteurs.

 

Dans l'immédiat, il s'agit d'empêcher la destruction de la chapelle et de la ferme, avant que toute recherche archéologique et historique ne soit effectuée.

Ce n'est alors qu'en connaissance de cause qu'un nouveau projet pourrait alors prendre forme dans le respect du bâti et de son éventuelle restauration, en y intégrant des logements dans l'existant et dans le parc. Il est certain que la demande de logements est forte à Marseille et une solution mieux adaptée doit  pouvoir émerger  dans ce quartier pavillonnaire.

Signer la pétition ici

Article La Marseillaise, 21/01/18,

Article France 3, 28/01/18

 

Bernadette Saint Georges Chaumet, 04/04/18

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