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ACHAT D'EGLISE OU DE CHAPELLE PAR DES COMMUNES A DES PARTICULIERS:LE CAS DE TROIS ÉDIFICES NORMANDS

15 mars 2018

Eglise à vendre, chapelle fermée pour cause de péril….Qui n’a pas lu ou entendu cette petite phrase dans les journaux, à la radio ou à la télévision ! Cela peut devenir hélas banal ; alors, le rachat d’un édifice religieux par une commune ne passe pas de manière anodine. Cécile Harat, étudiante à Paris I et actuellement stagiaire à l’OPR travaille sur l’inventaire du Calvados (14) ; elle a été intriguée par le rachat de chapelle et d’église par certaines communes.

ACHAT D'EGLISE OU DE CHAPELLE PAR DES COMMUNES A DES PARTICULIERS:LE CAS DE TROIS ÉDIFICES NORMANDS

Eglise Saint-Pierre de Mirbel de Biéville-Quiéteville

 Eglise à vendre, chapelle fermée pour cause de péril….Qui n’a pas lu ou entendu cette petite phrase dans les journaux, à la radio ou à la télévision ! Cela peut devenir hélas banal ; alors, le rachat d’un édifice religieux par une commune ne passe pas de manière anodine.

Cécile Harat, étudiante à Paris I et actuellement stagiaire à l’OPR travaille sur l’inventaire du Calvados (14) ; elle a été intriguée par le rachat de chapelle et d’église par certaines communes.


Dans le département du Calvados, une église et deux chapelles ont été, ces dernières années, rachetées par la commune à des particuliers. Une situation qui paraît improbable, étant donné le poids financier que représente l’entretien des édifices religieux pour les communes ( Rappelons que pour les églises catholiques construites avant 1905, la commune est encore propriétaire de l’édifice et doit assumer son entretien. Certains maires sont de ce fait parfois soulagés de s’en débarrasser). Ce phénomène est en fait, dans la majorité des cas, le fruit d’une prise de conscience par la commune de son patrimoine et de la nécessité de le sauvegarder ; prise de conscience souvent portée par les habitants eux-mêmes, très attachés à leur patrimoine local.


auquainville.jpgLa chapelle Saint-Aubin de Auquainville, la chapelle de Torp de Villers-Canivet, et l’église Saint-Pierre de Mirbel de Biéville-Quiétiéville ont toutes les trois été cédées, pour un euro ou gratuitement, à la commune. Nous pouvons constater que chacun de ces édifices est inscrit au titre des Monuments Historiques, ce qui nous amène à penser que dans ce cas, cela est principalement pour une raison de protection et mise en valeur du patrimoine que la commune a accepté la propriété de l'édifice.


torp1.jpgLa chapelle de Torp, qui date des XIIe-XIIIe siècle, est achetée par la commune après un constat alarmant, effectué en 2000, sur l’édifice qui menace de s’effondrer. C’est pour la somme symbolique d’un euro le 26 juin 2006 que la commune de Villers-Canivet rachète l’édifice. Des projets de restauration ont directement suivi, ainsi que son inscription au titre des Monuments Historiques.


L’église Saint-Pierre de Mirbel de Biéville-Quiétiéville date de la même époque quemirbel.jpg la précédente. Son état fut fortement dégradé durant la Seconde Guerre Mondiale, d’où son inscription au titre des Monuments Historiques en 1948. Malgré cela, l’église se dégrade peu à peu et devient une ruine, jusqu’à ce qu’elle soit rachetée pour un franc en 1979 par la famille Steeg. Les propriétaires parviennent à la restaurer et à la sauver, mais finissent par la rétrocéder pour un euro à la commune en 2013.


auquainville.jpgEnfin, la chapelle Saint-Aubin de Auquainville, dont la construction remonte au XVe siècle, fut achetée au diocèse en 1921 par la famille Bonnardel, qui elle-même l’a cédée à la commune en janvier 2007. Par la suite l’église fut inscrite au titre des Monuments Historiques. Elle devint également la chapelle funéraire de la famille de Custine. Le marquis de Custine y est enterré et avait participé de son vivant au financement des réparations de l’édifice. Aujourd’hui la chapelle est régulièrement restaurée.


Nous avons donc trois situations où l’acquisition d’un édifice par la commune est réalisée dans un but de conservation et d’entretien lorsque ce dernier est fortement menacé. Les propriétaires ne sont pas en mesure d’assurer toutes les restaurations nécessaires. Cette pratique est particulièrement pratiquée en Normandie, où les communes semblent très sensibles à leur patrimoine religieux.

 

                                       Claire Danieli et Cécile Harat (stagiaire à l'OPR) 15/03/18
 

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