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Eglises de Paris : les élus s'engagent !

13 mars 2014

L'OPR mène une campagne de sensibilisation autour de l'état catastrophique des églises de Paris. Après avoir suscité l’intérêt de nombreux médias, elle mobilise aujourd'hui les élus parisiens.

Alerte sur les églises de Paris

Rappel des faits : 73 millions de touristes visitent chaque année Paris et en particulier nos églises, véritables musées à ciel ouvert. À l’heure où les Américains dénoncent l’état calamiteux de Saint-Merri et de Notre-Dame-de-Lorette, l’Observatoire du Patrimoine Religieux et SOS Paris dénoncent l’état d’urgence des 96 lieux de cultes apartnant à la Ville de Paris. À quelques mois des élections municipales, ces deux associations interpellent les candidats sur l’avenir du patrimoine religieux de la capitale. Cliquez ici pour en savoir plus

Précisions :

  • l'OPR ne prend parti pour aucun candidat et est pret à répondre aux demandes de tous les élus parisiens,
  • l'entretien et la restauration des 96 édifices cultuels de la Ville de Paris ne figurent pour le moment ni dans le projet de Madame Hidalgo, ni dans celui de Madame Kosciusko Morizet.

Des élus s'engagent

Mars 2014

À deux semaines des municipales, l'OPR dresse un état des lieux des engagements des différents mouvements candidats à la mairie de Paris. En janvier 2014, en collaboration avec l'association SOS Paris, nous avions envoyé un courrier à l'ensemble des candidats les appelant à s'engager autour de trois axes prioritaires pour la préservation du patrimoine cultuel le plus important de France :

  • Publier la liste exhaustive des bâtiments religieux appartenant à la Ville de Paris
  • Publier en 2014 un état des lieux précis avec calendrier et montant
  • Tripler le budget consacré au patrimoine religieux (passer de 66 millions € au cours de la mandature qui s’achève à 200 millions €)

Ces points reprennent le Cri d'alarme que nous lançions en octobre dernier.

Voici un récapitulatif des différents engagements recueillis (par ordre alphabétique) :

 

Europe Écologie les Verts

Leur programme :

« La valorisation des atouts de Paris par l’ouverture de ses espaces publics et la création de nouveaux usages permettront une réappropriation pour tous/tes. Pour renforcer l’attractivité de la Ville, nous développerons la promotion et l’accès au patrimoine architectural, artistique et culturel, ainsi qu’aux espaces naturels (jardins, parcs, plan d’eau, etc.).
82. Favoriser la promotion de Paris et de son histoire par des signalisations dédiées
»

Notre commentaire :

Ce programme propose de proposer de développer la signalétique alors que le patrimoine, notamment cultuel, s’effondre. Aucun chiffrage n’est proposé.

 


 

Front de Gauche

Leur programme :

« Mettre un terme à la politique de vente du patrimoine culturel de la Ville. »

Notre commentaire :

Aucun engagement concernant l’entretien du patrimoine, encore moins le patrimoine cultuel.

 


 

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Front National

Leur programme :

« Mettre en place une politique de restauration des monuments et plus particulièrement les églises appartenant à la ville de Paris. »

Notre commentaire :

Un engagement allant dans le bon sens, mais dénué de tout chiffrage donc de toute crédibilité.

 


 

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Paris Libéré

Leur programme :

« Publier la liste exhaustive des bâtiments religieux appartenant à la Ville de Paris, non seulement sur le site de la Mairie mais aussi sur chacun des édifices.
Demander au Conseil de Paris de voter le triplement du budget affecté au patrimoine religieux : passer de 66 M€ (dotation de l’actuelle mandature) à 200 M€.
Affecter prioritairement cette dotation aux églises de St Philippe du Roule, de la Madeleine et de Saint Augustin, dont la facture pourrait s’allonger si rien n’est fait d’urgence.
Agir de concert avec les associations locales (ex : « Les Amis de St Augustin » bien renseignés sur l’état des lieux) ainsi qu’avec la Fondation pour l’Avenir du Patrimoine afin d’établir un partenariat plus large qui associe le secteur privé à la restauration des bâtiments cultuels. »

Notre commentaire :

Charles Beigbeder a personnellement rencontré l’Observatoire du Patrimoine Religieux et s’est engagé à respecter nos propositions. Elles figurent, ainsi, de façon lisible dans le programme des listes de cette étiquette.

 


 

Parti Socialiste

Leur programme :

« J’engagerai un ‘plan église’ pour que des églises de la capitale soient restaurées de manière optimale. J’amplifierai la restauration de notre patrimoine civil et religieux, symbole de notre histoire et vecteur de notre mémoire. »

Notre commentaire :

La candidate socialiste évoque un « plan église » et un budget de 80 millions sur l’ensemble de la mandature. Néanmoins, ce chiffre n’apparaît pas dans le programme et constitue une somme dérisoireau regard des 200 millions d’euros nécessaires. Rappelons que la liste sortante peut être tenue pour responsable de l'état des lieux du patrimoine de la ville, étant au pouvoir depuis 12 ans.

 


 

Union pour un Mouvement Populaire

Leur programme :

« Nous voulons également valoriser notre patrimoine, ce qui suppose d’entretenir nos chefs d’œuvre architecturaux. Un plan d’urgence sera engagé pour que la ville assume enfin ses responsabilités pour l’entretien de son patrimoine. Cela est particulièrement évident pour les édifices cultuels pour lesquels un état des lieux de la situation permettra d’intervenir en priorité sur ceux qui ont été les plus délaissés. Un site internet coopératif par quartier sera développé, permettant notamment des accès aux archives municipales ou nationales et favorisant l’accès à l’information historique. »

Notre commentaire :

À la suite de notre lettre, la candidate de l’UMP a pris soin de répondre par l'affirmative à nos 3 engagements. C'est, par ailleurs, la seule candidate à avoir répondu à notre lettre. Elle reprend, ainsi, à son compte nos propositions.

 


 

Février 2014

Anne Hidalgo promet 80 millions d'euros pour les églises de Paris (source : Le Point). Cette somme, supérieure au niveau de dépense actuel, reste très inssufisante par rapport aux besoins.

Nathalie Kosciusko-Morizet ne prend encore aucun engagement financier mais promet, dans son projet, de "restaurer le patrimoine architectural et en particulier les lieux de cultes qui dépendent de la ville de Paris" (source : le projet de la candidate)

Le 13 novembre : la Ville de Paris publie un communiqué de presse rapellant les travaux et budgets alloués depuis l'an 2000.

Réaction de la Ville de Paris au sujet de sa politique patrimoniale en matière d’entretien et de gestion des édifices cultuels parisiens
Alors que plusieurs associations dénoncent inopinément l’action de la Ville de Paris sur l’entretien et la gestion des édifices cultuels qui lui incombe, la Ville tient à rappeler les faits suivants :
La Ville est propriétaire de 96 édifices affectés aux cultes dans le cadre statutaire de la loi de 1905 et de la législation qui en découle. 130 orgues y sont conservés et environ 40 000 oeuvres d’art, également propriété de la Ville, y sont inventoriées. En 2001, la municipalité a créé une délégation chargée du patrimoine, distincte de celle de la culture, permettant ainsi de mieux identifier les besoins et les budgets propres à ce domaine.

Constatant en 2001 le mauvais état général du patrimoine cultuel, la Municipalité a augmenté fortement le budget qui lui était consacré : le montant des crédits investis est passé de 27,43 millions d’euros comptabilisés entre 1996 et 2000 (soit une moyenne de 5,48 M€ par an), à 150 millions d’euros entre 2001 et 2014 soit 10,8 millions investis par an. Ainsi depuis 2001, outre de nombreuses petites interventions préventives ou curatives, pas toujours très apparentes mais indispensables à la préservation des édifices, ont été réalisées par la Ville de Paris :

  • 30 opérations de restauration de toitures parmi lesquelles Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (2e), Saint-Merri (4e), Saint-Sulpice (6e), La Madeleine (8e),
    Saint-Joseph-des-Nations (11e), Saint-Jean-Baptiste de Grenelle (15e), Notre-Dame-de-la-Croix (20e),
  • 33 opérations de restauration de façades dont les façades principales de
    Saint-Roch (1er), l’Oratoire du Louvre (1er), Saint-Gervais-Saint-Protais (4e),
    Saint-Paul-Saint-Louis (4e), temple du Marais (4e), Saint-Julien-le-Pauvre (5e), temple du Saint-Esprit (8e), Sainte-Marguerite (11e), Saint-Eloi (12e) et
    l’emblématique tour Saint-Jacques (4e),
  • 12 opérations d’ensembles complets de façades et toitures, comme le flanc
    sud (chapelles et collatéraux) de Saint-Eustache (1er), Sainte-Marie-des-
    Batignolles (17e), le temple de Belleville (20e),
  • 8 restaurations complètes de parements et décors intérieurs dont le temple de Pentemont (7e), la basilique du Sacré-Coeur (18e) et Notre-Dame-de-la-Croix (20e),
  • 53 édifices ont fait l’objet d’un audit de leurs installations électriques et de
    sécurité anti-incendie puis de travaux de mise en conformité, voire de
    rénovation de leur éclairage comprenant la restauration des luminaires
    anciens.

Concernant l’Eglise Saint-Merri et l’église Notre Dame de Lorette qui ont fait l’objet
d’article de presse ces dernières semaines, quelques précisions :

  • Pour l’Eglise Saint-Merri : la Ville a investi depuis 2012, 1,17 M€ (travaux sur le chevet, restauration des baies sud, restauration de la façade principale dont le chantier a démarré en octobre),
  • Pour l’église Notre-Dame de Lorette : grâce à la mise hors d’eau de l’édifice
    au début des années 2000 et au sauvetage simultané de certaines peintures par la pose de papier de protection, la restauration des peintures estaujourd’hui à l’ordre du jour. Le premier chantier concernant la voûte en culde- four de l’abside, peinte en 1836 par Edouard Picot, s’est achevé en juillet 2013. Le reste des travaux à effectuer sur les décors a été estimés à
    800 000 € pour la coupole du choeur, la chapelle des funérailles, la chapelle
    des mariages et la chapelle des baptêmes. Un dossier de mécénat a été
    déposé en septembre auprès du World Monument Fund.

S’il faut poursuivre le travail engagé depuis 13 ans, il est particulièrement faux de
présenter les églises parisiennes comme dans un état de délabrement complet et
plus encore d’annoncer que le budget de la ville consacré à l’entretien des édifices cultuels a été divisé par trois sur les dix dernières années.

Réponse de l'OPR : Nous réiterons notre propos sur le fait que

  • 10 églises au moins à Paris sont dans un état grave, necessitant au moins 500 millions d'euros de travaux sur les 10 ans à venir. Une grosse partie des 86 autres batiments de la ville necesite des travaux de restauration, de nettoyage ou d'entretien conséquents. 
  • le budget a baissé depuis l'époque de Jacques Chirac (100 millions de francs en 1994), et qu'il a baissé de 27 % entre les deux mandatures de Bertrand Delanoe en dépit de l'état grave de ces édifices et alors que le budget global de la ville a largement augmenté.
  • la Ville de Paris n'a aucune excuse, étant 1) la collectivité la plus riche de France, 2) disposant de personnels d'une très grande compétence et 3) étant la commune de France qui dépense le moins pour son patrimoine religieux (en moyenne 5.5€ par habitant et par an soit 0.18% de son budget).

Le 13 novembre, le Front de Gauche, représenté par Alexis Corbière, demande une réduction du budget alloué aux 96 édifices cultuels de la Ville de Paris.

Le 13 novembre, Pierre-Yves Bournazel, porte parole de campagne de Nathalie Kosciusko Morizet, a prononcé le discours suivant au Conseil de Paris

"Monsieur le Maire,

Je me réjouis du classement de l’église Saint-Jean-de-Montmartre au titre des monuments historiques. Face à la place des Abbesses, elle est une image singulière du 18ème arrondissement. Une image singulière aussi dans la capitale, par sa construction en briques rouges qui lui donnent cette architecture si spécifique. En 2009, la Ville avait rénové durant quinze mois son orgue : la voilà donc prête à faire son entrée parmi les monuments classés de notre patrimoine.

Je m’en réjouis, et pourtant, je ne peux cacher une certaine tristesse devant l’état général du patrimoine cultuel parisien. Quelle tristesse quand on assiste à la dégradation de l’église Saint-Philippe-du-Roule, de la Madeleine, de l’église Saint-Augustin, de Saint-Jean de Belleville, de Saint-Severin…Malheureusement la liste est encore longue !

En vertu de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905, la mairie de Paris est propriétaire de 96 édifices culturels (et pas seulement catholiques). La charge d’entretien de ces bâtiments s’inscrit ainsi pleinement dans le cadre du principe de laïcité et de respect de toutes les religions. Mais, au-delà de la loi de 1905, il s’agit avant tout d’un patrimoine architectural et historique qu’il convient de préserver. Pour Paris, c’est un héritage qu’il faut transmettre. Il raconte l’histoire de la capitale à travers les siècles : ces églises sont un peu « l’âme de Paris ».
Avant d’être des lieux de culte, ce sont des œuvres de culture. Le premier devoir de la culture, c’est d’abord de transmettre. Ces chefs-d’œuvre n’ont pas vocation à devenir des chefs-d’œuvre en péril. En tant que tels, ils méritent une place essentielle dans la politique culturelle de la Ville. Quelle image donnerions-nous de nous-mêmes en laissant ces splendeurs se transformer en vestiges poussiéreux, aux façades écornées et aux toitures ouvertes aux intempéries ? C’est le visage même de Paris qui s’en trouverait défiguré !

Il ne s’agit pas d’opposer la vitalité culturelle de demain et le patrimoine historique de notre capitale. Il s’agit de lui redonner sa juste place afin qu’il continue d’être bien vivant. Or, aujourd’hui, il faut bien reconnaître que ce patrimoine se dégrade de plus en plus vite parce que sa place est reléguée au dernier rang de la politique culturelle.

Madame Pourtaud, je sais que vous n’allez pas être contente, et que vous allez me dire que JAMAIS un effort aussi grand n’a été fait pour l’entretien des églises parisiennes. Que vous avez rénové Saint Sulpice et la Tour Saint-Jacques. Qu’en 12 ans vous avez participé à une quarantaine de chantiers…Bref, qu’avant vous, il n’y avait rien et que les églises étaient des ruines !
Mais, il faut se rendre à l’évidence, entre la première et la seconde mandature le budget consacré à l’entretien et la rénovation du patrimoine religieux a baissé de 27%. La réalité, c’est celle-ci : il a baissé de près d’un tiers, alors même que le budget global de la Ville a augmenté fortement au cours de ces 12 dernières années.

Vous-mêmes, vous êtes gênée face à ce constat en tenant un discours contradictoire :
Un jour, vous dîtes que « La situation des églises de la capitale n'est pas alarmante, nous ne sommes pas dans l’urgence » ; et un autre, "que nous sommes obligés de prendre les chantiers par ordre d'urgence" . La vérité, c’est qu’il y a bien une multiplication des situations d’urgence. La vérité, c’est que qu’au sein du budget culture, vous ne disposez pas de l’enveloppe nécessaire pour faire face à une dégradation qui s’accélère. La vérité, c’est que vous devez vous résoudre à poser des rustines ici et là.
L’exemple de l’état de vétusté de l’église de Saint-Philippe-du-Roule est criant : A tel point qu’elle est aujourd’hui recouverte d’un grand parapluie pour éviter que la pluie ne pénètre à l’intérieur – une structure temporaire de 700 000€ sans que soient prévus des travaux de toiture à ce jour.

Mes collègues de l’UMP ont déposé un vœu pour que l’entretien et la rénovation du patrimoine religieux redeviennent une priorité d’action accompagnée des moyens financiers adéquats. Puisque nous sommes au moment des orientations budgétaires, nous vous engageons à prendre vos responsabilités. De notre côté, dès mars 2014, nous mettrons en œuvre une politique active de rénovation des 96 édifices religieux de la Ville, qui sont autant de « petits chefs-d’œuvre à portée de main » disséminés dans les différents quartiers de Paris."

Le 12 novembre 2013, plusieurs élus UMP déposent un voeu au Conseil de Paris

"Considérant l’importance du patrimoine cultuel dans la capitale, à la fois au titre des cultes et au titre de la culture,

Considérant qu’il est de notre devoir de transmettre ce patrimoine exceptionnel aux générations futures,

Considérant notamment l’état alarmant de certains édifices cultuels parisiens et le manque d’entretien, déjà dénoncé par notre groupe devant le Conseil de Paris,

Considérant en particulier le sort d’églises telles que Saint Merri, Notre Dame de Lorette, Saint Augustin, Saint Philippe du Roule, la Madeleine pour n’en citer que quelques-unes,

Considérant qu’une grande association non gouvernementale internationale, le World Monument Fund, vient même de s’en alarmer et de dénoncer cet état de fait afin de contribuer à la sauvegarde de chefs d’œuvre architecturaux gravement menacés,

Considérant que, depuis 2001, l’état des édifices cultuels s’est aggravé, que le budget alloué à l’entretien et à la restauration des églises a diminué alors que le prix des travaux a augmenté,

Considérant que certains travaux ne font que pallier les risques immédiats sans envisager de solution pérenne, et que la facture augmente à mesure que les restaurations sont repoussées,

Considérant que la restauration et la remise en état du patrimoine cultuel parisien doivent faire l’objet d’un plan pluriannuel d’investissement,

Laurence Douvin, Vincent Roger, Delphine Burkli, Brigitte Kuster, François Lebel, Pierre Lellouche, Hélène Macé de Lepinay, Martine Mérigot de Treigny et les élus du groupe UMPPA émettent le vœu :

  • que le dossier de la restauration des édifices cultuels à Paris fasse l’objet d’une concertation avec toutes les parties concernées y compris le recours au mécénat privé,
  • qu’un audit complet du patrimoine cultuel de la ville soit réalisé afin d’établir les priorités,
  • que des crédits d’investissements supplémentaires soient inscrits au budget primitif 2014 en vue d’une restauration et d’une remise en état d’envergure des édifices cultuels parisiens."

 

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