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LA BASILIQUE DE SAINT- DENIS VA RETROUVER SA FLECHE

3 avril 2018

Le coup d’envoi de la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis a été donné samedi 17 mars. La ministre de la Culture Françoise Nyssen souhaite que la nécropole des rois de France devienne « aussi reconnue que Notre-Dame de Paris ».

LA BASILIQUE DE SAINT- DENIS VA RETROUVER SA FLECHE

Basilique Saint-Denis (vers 1817) par le peintre Etienne-Joseph Bouhot (musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis).

 ph1.jpgAprès trente ans de flottement, le gouvernement avait donné son feu vert au projet de reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en février 2017. Le coup d’envoi vient d’être lancé samedi 17 mars. Évalués à 20 millions d’euros, les travaux, qui devraient durer au moins dix ans, seront financés grâce au mécénat et aux visites du chantier.

 

Modalités du projet de remontage de la tour

Une convention cadre a été signée le 24 mars 2018 à Saint-Denis par l’ensemble des acteurs du projet. Elle définit les modalités du projet remontage de la tour Nord qui a dominé la ville du haut de ses 86 m de haut de 1219 à 1846. Dans ce document de cinq pages, l’association « Suivez la flèche »s’engage à assumer le financement et la maîtrise d’ouvrage de la phase de reconstruction, sous l’égide de l’Etat. « Le projet ne coûtera pas un euro au contribuable, puisque le chantier va s’autofinancer avec les visites payantes », assure son vice président Luc Fauchois. Ces visites payantes, d’un montant de 8 €, doivent débuter en mars 2019, le temps que des travaux pour consolider le massif occidental, sur lequel reposera la tour, soient réalisés. Objectif : attirer 300 000 visiteurs par an jusqu’en 2029. Actuellement la basilique n’attire que 130 000 visiteurs dont 10% de scolaires (en comparaison Notre-Dame de Paris est 100 fois plus visitée).

 

Découverte du chantier par le public

Le public pourra découvrir et suivre pas à pas les métiers historiques des compagnons (ferronniers, charpentiers…) en grimpant dans l’échafaudage de visite, et même échanger avec eux. Au pied de la basilique, un atelier de taille de pierre sera proposé.

Un mini-village prendra place sur l’îlot du Cygne, vestige de la cité médiévale, à quelques pas de la basilique. « Des tentes seront installées pour y accueillir des artisans » reprend Francis Dubrac, qui est aussi président de l’office de tourisme de Plaine commune : tissage, teinture traditionnelle, tannerie, tabletterie, fabrication d’enseignes et d’outils. « Ce sera foisonnant et ludique », promet Luc Fauchois.
 

Un peu d'histoire...

peinture2.jpgConstruite au début du XIIIe siècle, la flèche de Saint-Denis fut considérée, en son temps, comme un des ouvrages les plus spectaculaires de la région parisienne. Dans la tradition des flèches de pierre romanes, elle achevait la construction du massif occidental de l’abbatiale, entreprise quelques décennies plus tôt par l’abbé Suger. Figurant sur toutes les représentations anciennes de l’abbaye et de la ville, elle fut épargnée par les Guerres de Religion, comme par la Révolution. À la suite des travaux commandés par Napoléon Ier pour remettre en état la basilique, elle fut restaurée par l’architecte François Debret, en 1837-1838.


Au printemps 1846, déstabilisée par les tornades de 1842, 1843 et 1845, la flèche dut être précautionneusement démontée pour permettre la consolidation de la tour qui la portait, et elle devait être remontée par la suite. Cependant, une polémique fut activée par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, qui accusa Debretviollet.jpg d’erreurs techniques. Elle entraîna la démission deviollet.jpg Debret, et son remplacement par Viollet le Duc lui même. Amplifiant la nature des désordres, et affirmant que la façade de la basilique avait été dénaturée, Viollet-le-Duc poursuivit le démontage de la flèche par celui de la tour nord. Il proposa même la démolition complète de la façade et son remplacement par un projet neuf, comportant deux flèches symétriques. Ce dernier projet n’eut pas de suite, et le remontage de la flèche fut abandonné au profit d’autres priorités.Depuis 1847, la façade de la basilique reste donc amputée de sa flèche et de sa tour nord.

Avant cette démolition, les travaux effectués par François Debret avaient été accompagnés de relevés et d’attachements exceptionnellement complets. Ces documents, conservés aux Archives nationales et à la Médiathèque du patrimoine, représentent les ouvrages avec un niveau de détail remarquable. D’autres relevés furent réalisés pendant les opérations de démontage, afin de permettre un remontage aussi fidèle que possible. Ainsi, les façades de la tour et de la flèche sont représentées avec leur appareil de pierre, coté précisément, et tous leurs détails d’exécution.

L’idée du remontage de la flèche s’est donc imposée peu à peu, au point de devenir un véritable objectif municipal. En 1987, Marcelin Berthelot, maire de Saint-Denis, lança officiellement le projet. En 1991, une étude fut commandée par le Ministère de la Culture à l’architecte Jacques Lavedan, qui conclut aux parfaites possibilités technique et scientifique du remontage de la flèche. Une variante contemporaine fut également envisagée, puis écartée par la Direction du patrimoine.

Le projet aujourd’hui engagé se situe donc en toute continuité intellectuelle et la restauration de la façade de la basilique lui a donné une nouvelle légitimité.

                                                                     Claire Danieli  03/04/2018

 

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