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La première église bretonne du XXIe siècle vient d'être consacée à Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes

17 avril 2018

L'Anastasis, la première église bretonne du XXIe siècle, a été consacrée à Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes. Un événement religieux et architectural. L'édifice a été dessiné par l’architecte portugais de renommée internationale, Àlvaro Siza.

La première église bretonne du XXIe siècle vient d'être consacée à Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes

L'Anastasis, église du XXIe siècle

Son vocable "Anastasis" signifie, "se lever, ressuciter de la mort". C'est une référence à l'église de Jérusalem appelée Saint-Sépulcre par les occidentaux. Cette église a été bâtie à Saint-Jacques-de-La-Lande, commune limitrophe de Rennes, dans un quartier récent composé de grands ensembles, celui de La Morinais. Ce quartier possède également une église du XVIIe siècle qui s’est vue peu à peu, entourée des bâtiments des XXe et XXIe siècles.

Qui est l'architecte de cette église?

rennes5.jpgCette église a été conçue par l’architecte portugais Àlvaro Siza, connu notamment pour la construction en 1996 de l’église à Marco de Canaveses près de Porto.

Cet architecte est un rationaliste convaincu, adepte du principe de l’œuvre d’art totale (il s’occupe de l’architecture et du mobilier).

 

La conception de cette église

rennes2.jpgÀlvaro Siza a avant tout cherché à inscrire son église dans la Morinais, quartier de grands ensembles implanté dans un paysage campagnard, tout en se distinguant de l’architecture répétitive des logements.

L’église de l'Anastasis en béton se caractérise par un style dépouillé, de plan circulaire avec une coupole à l’image des églises du premier siècle, tel le Saint-Sépulcre à Jérusalem. Le bâtiment fait douze mètres de hauteur et comporte deux niveaux.

Au rez-de-chaussée, un centre paroissial comprend cuisine et salles modulables séparées par des portes coulissantes. À l’étage, l’espace liturgique affiche un style épuré avec un sol en marbre blanc et du mobilier, dessiné par Àlvaro Siza, en chêne. (La croix, d’inspiration franciscaine, reprend la forme du « Tau » grec (τ)). Il doit pouvoir accueillir 150 fidèles. Cet espace est organisé selon un axe différent de celui de l’abside. Dans un jeu très complexe de formes, Àlvaro Siza l’a fait pivoter de 45 degrés.

Une rennes4.jpggrande verrière, aménagée dans le toit plat et dissimulée derrière une plate-forme suspendue, diffuse la lumière naturelle dans l’édifice dont les murs sont aveugles. Blanche, l’église apparaît baignée de lumière, alors qu’il n’existe aucune autre source directe de lumière et pas de vitraux. 

Il y a tout un parcours pour accéder à l’espace liturgique, un travail d’enroulement avec trois types d’emmarchement différents pour ménager un effet de seuil que l’on franchit. Les murs en béton sont d’un seul tenant.

C’est un bâtiment très sculptural, très plein, avec peu de percements, très fortement inspiré de l’abbaye cistercienne du Thoronet, un modèle d’architecture très rigoureuse. Il y a aussi un peu de la chapelle Notre-Dame-du-Haut, à Ronchamp, œuvre tardive de Le Corbusier, dans cette présence massive de matière.

 

 Une église multiculturelle "aux périphéries"

Le curé y a déjà célébré 95 baptêmes, les nouveaux baptisés venant de 37 paysrennes2.jpg différents. C’est une "église hors frontière, une église aux périphéries dans un quartier marqué par des réalités multiculturelles". Une implantation qui répond à la volonté du Pape François de développer une Église "aux périphéries".

 

Le financement de cette église

Cela fait quarante ans que le diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo n'avait pas fait construire de nouveau lieu de culte.

Démarrés en 2009, les travaux de l'Anastasis se sont achevés en 2017.
La construction aura coûté 3,2 millions d'euros et a été intégralement financée par le diocèse, qui a notamment revendu l'église désaffectée Saint-Marc dans le quartier de Villejean à Rennes et récolté 450 000 euros grâce au mécénat.

Ainsi, Rennes ne connaît pas que la désaffectation et la transformation d’églises (voir article sur la transformation de la chapelle des Clarisses en une salle de sport) ; de nouveaux quartiers sont en train d’éclore encourageant la construction de lieux de culte devant s’intégrer à ces ensembles d’habitation.

 

                                                                            Claire Danieli 17/04/2018


article OPR 16 janvier 2017

article OPR 16 février 2018

 

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