Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

subscribe to the newsletter subscribe to the newsletter

 
Document Actions

L'EGLISE SAINT-IGNACE : UNE EGLISE CACHÉE A PARIS

28 octobre 2016

En regardant le 33 rue de Sèvres à Paris, on peut voir un immeuble Parisien sans caractéristiques architecturales particulières, avec quelques boutiques de luxe et un passage au bout duquel une porte vitrée mène à… une église ! Cette dernière, la chapelle des Jésuites ou l’église Saint-Ignace est une construction néo-gothique aux proportions considérables (50 mètres de longueur et une hauteur sous voûtes de 23 mètres). On ne voit rien à l’extérieur, si ce n’est une enseigne signalant discrètement son existence.

L'EGLISE DES JESUITES A PARIS

iii.jpgCette église s’est tout d’abord appelée église de l’Immaculée Conception. On l’appelait aussi tout simplement église de la rue de Sèvres. A partir des années 1920, elle devient l’église des étrangers et à partir de 1961, l’église Saint-Ignace. Elle a toujours été l’église des Jésuites à Paris même si à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les Jésuites ont dû quitter les lieux à plusieurs reprises car chassés.

 

UN PEU D’HISTOIRE

15 aout 1534: Fondation de la Compagnie de Jésus à Montmartre, sur le lieu du martyre de saint Denis, par Ignace de Loyola et six compagnons.

1773-1814 : Suppression de la Compagnie de Jésus
C’est de 1814 que date la renaissance de la Compagnie de Jésus. Elle avait été bannie de France en 1764 et supprimée par l’église en 1773. Les Jésuites ne pouvaient pas se réinstaller dans leur maison de la rue Saint-Antoine, occupée par le lycée Charlemagne, et leur église était devenue l’église paroissiale Saint-Paul-Saint-Louis.

 

1821-1858 : les Jésuites rue de Sèvres
Les premiers Jésuites s’installent en 1821 rue de Sèvres. Ils achètent à Nicolas Jourdain, marchand de vin, les maisons des 33 et 35 avec des jardins qui s’étendent jusqu’à la prison du Cherche-Midi. A la révolution de Juillet 1830, les Jésuites quittent les lieux et se dispersent. Ils reviennent en 1847 et acquièrent les numéros 37, 39, 41 et 43 de la rue de Sèvres. Ils construisent des bâtiments autour d’une cour centrale avec une église, ce qui deviendra le centre Sèvres.

 

1858-1870 : l’église de l’Immaculée Conception
ignace2.jpgLa première pierre de l’église est posée le 17 octobre 1855. De généreux donateurs dont Napoleon III la financent en presque totalité. La construction s’achève en 1858. Les proportions sont généreuses : longueur 50m, largeur 23m, hauteur 27m avec une surface de plus de 1000 m2. Dès le début, l’église est cachée par les bâtiments donnant sur la rue. Ces bâtiments seront démolis en 1972 et seront remplacés par un grand immeuble moderne (ce qui laissera apparaitre pour un court moment, la façade à mur pignon de l’église). En-effet, l’église édifiée pour les besoins d’une communauté de religieux n’a pas l’obligation d’ouvrir sur la rue. (La seule façon d’apercevoir l’abside de l’église est de se placer boulevard Raspail, au niveau de la place Alphonse Déville).
ignace3.jpgC’est le Père Magloire Tournesac, Chanoine du Mans et architecte Diocésain devenu Jésuite, qui est chargé des plans de l’église. Il suit la mode néogothique en vigueur et s’inspire du chœur de la cathédrale du Mans, en tenant compte des principes de l’architecture Jésuite : une nef à vaisseau unique pour faciliter les prédications, à la manière du Gesu à Rome, bordée de petites chapelles. Entre 1858 et 1870, cette église connait un grand rayonnement ; elle bénéficie de prédicateurs renommés et accueille un public nombreux.

 

1870-1923 : l’église dans la tourmente
En 1870, lors de la commune de Paris, cinq Jésuites sont arrêtés et exécutés.
En 1880, les décrets de Jules Ferry obligent les Jésuites à se disperser. L’église est fermée et louée à un marchand de piano qui en fait son entrepôt Les lois Waldeck Rousseau de 1886 expulsent les Jésuites hors de France et l’église est fermée pendant 22 ans.
Un changement a lieu en 1923 : l’archevêque de Paris, le Cardinal Dubois obtient que l’église soit affectée au culte pour les différentes communautés étrangères de Paris (messe célébrée en plusieurs langues). Après la seconde guerre mondiale, la situation évolue. Les colonies étrangères ont leurs propres paroisses autonomes. Les habitants du quartier reviennent.

 

A partir de 1950 : l’église Saint Ignace.
Après de multiples débats, l’église reste la chapelle des Jésuites ouverte au public, sur la paroisse de Saint-Sulpice. Avec l’accord de Rome, l’église porte le vocable de Saint Ignace (en référence à Saint Ignace de Loyola fondateur de la compagnie de Jésus).

ignace4.jpgL’église a perdu en grande partie son décor et son mobilier d’origine. Quelques chapelles en ont conservé une part. Il s’agit des peintures commandées en 1867 et 1868 à Louis Lamothe, Charles de Coubertin, Jules Vibert, F A Régis et Romain Cazes qui célèbrent les grands saints de l’ordre : saint Ignace, saint François Xavier, saint Louis de Gonzague…L’orgue Cavaillé-Coll est inscrit aux MH.




 

<< Go back to list