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Les nouveaux bâtisseurs du sacré

6 avril 2016

Des architectes de renom relèvent le défi de construire de nouveaux édifices de culte en France, avec un même souci : les rendre visibles sans ostentation.
Comment les architectes relèvent-ils ces défis ?
Les exemples de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe, de la nouvelle cathédrale de Créteil, de l’église Saint-Paul de la Plaine à Saint-Denis, de la maison Saint-François de Sales à Boulogne- Billancourt et enfin, du futur centre européen du Judaïsme vont essayer de nous éclaircir sur ce défi à résoudre.

La nouvelle cathédrale orhodoxe à Paris et ses bulbes à "visibilité réduite"

russe

Pour la cathédrale orthodoxe russe en construction au bord de la Seine et à deux pas de la Tour Eiffel, l’architecte français Jean-Michel Wilmotte confère à l’ensemble une sobriété élégante, tout en respectant la tradition orthodoxe et l’architecture haussmannienne. Les bulbes ont été dorés à la feuille en recourant à une teinte moins ostentatoire (clair de lune) que l’or fin appliqué habituellement. Ces bulbes ont été posés sur des tambours moins hauts qu’en Russie Et l’ensemble des bâtiments (une école franco-russe, un centre culturel et un centre paroissial) est recouvert de la même pierre de Bourgogne que celle du Trocadéro ou des pieds de la Tour Eiffel.

La nouvelle cathédrale de Créteil et le contraste de sa coupole

creteilA Créteil, la cathédrale d’origine, consacrée en 1978, était très discrète. La première fois qu’il s’est rendu dans son diocèse après sa nomination en 2007, Monseigneur Santier a avoué avoir eu beaucoup de mal à la trouver !

La coupole en ogive de La nouvelle cathédrale, concue par Architecture-Studio et consacrée en octobre 2015, de 22 mètres de hauteur contraste avec les barres d’immeuble du quartier. Le clocher qui s’élève à 40 mètres a été décalé pour créer un signal dans la ville au bord du parvis. Cette faible ostentation par la hauteur permet à cette discrète cathédrale de teinte pré-grisée (afin de se fondre dans la masse des immeubles environnant et pour ne pas changer de teinte au fil des ans) de se démarquer, de se montrer discrètement.

L'église Saint-Paul de la Plaine à Saint-Denis et son original "huit ostentatoire"

st denisL’église Saint-Paul de la Plaine à Saint-Denis, consacrée en mai 2014 dans un quartier en pleine transformation, non loin du stade de France, affiche une forme résolument contemporaine.

Conçue par les architectes, Jacques Anziutti et Patrick Berger (l’architecte du parc André Citroën à Paris et du chantier de réaménagement des Halles) l’église se signale à l’angle d’un carrefour par un volume curviligne bardé d’aluminium, dont la charpente est une double boucle qui prend la forme d’un huit.

Cette grande boucle abrite la chapelle qui peut accueillir 200 personnes. Une petite croix en pierre de Bourgogne surmonte l’édifice. Attenante à l’église, une maison paroissiale en verre, transparente, presque invisible, accueille les fidèles pour des réunions et autres événements culturels. La situation de cette église, à l’angle d’un carrefour et son architecture originale « attire l’œil » sans ostentation. 

La Maison Saint-François de Sales à Boulogne-Billancourt et l'opposition de ses matériaux et couleurs

boulogne

A Boulogne Billancourt, la Maison Saint-François de Sales, située dans le trapèzeoccupé par les usines Renault a été consacrée en octobre 2014. Conçue par l’architecte Jean-Pierre Lévêque, le bâtiment est presque entièrement recouvert de zinc (image de la manifestation du Christ qui descend du ciel à la terre). Sans l’émergence du clocher percée de multiples croix, cette église ressemblerait à une usine de voitures ! Cette sobriété extérieure presque austère contraste avec les immeubles blancs tout autour. Cette visibilité n’a encore une fois, aucun effet ostentatoire mais s’impose d’elle-même par l’architecture contemporaine qui contraste avec l’extérieur.

Le futur centre européen du Judaïsme : un emplacement statégique

En lisière de Paris et de Levallois-Perret, dans un quartier où vit une importante communauté Juive, un centre européen du Judaïsme est en pleine construction. Le site choisi est emblématique, il se trouve à la jonction de plusieurs villes où la communauté Juive est considérablement développée : le 17e arrondissement de Paris, Neuilly sur Seine et Levallois-Perret.

Conçu par les architectes Stéphane Maupin (immeuble Pink Flamingo près de la gare d’Austerlitz) et Bruno Fléchet, le centre sera composé de trois bâtiments : une synagogue à l’angle d’un carrefour, encadrée de deux tours, l’une d’activité institutionnelle et cultuelle, l’autre culturelle et éducative. Dotée d’une façade facettée en triangle, la structure en béton d’une extrême sobriété a la forme d’un hexagone en allusion à la Magen David (étoile de David), qui peut se loger dans une telle figure géométrique. Le choix des matériaux (béton blanc, résille métallique, verre) et de volumes originaux, ancrent ce projet dans un monde à la fois urbain et contemporain.

Ce nouveau centre sera donc rendu visible par son emplacement stratégique à un carrefour, par l’utilisation conjointe de matériaux (béton blanc, résille métallique, verre) créant une parfaite harmonie, et de volumes originaux. (ouverture prévue de ce centre en 2017).

Cette volonté d’être visible sans effet ostentatoire, plus ouvert sur la ville, tout en créant de la transparence et de la légèreté, habite la plupart des projets architecturaux d’édifices de culte qui ont vu le jour récemment ou qui sont en voie de construction.

La construction de tous ces lieux de culte permet aux différents architectes d’accomplir des prouesses techniques qui ne pourraient être réalisées ailleurs. Ces dernières permettent à tous ces édifices cultuels de s’afficher de manière passive, par le contraste des matériaux des couleurs, et des différents jeux de volumes. Le mot d’ordre de ces bâtisseurs du XXIe siècle est de se fondre dans leur environnement urbain, tout en émergeant par un détail symbolique relevant de l’originalité.

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