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UN DEBUT D'ANNEE 2017 INQUIETANT POUR LE PATRIMOINE RELIGIEUX

23 février 2017

Ce début d'année est déjà marqué par des destructions d'édifices religieux, ce qui inquiète notre association qui lutte pour la préservation de ce patrimoine, mémoire visuelle de notre culture et de nos talents.
La responsabilité des mairies de prendre de telles décisions est lourde de conséquences pour la vie d'une commune.
Par ailleurs les actes de vandalisme sont déjà trop nombreux.

UN DEBUT D'ANNEE 2017 INQUIETANT POUR LE PATRIMOINE RELIGIEUX

Destruction de la chapelle de Montfort (32) .(c) Cédric David-Lannes

L'entretien des édifices

Lorsqu'une église est mal entretenue (mise hors d'air et hors d'eau notamment) et que les travaux de restauration ne sont pas réguliers, l'humidité s'installe et les dégradations vont croissantes. Si rien n'est fait, rapidement, l'édifice devient un danger pour la population (chute de pierres...) et les coûts pour une remise en état dépassent alors les moyens de la commune inactive depuis des années. Celle-ci se voit donc contrainte de fermer l'église au public par arrêté de péril municipal. Parfois, ce sont les diocèses propriétaires qui laissent à l'abandon leurs édifices "inutilisés". Quelques années plus tard, la seule solution semble la démolition.

Comment éviter d'en arriver là?

 

Vers la démolition

Plusieurs cas, à ce jour, montrent que les destructions irréversibles ont eu lieu ou vont avoir lieu dans les prochains mois:

clairmarais_chapelle_saint-bernard_r05.jpgA Clairmarais, dans le Pas-de-Calais, la chapelle Saint-Bernard, propriété du diocèse, et construite en 1878, a été entièrement détruite en janvier 2017, pour faire place à un futur parking pour les pélerins de la Grotte de Clairmarais.

 

montfort.jpgA Montfort, dans le Gers, la chapelle funéraire des Comtes de la Hitte (propriétaires du chateau d'Esclignac) et datant du XIXème siècle vient de connaître le même sort, après autorisation par arrêté préfectoral. Les pelleteuses l'ont détruite, sur demande de la mairie propriétaire. Un de ses défenseurs, Cédric Davant-Lannes qui s'est mobilisé pour la conserver regrette cet acte, ainsi que l'architecte des bâtiments de France.(voir article).( voir fiche inventaire)

jussy.gifA Jussy-le-Chaudrier, dans le Cher, c'est l'église Saint-Julien qui vit sans doute ses dernières heures. Pour cause de danger d'effondrement (fissures dans les murs et la voûte), la mairie a décidé de démonter l'église pour la construction d'une chapelle en remplacement (projet non lancé). L'église datant des XIIIème, XVIIIème et XIXème siècles est fermée depuis 2011. Le diocèse n'a pas encore donné son accord pour sa désaffectation qui est obligatoire, et un avis de l'architecte des bâtiments de France et également nécessaire, ainsi qu'un arrêté prefectoral. Le coût de la destruction est estimé entre 100 000 et 200 000 €, alors que sa mise en sécurité serait de l'ordre de 500 000 € (et environ 1,5 millions de travaux de restauration). Une mobilisation populaire d'envergure serait indispensable pour éviter le pire. Enfin, nous regrettons les choix de la mairie qui, par ailleurs et le même jour vote pour près de 500 000€ des aménagements urbains, peut-être nécessaires mais pas aussi urgents que les travaux de l'église (Le Berry républicain, 15 février 2017).

Enfin, à Hazebrouck, dans le Nord, l'église du Sacré-Coeur, fermée depuis avril 2015 suite à l'effondrement de son plafond, risque de faire également les frais d'une démolition programmée, car la mairie indique qu'il n'y a pas d'argent pour la restaurer. Le premier adjoint, fervent défenseur de l'édifice envisagerait de monter une association de sauvegarde.(article La semaine dans le Boulonais, 23/02/17).

 

Des destructions, mais pas que...

Quant aux actes de vandalisme, nous en avons déjà répertorié une vingtaine depuis début janvier, tous les cultes étant concernés, avec une très grande majorité concernant le culte catholique (ce qui est proportionnel avec le nombre d'édifices religieux catholiques en France, soit 90% des édifices religieux).

Pour exemple la cathédrale Saint-Pol-de-Léon dans le Finistère, victime de dégradations, l'église Saint-Martin de Maxéville en Meurthe-et-Moselle déplorant un bris d'un vitrail, son tabernacle éventré et le vol de deux ciboires et d'hosties; la mosquée de Lens a été victime d'incendie criminel comme la synagogue de Chalons-sur-Marne.

En espérant que tous ces actes malveillants seront punis à leur juste mesure.

 

Commentaire de l'OPR

Sauver son église, c'est possible !

On ne dira jamais assez qu'un entretien régulier est la clé pour éviter des solutions aussi radicales qui divisent plutôt qu'elles ne rassemblent les citoyens. Notre patrimoine religieux est fragile et a besoin de notre attention.

Les aides de la DRAC, du Conseil de Région, du Conseil Général, le mécénat d'entreprise et le mécénat populaire, la Fondation du Patrimoine ou la Sauvegarde de l'Art Français, peuvent apporter une partie des financements. Un échelonnement des travaux dans le temps peut permettre de supporter des frais de restauration. Mais pour cela, il ne faut pas attendre que l'édifice s'effondre avant d'agir.

Voir ici les chantiers onéreux supportés par de petites communes en Bretagne.

Par ailleurs, l'engagement des citoyens, la volonté de sauvegarder ce qui représente souvent le seul patrimoine communal devrait être dynamique et déterminé pour ne pas laisser les maires prendre des décisions aussi irréversibles. Une démolition est une perte irréversible pour notre patrimoine et notre culture.

Heureusement, en ce même début d'année de beaux exemples de restauration sont également recensés par l'OPR. Nombreux sont les communes, les associations et les citoyens à se battre pour sauver leur patrimoine. Car, sauver son église, c'est possible !! Vous les retrouverez dans notre rubrique "les bonnes nouvelles du patrimoine religieux" sur notre site.

BSGC/MLP

 

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