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Un label pour distinguer le patrimoine architectural du XXe siècle

2 mai 2013

Vous avez dit patrimoine ? 75 édifices religieux d'Île-de-France ont été sélectionnés en ce début d'année 2013 pour recevoir le label "Patrimoine du XXe siècle" du Ministère de la Culture. Quelques explications sur cette nouvelle promotion !

De nombreuses questions se posent à propos du patrimoine du XXème siècle : Coment reconnaître le patrimoine architectural religieux du XXe siècle ? Cela a-t-il un sens ? Ne manquons-nous pas de recul pour juger cette architecture si récente ? N'est-ce pas exagérer la valeur de ce bâti aux formes souvent déconcertantes, aux matériaux bruts, parfois disgracieux ou terriblement banals ?

Et pourtant comment juger un tel legs dans les décennies futures si l'on ne signale pas en amont tous ces édifices témoins des différentes confessions reconnues sur notre territoire ? Une sélection d'ouvrages dignes d'intérêt, en laissant le soin de la protection aux générations à venir ? Tel est pourrait être le propos du label « Patrimoine du XXe siècle » mis au point par le Ministère de la Culture depuis le tout début du vingt-et-unième siècle, qui entend sensibiliser les habitants et les amateurs d'architecture à leur environnement.

Histoire et objectifs du Label

Le label a été élaboré suite à une réflexion lancée par le Ministère de la Culture face à la prise de conscience que constituait le changement de siècle depuis 1999. Une circulaire du 1er mars 2001 est venue fixer les termes de l'attribution du label et rappelle ce contexte d'urgence patrimoniale par l'exposition de ce patrimoine, sa difficulté d'analyse due à l'absence de recul temporel nécessaire à l'assimilation et à la définition d'objets de recherche. Ainsi, l'architecture du XXe siècle en France représente 10 % des édifices protégés par an, mais la moitié en Île-de-France.

Les objectifs sont de différents ordres : il s'agit tout d'abord « d'identifier et de signaler à l'attention du public les édifices […] témoins d'évolution technique, économique, sociale, politique et culturelle de notre société » d'une part par l'affichage du logo sur les édifices sélectionnés, et d'autre part, en envisageant des actions de diffusion à destination du public afin qu'il fasse sien ce patrimoine qui l'entoure. D'autre part, au-delà de la découverte qu'elle procure, la valorisation de ce bâti entend également susciter l'intérêt des décideurs politiques et aménageurs par la prise en compte de cette valeur dans leur manipulation de ce patrimoine, notamment lors d'opérations de restauration et d'entretien des édifices.

 Le logo du ministère concerne aussi les édifices religieux du XXe siècle.
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La sélection de 75 édifices labellisés « patrimoine du XXe siècle »

Ainsi que le rapporte Dominique Cerclet, Conservateur régional des monuments historiques à la DRAC d’Île-de-France, les soixante-quinze édifices ont été retenus en prenant en compte les productions des cinq religions du Livre – le christianisme et ses trois déclinaisons catholique, protestante et orthodoxe -, le judaïsme et l'islam. La commission scientifique d'évaluation regroupait des chercheurs, des architectes et des représentants d'association d'art sacré. Ont également été consultés des représentants des cinq religions.

Sur plus de cinq cents édifices construits au XXe siècle, il a fallu n'en retenir que soixante-quinze, ce qui représentait un choix drastique pour les spécialistes qui se sont concentrés autour de certains critères, tels que la mise en valeur de la « richesse décorative » et la « diversité créative » des ateliers verriers. L'aspect formel et les grands noms de l'architecture ont certes retenu l'attention du comité, mais au-delà la « problématique des besoins fonctionnels de chaque religion » et sa traduction en dur ou encore « l'insertion de l'édifice dans son contexte urbain » ont beaucoup compté dans l'appréciation finale.

Cette évaluation met en avant le rôle de premier plan de l'architecte dont les paradoxe, comme le souligne Dominique Cerclet, réside dans l'acceptation de contraintes relatives au programme strict et au budget limité parallèlement à la grande liberté d'expression qui est la sienne. Son plus noble défi ne provient-il pas de sa confrontation à la spiritualité dans la création d'un espace ?

 

                                                  

Sur ce plan de la Synagogue de Belleville, on voit le défi que représentait pour l'architecte Germain Debré l'inscription de l'édifice dans un trapèze et l'ingénieuse répartition des différentes aires programmées pour le culte.

 

 

 

touslessaintsbobigny.jpgmosquéeevry.jpgDécor de stuc ciselé dans la salle de prière de la mosquée d'Évry (à gauche) ;

vitrail réalisé par Max Ingrand pour l'église de Tous-les-Saints à Bobigny (à droite)

 

 

 

ndsanslogis.jpgEtonnante histoire que celle de cette chapelle : Notre-Dame-des-Sans-Logis de Noisy-le-Grand a été édifiée à la fin des années 1950 par le père Joseph Wresinski et les habitants du camp des sans-logis, croyants de cinq religions (catholiques, protestants, musulmans, israélites, hindous) et non-croyants. Son architecture rappelle la forme des abris sommaires mis en place par l'Abbé Pierre après l'hiver 1954 ; les matériaux proviennent d'une décharge.

 

Sources

  • Entretien avec Dominique Cerclet, conservateur régional des monuments historiques », p. 6-9 in 1905-2000 : les édifices religieux du XXe siècle en Île-de-France. 75 lieux patrimoniaux du XXe siècle, Paris, Beaux-Arts/TTM éditions, 2013.
  • Circulaire n°2001-006 du 1er mars 2001 relative à l'institution d'un label Patrimoine du XXe siècle, site du Ministère de la Culture et de la Communication, consulté le 2 mai 2013.

 Par Pierre-Olivier Benech

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