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VISITE DE L'EGLISE RESTAUREE D'ARNAY LE DUC EN COTE D'OR

31 mai 2018

Monsieur Hadrien Lacoste, correspondant de l'OPR pour le département de la Côte d'Or, Membre associé correspondant de l'Académie du Morvan et de l'Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Clermont-Ferrand, nous a envoyé un dossier qu'il a réalisé sur l'église restaurée d'Arnay-le-Duc. Cette église mérite d'être connue. Nous vous communiquons un extrait de son dossier.

VISITE DE L'EGLISE RESTAUREE  D'ARNAY LE DUC EN COTE D'OR

Eglise d'Arnay-le-Duc

 

C’est en 1092 que la chapelle du château de la Motte-Forte, dédiée à Saint-Laurent, est donnée à la ville par son propriétaire, le seigneur GIRARD d’ARNAY, afin de servir d’église paroissiale. De cette chapelle il ne reste rien.


Au XVème siècle, la ville d’Arnay-le-Duc prospère et l’on agrandit l’église primitive afin de répondre à l’accroissement de la population. La nef, le chœur, les bas-côtés, les chapelles Sainte-Catherine et Sainte-Anne sont construites tout au long de cette période, ainsi que le clocher en pierre, élevé à cette époque au flanc droit de l’église, à l’entrée du chœur.


Au cours des siècles, certaines familles d’Arnay-le-Duc se font ériger une chapelle, ou en restaurent une : au XVIème siècle, les chapelles Saint-Antoine et du Rosaire, à gauche, sont édifiées de part et d’autres de celles existantes. Du côté droit, la chapelle Notre-Dame, la plus proche de l’entrée, est construite au XVIIème siècle, et les trois suivantes au XVIIIème siècle.


C’est surtout au XVIIIème siècle que l’église Saint-Laurent change complètement d’apparence. Tout d’abord le clocher en pierre, au niveau du chœur (une tour carrée surmontée d’une flèche à huit pans) n’est pas stable, il se lézarde, et risque d’entrainer la ruine d’une partie des murs, de la charpente et de la couverture de l’église. En 1749, l’assemblée générale des Arnétois décide de le détruire et d’en faire construire un autre, de même structure octogonale, supporté par un vestibule élevé à l’entrée de la nef. La toiture est entièrement revue, et couvre alors l’ensemble des chapelles, des collatéraux et de la nef.


La transformation se poursuit au XIXème siècle par la modification de la voute de la nef qui, menaçant de s’effondrer, est remplacée par celle que l’on voit actuellement : une voute en coque de bateau renversé, en bois, dite « à la Philibert Delorme ». Les murs de la nef sont rabaissés, la toiture est refaite et les bas-côtés couverts d’ardoise. Le décor du chœur est entièrement revu : il est recouvert de pierre marbrière rose et noire ; une sacristie est construite à sa droite.
C’est à la suite de ces travaux que l’église est classée monument historique en 1875. (Notice numero PA 00112067 Base Mérimée).

Au XXème siècle, on fit des réparations et quelques opérations d’entretien : réfection des couvertures – notamment après les bombardements de la seconde guerre mondiale – et des enduits ; remise en état des vitraux en 1973 ; réfection du clocher et renouvellement du mobilier du chœur en 1980 par le célèbre artiste Philippe KAEPPELIN.


Au début de ce siècle, la ville entreprit une vaste campagne de restauration qui a commencé par les toitures, les enduits extérieurs, puis s’est poursuivie à l’intérieur (enduits, peintures murales, mobilier et œuvres d’art). Ces restaurations se sont achevées en 2015. 

 

plan de l’église.jpg

Plan de l'église 

 

On entre dans l'église par le vestibule qui date du milieu du XVIIIe siècle. Adossé à l’ancienne façade, le vestibule, de plan octogonal, couvert d’une coupole à nervures, il s’ouvre sur la nef et les bas-côtés. Au sommet de la coupole est ménagée une ouverture circulaire pour le passage des cloches et des cordes. Il fut réalisé pour supporter le nouveau clocher en charpente et en ardoise.

Les murs sont creusés de quatre niches dont deux proches de la nef, s’ornent de peintures en trompe-l’œil du début du XXème siècle et surmontent des bénitiers en pierre. Elles abritaient des statues de Saint-Martin et de Saint-Michel.

On remarque à gauche de l'entrée, un sarcophage de l’époque mérovingienne, qui faisait partie des nombreuses sépultures exhumées du sous-sol de la nef lors des fouilles de 2013, et une peinture sur bois du XVIIème siècle représentant la vierge marie auxiliatrice protégeant ses fidèles (classée Base Palissy, numero PM 21000064) ; dans l’entrée de droite, une toile de 1715 représente Saint-Jacques de Compostelle avec son bourdon de pèlerin.

On pénètre ensuite dans la nef par une grande ouverture en plein cintre.  Cette nef est un large vaisseau formé de quatre travées qui s’ouvrent sur les collatéraux par des arcs, en plein cintre ou brisés, s’appuyant sur des piliers octogonaux dépourvus d’ornement, sauf parfois à leur base.

Les trois premières travées, délimitées par des pilastres plats, s’élèvent jusqu’à une voûte lambrissée en forme de carène renversée qui a remplacée au XIXème siècle, le couvrement en pierre.

Seul vestige d’un mobilier qui fut vendu par les révolutionnaires, une chaire baroque en bois du XVIIIème siècle contraste par l’élégance de ses formes et l’abondance de son décor avec l’austère simplicité de l’ensemble. L’abat-voix est sommé d’un ange tenant une trompette, dont la bannière porte l’inscription : IPSUM AUDITE (C’est lui que vous devez écouter).

 

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La chaire (au fond)

 

La quatrième travée est beaucoup plus basse que les précédentes, et fait transition avec le chœur, dont elle a la même élévation.

Avant d’entrer dans le chœur, on pourra se retourner pour admirer, au-dessus de la balustrade la tribune, la grande verrière qui éclaire la nef.

 

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Grande ouverture en plein cintre entre le vestibule et le nef, et grande verrière

 

On  accède au choeur par quelques marches de pierre et une grille basse qui faisait office de table de communion. La première partie, de plan rectangulaire, est couverte d’une voûte en croisée d’ogives identique à celle de la nef, dont la clé porte une couronne entourant un écu. Deux lustres à pampilles éclairent à présent cet espace.

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Le choeur avec ses baies en lancette

 

La seconde est une abside, dont la voûte s’orne de nervures curvilignes, descendant d’une clé armoriée où sont sculptées trois tours, emblèmes de la ville, et formant cinq pans éclairés par des baies en arc brisée. Deux portes surmontées d’un linteau en arc d’accolade s’ouvrent dans les parois, et conduisent à gauche dans l’ancienne sacristie voûtée d’ogives, et à droite dans la nouvelle édifiée en 1885.

Toutes les baies de l’abside sont divisées en lancettes, trois dans la baie axiale, et deux de part et d’autre, surmontées d’un réseau de nervures de style flamboyant. Leurs vitraux ont été réalisés au 19ème siècle, comme ceux des chapelles, par J. BESNARD. Ils représentent, au centre des épisodes de la vie de Saint-Laurent patron de l’église ; puis à partir de la droite, Sainte-Marguerite et Saint-Claude, Sainte-Brigitte et saint-Urbain, Saint-Paul et saint-Vincent-de-Paul, Sainte-Félicité et saint-Ernest. Au sommet des arcs apparaissent, dans des nervures de style flamboyant, l’image du Christ au centre, et de part et d’autre les quatre évangélistes.

Les chapelles de cette  église sont également très riches d'éléments architecturaux ainsi que de nombreuses oeuvres d'art.

 

Un grand merci à Monsieur Lacoste qui nous a permis de faire connaissance avec cette église très riche en architecture et en objets d'art. 

Photos@Hadrien Lacoste

 

                                                                       Claire Danieli  31/05/2018

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