À Montauban, six ans de portes closes pour la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption

Fermée depuis novembre 2020, Notre-Dame-de-l’Assomption attend ses travaux de consolidation. L’État, propriétaire du monument, doit engager 13,64 millions d’euros. Une réouverture partielle est désormais envisagée au printemps 2028.

À l’été, une cinquantaine de bénévoles ont participé au déménagement du mobilier. Rapportée par Actu.fr, la scène témoignait d’une mobilisation bien réelle autour de la cathédrale de Montauban. Elle ne signifiait pas encore le commencement des travaux. Depuis le 25 novembre 2020, Notre-Dame-de-l’Assomption est fermée au public : des fissures dans la nef ont imposé cette mesure de sécurité. Près de six ans plus tard, les préparatifs avancent, mais le chantier structurel reste à venir.

Il doit commencer début 2027, après les fêtes de fin d’année, selon les dernières informations d’ICI et du Journal Toulousain. La réouverture partielle est annoncée pour la fin du premier trimestre 2028, et l’achèvement des travaux pour le second semestre 2029. L’État mobilise une enveloppe de 13,64 millions d’euros.

Un calendrier encore repoussé

Quelques mois auparavant, les perspectives étaient plus favorables. Actu.fr évoquait un retour du public dès l’été 2027, avant une dernière année de restauration intérieure. L’enveloppe annoncée s’établissait alors à 13,1 millions d’euros.

La procédure de marché public lancée pendant l’été n’a toutefois pas permis d’attribuer l’un des lots. Un nouvel appel d’offres est nécessaire. Ce contretemps a repoussé le démarrage des interventions lourdes et, avec lui, la perspective de retrouver l’édifice.

Il ne s’agit pas d’un simple rafraîchissement. Avant de rendre aux décors leur lisibilité, il faut consolider le bâtiment. La première phase prévoit le renforcement des fondations par micropieux, la pose de tirants, la reprise des sols et la réparation des maçonneries. Elle doit se prolonger jusqu’au premier trimestre 2028.

Les enduits, les décors peints et le mobilier viendront ensuite, ainsi que le traitement des fissures du transept et des chapelles du chœur. Cette seconde étape pourrait se poursuivre dans une cathédrale partiellement accessible. La réouverture ne marquerait donc pas la fin du chantier, mais la possibilité de faire à nouveau cohabiter travaux, visites et vie cultuelle.

À qui appartiennent les cathédrales ?

À Montauban, la facture revient à l’État en sa qualité de propriétaire. Toutes les cathédrales ne relèvent pourtant pas de ce régime.

Dans leur rapport sur le patrimoine religieux publié le 6 juillet 2022, les sénateurs Pierre Ouzoulias et Anne Ventalon ont repris les chiffres transmis par l’Observatoire du Patrimoine Religieux, selon lesquels il existe, en France métropolitaine, 87 cathédrales appartenant à l’État et 65 aux communes, tandis que celle d’Ajaccio relève de la collectivité de Corse. 

La distinction n’a rien d’accessoire. Pour une cathédrale communale, c’est normalement la municipalité qui porte les opérations de restauration, avec le concours possible de subventions publiques et du mécénat. Le classement au titre des monuments historiques encadre les interventions ; il ne transfère pas la propriété à l’État.

Propriété et usage doivent également être distingués. Dans le régime issu des lois de séparation, les édifices concernés demeurent affectés gratuitement au culte. Leur conservation suppose donc une coopération entre le propriétaire public et l’affectataire.

À Montauban, le prochain jalon sera le lancement effectif des travaux. Après les expertises, les procédures et les calendriers successifs, c’est désormais sur le chantier que se jugera la perspective d’une réouverture.